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Guinée : l'opposition prête à des élections à l'automne si Condé négocie

PARIS (AFP) - (AFP)

L'ancien Premier ministre guinéen Cellou Dalein Diallo, principal opposant au président Alpha Condé, s'est dit prêt mercredi dans un entretien à l'AFP à participer à des élections législatives à l'automne, si le gouvernement accepte de négocier les conditions du scrutin, actuellement fixé au 30 juin.

L'opposition guinéenne, dont les manifestations ont été violemment réprimées ces derniers mois, conteste la date du 30 juin pour le scrutin, fixée selon elle sans concertation par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), et soupçonne le régime d'Alpha Condé, premier chef d'Etat démocratiquement élu en Guinée, de vouloir préparer des fraudes pour s'assurer une majorité à l'Assemblée nationale.

"Notre ambition n'est pas de boycotter les élections mais nous voulons que les conditions d'un scrutin équitable soient réunies et qu'il y ait un dialogue avec le pouvoir", "y compris sur le calendrier", a déclaré M. Dalein Diallo, candidat malheureux à la présidentielle de 2010.

Après la saison des pluies, "en octobre-novembre, il serait possible d'organiser des élections, si le gouvernement a la volonté de corriger les faiblesses qui existent dans le processus, y compris au niveau du fichier électoral", a-t-il estimé.

"Est-ce que M. Condé va tenter le passage en force, organiser dans des conditions déplorables ces élections, je ne pense pas", a déclaré M. Dalein Diallo."Il va falloir trouver une autre date et saisir cette opportunité pour ouvrir le dialogue et nous mettre d'accord sur les conditions des élections", a-t-il dit.

Les législatives, attendues depuis 2011 en Guinée, ont été maintes fois repoussées.C'est un Conseil national de transition (CNT), non élu, qui fait actuellement office de parlement.

Le Collectif des partis de l'opposition guinéenne, dont font partie outre M. Dalein Diallo, les deux anciens Premiers ministres Lansana Kouyaté et Sidya Touré, dénonce en particulier le choix de l'opérateur technique sud-africain Way Martk, chargé de la révision du fichier électoral, qu'ils accusent de partialité.

Il exige également que les Guinéens de l'étranger soient autorisés à voter.

"répression ciblée"

Selon M. Dalein Diallo, l'opposition a été "obligée" de "recourir à la rue" et aux manifestations pour tenter de faire plier le gouvernement, sourd au dialogue.Les violences qui ont entouré ces manifestations ont fait, selon lui, une cinquantaine de morts au total au cours des derniers mois, dont "18 pour le seul mois de mai".

M. Dalein Diallo a condamné la "répression ciblée" dont ont été victimes les membres de l'opposition et les Peuls, communauté à laquelle il appartient."96% des morts sont des Peuls", a-t-il affirmé, tout en insistant sur le fait que "ce n'est pas l'ethnie malinké (à laquelle appartient le président Condé, ndlr) qui agresse les Peuls, c'est le système d'Alpha Condé, c'est le gouvernement et les forces de l'ordre".

Selon un bilan publié lundi par le gouvernement, 12 personnes ont été tuées et 89 blessées au cours de la dernière manifestation jeudi et dans les deux jours qui ont suivi.

Le président Condé a annoncé mardi soir l'ouverture d'une enquête pour "faire la lumière sur les récents évènements et rendre justice à toutes les victimes".

M. Dalein Diallo a mis en doute la volonté de justice du pouvoir, affirmant que "jusqu'à présent, les manifestants sont arrêtés, bastonnés, jugés et condamnés, alors que les criminels qui ont ôté la vie à des citoyens ont toujours bénéficié de la protection du pouvoir".

Il a également mis en garde contre le risque de voir les violences déboucher sur un conflit inter-ethnique.

"Si les violences continuent, si les massacres ciblés contre une communauté, contre les militants de l'opposition, ne s'arrêtent pas, si l'impunité continue, s'il continue de diviser la Guinée l'entraînant dans des violences qui pourraient déboucher sur une guerre civile, il n'est pas exclu qu'on demande le départ de M. Alpha Condé", a-t-il averti.

Africa n°1

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