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Dette privée, us et abus…

En mai 2013, l'actif net des OPCVM se constitue à 50 % d'obligations MLT (moyen et long terme) et à 27 % de monétaire, le reste se répartit entre actions ( 8,7 %) diversifiés (3,4 %), obligations à cout terme, (10 %) et contractuel, pour moins de 1 %.

Par ailleurs, le comportement de l'actif net des OPCVM n'a cessé de se détériorer ces dernières semaines sur leurs actifs les plus représentatifs investis notamment dans le monétaire. En effet, les placements de leurs clients, personnes physiques et morales, s'étaient positionnés dans cette catégorie de fonds marquant ainsi une situation d'attente de reprise du marché Actions depuis 2008, sauf qu'avec l'assèchement de liquidités ambiant, les retraits du monétaire se sont enclenchés au point de devenir continus alors que les souscriptions diminuent.

Il y a des semaines comme celle du 26 avril dernier où les monétaires ont perdu 18 % de leur actif net sous l'effet de plus de 18 milliards de rachats. Ainsi d'une semaine à l'autre, cette catégorie de placements pert de son poids.

L'autre défaut structurel des OPCVM, c'est qu'ils sont globalement investis à hauteur de plus de 50 % dans les obligations privées émises par des émetteurs qui connaissent des difficultés financières graves.

Voici, les deux sujets d'actualité sur lesquels, l'ASFIM a organisé avec CFCA, une conférence-débat la semaine dernière sous couvert du thème: «Dette privée au Maroc, enjeux et perspectives».

Une gestion du risque hasardeuse?

En fait, les enjeux aujourd'hui sont très graves, même si certaines solutions s'inscrivent dans les perspectives. En effet, le premier enjeu réside dans le fait que les gestionnaires de fonds, à défaut de papiers, mais aussi en dépit de leur obligation de protection de l'épargne par un conseil judicieux, une bonne gestion financière et une éthique, se sont retrouvés alourdis de dettes privées pour 50 % de leurs actifs. Laquelle dette privée, au prime abord, était déjà risquée pour ce type de fonds du simple fait qu'elle est connue et reconnue pour être illiquide, ce qui ceut dire que sur sa durée, les fonds ne peuvent pas la négocier.

Mais, le plus grave réside dans le risque de défaillance des émetteurs privés que les gestionnaires de fonds n'ont pas pris en compte, protégés par l'habituel principe selon lequel l'obligation est un placement non risqué avec une rémunération fixe, contrairement à l'action.

Mais de là à faire le plein en un seul produit et se retrouver investis à 50 % de leurs actifs, il fallait que l'attraction du taux d'intérêt intervienne dans une conjoncture où le monétaire rapportait plus que l'action.

Mais quand le risque n'est pas pris en compte par un spread et qu'il se réalise, la responsabilité de cette «mauvaise gestion» même si elle a été un peu forcée par une conjoncture difficile, doit être assumée.

C'est un peu dans ce sens que le colloque organisé par l'ASFIM doit être compris, même s'il avait un autre volet, celui d'attirer l'attention sur l'absence de protection des investisseurs en obligations privées.

Certes, Maghreb Steel, un des émetteurs actuellement pointé du doigt, est un cas exceptionnel à plus d'un titre. D'abord, il présentait un si grand et si beau projet soutenu par une convention  signé avec l'état que tout le monde l'a suivi,  y compris les OPCVM.

D'autre part, aujourd'hui qu'il est failli au point de ne pas pouvoir rembourser ses billets de trésorerie, les OPCVM ont été sauvés d'abord par les banques auxquelles ils sont adossés et deuxièmement, par les moratoires accordés par le Fisc à ce projet, afin de lui permettre de dégager des liquidités et payer ses créanciers.

Mais, franchement là aussi, c'est une exception qui sort vraiment de l'ordinaire ! Quand l'on sait que certaines entreprises publiques n'ont plus la garantie de l'État, le fait que Maghreb Steel bénéficie d'une telle protection est très perturbant !! Aucun bon gestionnaire ne saurait croire qu'il s'agit là d'un cas d'école…

En fait, le colloque de l'ASFIM est parti de faits réels, comme les défaillances de Médiaco qui s'est traduite par des pertes sèches pour les OPCVM qui l'ont financé et de Maghreb Steel, dans le but de remettre en cause l'investissement des OPCVM dans la dette privée.

Car, il faut savoir que contrairement aux banques, les OPCVM qui sont transparents fiscalement, ne peuvent pas constituer des provisions pour créances douteuses.

Les solutions ?

La première réclamée par la profession repose sur l'obligation qui doit être faite aux émetteurs de se faire noter pour tout émission obligataire. Sauf que là encore, les avis sont partagés. Certains s'y opposent pour ne pas alourdir ce mode de financement désintermédié.

Maître Hicham Naciri, invité pour donner un avis d'expert, considère qu'il faut introduire des sûretés dites intangibles dédiées à ce type de papier et ainsi protéger les investisseurs. Car, a-t-il expliqué à l'assistance en quête de solutions de garantie des dettes privés, la loi actuelle sur la S.A ne prévoit que les sûretés inscrites qui elles-mêmes sont prises par les banques, ce qui relègue les OPCVM au rang de créanciers chirographaires. En cas de défaut, ils n'ont donc pas rang privilégié. Ce qui signifie en d'autres termes qu'auprès du même émetteur, les banques sont le mieux couvertes, alors que les autres investisseurs obligataires, dont les OPCVM, ne bénéficient d'aucune garantie.

Après ces derniers cas de défaillance d'émetteurs privés, il est donc à craindre que le financement désintermédié soit arrêté en plein essor, après une évolution fulgurante de 470 % sur les cinq dernières années !!!

Et s'il n'est pas rapidement réglementé dans le sens  de la protection de tous les investisseurs,  un coup de frein sec sera mis à son développement.

Voilà comment il suffit d'un cas de défaillance pour jeter le discrédit sur tout un métier, ô combien important pour le financement de l'économie…

Afifa Dassouli

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