mis à jour le

MICHEL DJOTODIA, UN PRÉSIDENT INCOMPRIS OU MAL AIMÉ?

Le président de transition de la République Centrafricaine, Michel Djotodia, deux mois après sa prise du pouvoir, est toujours loin de gagner la confiance des Centrafricains. Toutes ces interventions n'arrivent pas à trouver écho favorable auprès de la population. La vision a court terme du numéro 1 de la transition est loin d'être palpable. Le président est-il simplement un incompris ou un mal aimé par la majorité de ces administrés ?

Michel Djotodia ne convainc toujours pas. Les multiples appels qu'il n'a cessé de lancer à l'endroit des Centrafricains n'ont jamais trouvé d'échos favorables. Pour mémoire, six jours seulement après son coup d'Etat, le président autoproclamé à l'époque lançait un appel à la reprise des activités à l'endroit du peuple centrafricain en général et des fonctionnaires et agents de l'Etat en particulier. Cet appel n'a pas été entendu à cause de l'insécurité qui sévit toujours dans la ville de Bangui. Le président, conscient de la situation, a par la suite instauré une politique de proximité qui l'amenait d'abord à rencontrer directement les corps constitués ensuite à sillonner la ville de Bangui pour sensibiliser les uns et les autres à la reprise, mais toutes ces péripéties n'ont pas porté de fruits. La reprise des activités est toujours timide, ce qui ne rassure ni Michel Djotodia, ni la communauté internationale sas oublier la population dans son ensemble. Il faut dire que de tous les présidents que la République Centrafricaine a connus depuis son accession à la souveraineté internationale, Michel Djotodia est celui qui a le plus communiqué dès les premières heures de sa prise de fonction. Mais en même temps, ce dernier est le président dont les appels ont été les moins suivis. Cette situation amène plus d'un à s'interroger. Est-ce que le nouvel homme fort de Bangui, Michel Djotodia est-il incompris, ou qu'il est simplement mal aimé par le peuple centrafricain ?

La détermination du président de transition de la République Centrafricaine à se faire une place auprès des Centrafricains n'a jamais été un secret de polichinelle. Cet ancien diplomate, devenu président de la République par la force des armes n'a pas su inscrire sa lutte dans le c½ur de la majorité du peuple. Cet état de chose a fait que même, président de la République, il n'a pas eu la popularité dont il a besoin pour gouverner. Mais ce qu'il faut reconnaitre, c'est que depuis sa prise de fonction, le 24 mars 2013, le chef de l'Etat multiplie les actions successibles de rassurer et de sortir la République de la crise que sa lutte l'a entrainée. Même si dans sa première interview comme numéro 1 centrafricain, Michel Djotodia a entretenu un flou total sur ses intentions politiques futures, ce dernier a su corriger l'erreur lors de sa première sortie publique le 30 mars en promettant de conduire la transition et de se retirer à la fin. C'est bien là où tout le monde l'attendait. Bien avant, il a reconduit Me Nicolas Tiangaye, promettant au-delà de respecter la lettre et l'esprit des accords de Libreville. En dépit de la quasi inexistence de l'économie centrafricaine, le président de transition a su payer les salaires et promettre d'éponger les deux mois d'arriérés que les fonctionnaires et agents de l'Etat sont en train d'enregistrer. L'ancien chef rebelle a su se plier dans bien des cas. C'est sur un ton conciliant et apaisé que ce dernier a parlé, aux chefs de quartiers, maires, aux journalistes, aux syndicalistes et aux techniciens de l'éducation à chaque fois, il appelle à la reprise normale des activités, seul soucis du chef de la barque. Mais ce qui étonne aujourd'hui, c'est que toutes les démarches de Michel Djotodia en tant que président de transition n'ont pas porté de fruit. Les écoles sont restées fermées, l'administration morose, la ville profondément salle...en un mot la République Centrafricaine est restée dans l'état où les séléka l'ont mise. Sur ce point, l'on est tenté de dire que le numéro 1 est mal compris car il prend des initiatives de sortie de crise sauf que le peuple n'ayant pas compris ne suit pas. Mais, dans les faits, c'est que Michel Djotodia demeure le mal aimé des Centrafricains, c'est pourquoi ses initiatives ne rencontrent pas l'agrément de la population.

C'est en cela qu'un des maires des huit arrondissements de Bangui a vu la situation. Pour ce notable «nous pouvons sensibiliser la population sur les initiatives du président mais comme il est détesté par celle-ci, il n' ya rien à attendre. Personnellement , après la première rencontre avec le chef de l'Etat, j'ai convoqué des réunions pour appeler mes administrés à s'investir dans le désarmement comme le président a demandé, mais beaucoup ont répondu que cela ne concerne que moi et le chef de l'Etat, vous comprenez ? ». C'est ce que nous a confié un jeune cadre de l'administration centrafricaine « la reprise que le chef de l'Etat appelle de tous ses v½ux prendra le temps qu'elle devra prendre , car il n'est pas dans le c½ur des Centrafricains à cause des exactions que ses hommes ont commises. Il pourra manifester toutes les bonnes volontés , poser tous les meilleurs actes qu'il souhaite mais cela ne portera pas les fruits qu'il attend parce qu'il est loin de l'affection de son peuple ». A dire vrai, le problème du nouvel homme fort de Bangui n'est pas l'incompréhension, mais l'amour qui n'existe pas entre lui et le peuple qu'il est appelé à diriger durant les dix huit prochains mois. Aujourd'hui, Michel Djotodia a peut être tout sauf l'amour du peuple. Malgré ses rencontres, le dialogue qu'il a instauré entre lui et les différentes couches sociales, ses multiples descentes sur le terrain, l'ex chef rebelle est loin de convaincre.

Cette réalité devrait être dure pour un président de la République qui vient à peine d'arriver. Mais c'est aussi cela le revers du pouvoir pris par la force. Beaucoup d'efforts restent à faire par le nouvel homme fort de Bangui pour gagner la confiance de tous les Centrafricains. Wait and see!


Le Confident

Ses derniers articles: CENTRAFRIQUE : UN TRAITEMENT À DEUX VITESSES DES PROCHES DE BOZIZE  ‘‘NOTRE APPORT DE TOUS LES JOURS EST DONC UN SOUTIEN POLITIQUE À LA RECHERCHE DE LA PAIX’’, DIXIT M. ZIGUELE  MICHEL DJOTODIA, UN PRÉSIDENT INCOMPRIS OU MAL AIMÉ? 

président

AFP

Gambie: une semaine après, le président Jammeh rejette les résultats

Gambie: une semaine après, le président Jammeh rejette les résultats

AFP

Angola: coup d'envoi de la succession du président dos Santos

Angola: coup d'envoi de la succession du président dos Santos

AFP

Angola: le président dos Santos ne se présentera pas

Angola: le président dos Santos ne se présentera pas