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PJD, PI, RNI, entre compromis et compromission…

Rumeurs, confusion et désenchantement, voilà comment qualifier la situation sur la scène politique alors que la crise gouvernementale est toujours pendante. L'absence de clarification sur les intentions réelles du PJD et de l'istiqlal d'une part, mais aussi la tentation du «retour aux affaires» qui se fait jour au sein du RNI d'autre part, nourrissent ce climat délétère qui, faut-il en douter ?, n'est pas vraiment fait pour réconcilier les Marocains avec la politique et les politiciens…

Car si certains avaient compris, au lendemain du meeting de Hamid Chabat à Tétouan, que le PI avait quelque peu atténué ses exigences, et que le chef du Gouvernement avait été rassuré sur la pérennité du son équipe après un entretien téléphonique avec le Souverain, le pourrissement de la situation n'est pas de nature à réduire le fort pessimisme qui s'est installé depuis plusieurs semaines au sein de l'opinion publique.

On comprendra, certes, que Abdelilah Benkirane ne soit guère enclin à succomber aux pressions de Hamid Chabat, sous peine de perdre de son autorité et de son aura, tant auprès de ses troupes partisanes que de ses concitoyens.

Mais on ne manquera pas, néanmoins, de s'interroger sur les dessous et les desseins cachés de la démarche de Hamid Chabat. Celui-ci, en effet, poursuit-il simplement une quête partisane en faveur d'un rééquilibrage de l'architecture gouvernementale au profit du Parti de l'istiqlal ou joue-t-il à agiter un chiffon rouge pour forcer le taureau, (ie. le gouvernement) à bouger et à se ruer à l'assaut des réformes ?

Certains penchent plutôt pour la seconde hypothèse à partir du constat que le parti de feu Allal Al Fassi n'a jamais été, depuis sa création, très loin des travées du Pouvoir et il serait encore aujourd'hui, un «outil» bien commode pour obliger le gouvernement à l'action, notamment dans le champ de ces réformes de la fiscalité, de la compensation, de la justice, des retraites qui se font trop pressantes pour être de nouveau repoussées aux calendes grecques.

On trouvera, d'ailleurs, une confirmation partielle de ce scénario dans les récentes déclarations de Abdelilah Benkirane, faites dimanche dernier devant les conseillers du PJD, quand le chef de l'exécutif a réitéré la nécessité de mettre en action la machine réformatrice, reconnaissant au passage que cela pourrait s'avérer délicat pour la popularité de son équipe et de son parti.

Si telle devait donc être la voie que serait suivie dans les prochains jours et mois, l'arbitrage royal, tant attendu, permettrait à chaque protagoniste de cette crise de sauver à la fois la face et les meubles !

Chabat serait gratifié par l'éviction des titulaires des portefeuilles istiqlaliens détenus jusqu'à présent par les poulains de l'ancien secrétaire général Abbas El Fassi, Benkirane sauverait l'édifice gouvernemental construit sur des équilibres fragiles et quelque peu iconoclastes (cf. la présence du PPS, caution de gauche) et le Maroc s'engagerait enfin sur le chemin des réformes de fond, sans top se soucier des échéances électorales qui, pourtant, préoccupent tous les états-majors partisans…

Une telle solution, semble-t-il, serait la moins dolosive pour tous les acteurs de la scène politique.

L'esprit et la lettre de la nouvelle Constitution seraient respectés, la crise gouvernementale réglée et chacun serait à la place que les élections législatives de novembre 2011 avaient déterminée.

Une logique qui éviterait au RNI de pactiser avec son ennemi originel, le PJD et qui permettrait à celui-ci de continuer à démontrer que les magouilles politicardes ne sont et ne seront pas son «verre de thé»…

Cela, bien sûr, à la condition incontournable que, pour une fois, les principes premiers d'un engagement politique sain soient respectés, ceux qui permettent le compromis, mais récusent la compromission…

 

Fahd Yata 

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La Nouvelle Tribune

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