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Comment maximiser les gains tirés des ressources naturelles ?

L'Afrique regorge de ressources naturelles qui ont attiré d'importants investissements dans les domaines de l'exploration et de l'extraction au cours de ces dernières années. C'est le cas particulièrement des ressources minières qui représentent un fort potentiel de développement pour les économies du continent. Toutefois, force est de constater que les bénéfices de ce secteur restent limités aux pays riches en ressources et à leurs communautés locales. En clair, l'existence de ressources naturelles importantes n'a pas été synonyme de développement économique. Les exemples de la République démocratique du Congo et de la Guinée, deux pays extrêmement riches en ressources naturelles, en attestent.

Face à cette situation, et dans le cadre de la transformation structurelle du continent, les pays africains doivent trouver des moyens efficaces pour faire en sorte que leurs richesses naturelles assurent des revenus additionnels pour les Etats, contribuent à la réduction de la pauvreté et à un développement durable et inclusif.

Pour y arriver, les pays africains doivent dépasser un certain nombre de défis : la gouvernance et la transparence, la bonne gestion et répartition des recettes et la question des régimes fiscaux, et, enfin, la capacité de négociation des pays africains et les contrats équitables.

BAD2Ainsi, comme l'a souligné le Professeur Paul Collier, de l'Université d’Oxford, «la plupart des pays africains n'ont pas les capacités (techniques, ressources humaines, financières, etc.) pour investir dans les ressources naturelles». De ce fait, ces états sont dans l'obligation de compter sur les majors des secteurs pour l'exploitation de leurs richesses. Or, du fait d'un manque d'experts dans ces domaines, de l'absence d'expérience en matière de négociation des contrats miniers, du manque de règles de bonne gouvernance (corruption de certains dirigeants), les Etats africains signent généralement des contrats léonins dont le suivi, en l'absence d'un cadre législatif clair, est difficile lors de l'exploitation. Face à cette lacune, M. Collier souligne que «les Etats africains doivent investir massivement dans les informations géologiques afin de disposer des données nécessaires pour négocier valablement avec les majors du secteur». De plus, conseille le Professeur, «outre l'investissement dans le capital humain, les états africains doivent, autant que possible, rentrer dans les tours de tables des sociétés créées pour exploiter leurs ressources minières même en tant que minoritaires pour pouvoir disposer d'un certain contrôle, accéder à certaines informations et bien évidemment bénéficier des revenus générés par l'exploitation de leurs matières premières en plus des recettes fiscales».

Par ailleurs, afin que les recettes générées par les ressources naturelles puissent contribuer à la diversification des tissus économiques des Etats africains et/ou améliorer le niveau de vie des populations, il serait utile que les pays mettent en place des fonds souverains gérés de manière transparente et disciplinée. Ces fonds jouissant d'un cadre juridique adéquat et d'une indépendance de leurs gérants peuvent avoir deux objectifs : un fonds d'épargne et d'investissement ou un fonds de stabilisation.

Le Chili, considéré comme un exemple, a mis en place un fonds souverain de stabilisation dont les revenus tirés des recettes des ressources naturelles (cuivre notamment) sont investis exclusivement à l'étranger (comme c'est le cas pour la Norvège et le Botswana) et l'Etat peut y recourir en cas de déficits aigus du budget ou de la balance des paiements dus à des chocs externes. Le Nigéria a opté pour un fonds d'épargne et d'investissement. Il intervient uniquement au Nigéria, n'investit que dans des projets bancables et facilite le co-investissement avec des investisseurs étrangers. Le fonds contribue ainsi à la création de richesses et influe positivement sur le développement économique.

MD

La Nouvelle Tribune

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