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Afrique, la croissance sera au rendez-vous en 2013 et 2014

 

L'Afrique continuera à avoir une des économies les plus dynamiques en 2013 et 2014, et ce malgré le ralentissement inquiétant des économies développées et particulièrement celles de l'Union européennes, avec lesquelles le continent a des relations économiques très poussées. En effet, selon les projections du rapport «Perspectives économiques en Afrique 2013» ayant comme thème spécial «Transformation structurelle et ressources naturelles», réalisé par la BAD avec le concours de l'OCDE, du PNUD et de la Commission Economique pour l'Afrique des Nations Unies, le continent devrait afficher des taux de croissance de l'ordre de 4,8 % et 5,3 % respectivement en 2013 et 2014. Toutefois, comme la bien expliqué le Pr. Mthuli Ncube, Economiste en Chef et Vice-président de la BAD, toutes les régions du continent ne seront pas logées à la même enseigne. La pôle position en matière de croissance reviendra à l'Afrique de l'Ouest dont les économies devraient croître de respectivement 6,7 % et 7,4 % en 2013 et 2014.

A l'opposé, l'Afrique du Nord devrait enregistrer les plus faibles taux de croissances avec 3,4 % en 2013 et 4,3 % en 2014. Et au niveau de chaque région, des disparités significatives sont également constatées. En Afrique du Nord, c'est la Libye qui réalisera les meilleurs taux de croissance avec des hausses de 15 % en 2013 et 8,1 % en 2014. Il s'agit de la poursuite de l'effet de rattrapage après la chute du PIB de l'ordre de 59,7 % en 2011 sous l'effet du «Printemps arabe». Le Maroc devrait générer des croissances de l'ordre de 4,6 % en 2013 et 5 % en 2015. Par contre, l'Algérie et l'Egypte devraient réaliser des taux de croissance moyens respectifs de 3,6 % et 2,7 % sur les années 2013-2014.

Croissance et inégalité

En Afrique de l'Ouest, sur la période 2013-2014, la Côte d'Ivoire, la Sierra Leone et le Gabon afficheront des taux de croissance annuels moyens de respectivement 9,6 %, 9,5 % et 8,4 %.

Selon M. Ncube, cette croissance des économies africaines sera tirée aussi bien par les facteurs internes (consommation intérieure, politiques macroéconomiques, stabilité politique, etc.) qu'externes (poursuite du boom des matières premières, hausse des exportations, afflux des IDE, etc.). Les ressources naturelles continueront à constituer l'un des moteurs de cette croissance. Il faut noter que celles-ci ont représenté près de 24 % du PIB de la région entre 2000 et 2008. Toutefois, plusieurs risques peuvent entraver la bonne marche des économies africaines sur le volet de la croissance : contagion de la crise financière, baisse de la demande mondiale à cause du ralentissement des économies développées et émergentes, risques politiques, conflits, etc.

Par ailleurs, insiste le Chef-économiste et Vice-président de la BAD, «la croissance africaine ne profite qu'à une élite du continent, d'où la nécessité d'une transformation structurelle des économies africaines». En clair, la croissance n'induit pas à une répartition plus égalitaire des richesses créées. C'est pour cette raison, ajoute t-il, que «le mot clé de la nouvelle stratégie de la BAD pour le continent est la croissance inclusive».

Faible transformation des matières premières

Allant dans le même sens, M. Mario Pezzini, Directeur OCDE – Centre de Développement, a insisté sur le fait que «l'exploitation des ressources naturelles a fortement contribué à la croissance de l'Afrique». Toutefois, insiste t-il, si les exportations de matières premières ont fortement augmenté, celles des produits transformés n'ont progressé que très faiblement. De ce fait, dans le cadre de cette nouvelle stratégie de transformation structurelle, «l'Afrique doit mettre l'accent sur la transformation sur place de ses ressources naturelles afin de créer de la valeur et des emplois». D'ailleurs, c'est cette faible industrialisation qui explique en partie la faiblesse du commerce interafricain, comme l'a bien expliqué M. Emmanuel Nnandozie, Directeur de la Division du Commerce, Finance et Economie de Développement de l'UNECA. Les échanges interafricains ne représentent que 12 % des échanges du continent avec le reste du monde. De plus, malgré plus de 50 ans d'indépendance des pays du continent, «les matières premières constituent toujours plus de 72 % des exportations de l'Afrique alors que les importations sont largement dominés par des produits manufacturiers», a affirmé M. Nnandozie. Selon lui, «les lenteurs d'intégrations régionales expliquent en grande partie les retards constatés en matière de développement industriel du continent».

En plus de ces facteurs, Mme Angela Lusi, du PNUD, explique que «le faible développement humain (éducation, santé, ressources, etc.) constitue un obstacle majeur à la transformation structurelle du continent». Le problème, ajoute-t-elle, est que malgré l'abondance des ressources naturelles, très peu de pays africains utilisent les recettes générées par ces matières premières pour investir dans l'éducation, la santé, les infrastructures, etc.». De plus,  poursuit-elle encore, il faut que les pays africains aient dans leur politique de développement une approche régionale en matière d'investissement, notamment en ce qui concerne les domaines énergétiques (construction de barrages hydroélectriques, de centrales électriques, etc.).

En résumé, selon les experts, ce n'est qu'en surmontant ces obstacles que l'Afrique pourra réellement assurer son décollage économique.

 

Moussa Diop

La Nouvelle Tribune

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