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Caisse de Compensation/Coalition gouvernementale : La délicate réforme qui déchire

On peut être partagé à propos de ce qui se passe aujourd’hui entre l'Istiqlal et le PJD, les deux principales formations de la coalition gouvernementale. Les arguments ne manquent pas des deux côtés. Mais une chose est sûre : contrairement au PJD obligé de conduire l'expérience gouvernementale à bon port, l'Istiqlal, lui, n'a pas particulièrement l'envie d'avancer. Et avant qu'il ne soit trop tard, l'Istiqlal semble avoir trouvé la bonne stratégie pour quitter le navire sans trop de dégâts collatéraux, pour notamment sauvegarder son image de marque, son avenir et la carrière politique d'une nouvelle génération istiqlalienne voulant s'imposer à tout prix et peu importe le prix ! Mais que s'est-il vraiment passé pour que l'Istqilal devienne aussi pressé de claquer la porte ? Là encore, les arguments ne manquent pas. Une évidence s'impose toutefois : l'Istiqlal, une formation politique très expérimentée, sait mieux quiconque que le gouvernement Benkirane est en grande difficulté et ne souhaite pas assumer les conséquences de son éventuel, pour ne pas dire incontournable, échec.

Le parti, se sentant quelque part piégé d'avoir accepté de s’aventurer sur une piste incertaine, serait également convaincu que, compte tenu de la difficulté et de la complexité de la conjoncture, les chances de mener à bien les réformes annoncées deviennent de plus en plus minimes. Au centre des débats se trouve la Caisse de Compensation, soit une moyenne annuelle de 50 milliards de Dhs en moins des caisses de l'Etat. Sa réforme dans le contexte actuel serait synonyme d'une tension sociale des plus tendue car elle serait à la base d'une hausse conséquente du pouvoir d'achat. La maintenir telle quel ne manquera certainement pas de compliquer davantage les finances publiques.

L'emprunt à l'international de 700 millions de dollars, suivi par la décision de la coupure de 15 milliards de Dhs du budget des investissements, sont la preuve d'un gouvernement qui essaye de gérer une crise au nom de la caisse de compensation. C'est une très mauvaise posture, dont l'Istiqlal ne serait prêt à assumer les frais, tant que ce n'est pas lui qui est aux commandes. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le SG de l'Istqlal, Hamid Chabat, revient le plus souvent sur la caisse de compensation pour démontrer son total désaccord avec le gouvernement: ''Le PI ne regrette pas sa participation au gouvernement car elle est intervenue dans l’intérêt de la Nation, mais le parti déplore l’arrêt du dialogue social, l’augmentation des prix du carburant, le refus opposé aux revendications des diplômés chômeurs, les décisions ayant affaibli le pouvoir d’achat et aggravé la situation financière de l’Etat et des citoyens ''.

Autrement dit, on essaie d'anticiper sur une crise de plus en plus inévitable et dont la caisse de compensation serait à l'origine. Benkirane, aujourd’hui en quête de nouveaux alliés, sait lui aussi mieux que quiconque que la caisse de compensation reste une épée de Damoclès au-dessus de la tête du gouvernement !
H.Z

Encadré :
Réforme de la Caisse de Compensation : la recette istiqlalienne

Concernant ce volet, le parlement du parti considère qu’”il faut initier un débat national pour examiner la problématique de la compensation et mettre en avant les répercussions de la réforme sur la paix sociale et la stabilité”, affirmant que “tout soutien direct aux catégories vulnérables ne doit pas être en dessous du salaire minimum”. Pour Hamid Chabat, la réforme de la Caisse de compensation ne peut aboutir qu'à travers des subventions directes, sans que ces aides ne soient au-dessous du salaire minimum et octroyées sous conditions, relevant que la justice sociale doit contribuer à l’expansion de la classe moyenne à travers l’éradication de la pauvreté et non pas à l’élargissement du cercle de la pauvreté en ciblant la classe moyenne.

La Nouvelle Tribune

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