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La vanille malgache touche le fond

Le produit phare des Malgaches vit des heures sombres: dans un article publié mercredi 10 août, RFI relate la situation précaire du marché de la vanille sur l’île de Madagascar, ex- colonie française indépendante depuis 1960.

Premier producteur mondial de vanille naturelle, Madagascar a toujours fait face aux aléas d’un marché réputé pour son instabilité. En 2003, la vanille verte se négociait à 65 euros le kilo, mais depuis 2006 son prix ne cesse de dégringoler. Ces derniers temps, le prix du kilo de vanille préparée se situe autour de… un euro. Un chiffre extrêmement bas et inédit, qui suscite une vive inquiétude au sein des producteurs de la Grande Île:

«A cause de ce problème de prix, nous ne pouvons plus nous contenter de la production de vanille pour vivre. Et d’ailleurs, nombreux sont ceux qui ont préféré changer d’activité, tellement ce n’est plus rentable», déclarait récemment Michel, président de la coopérative Ravinala, dans les colonnes de L’Express de Madagascar.

Mi-juillet, un espoir était né quand la société d'exportation et de développement de la vanille de Madagascar (MVDEC), associée à l’Etat malgache, annonçait vouloir investir plus de 17,6 millions d'euros pour revigorer un marché en berne. L’idée était que la vanille naturelle serait vendue à un tarif fixé au préalable, et rentable pour les producteurs.

Mais face à la lenteur de la mise en place de ce projet, et devant la concurrence des producteurs de vanille artificielle et le désamour grandissant des clients pour la vanille naturelle, les paysans sont aujourd'hui contraints de céder leurs stocks —plusieurs milliers de tonnes de produits— pour une bouchée de pain:

«Nous assistons actuellement à une situation de surproduction dans les zones productrices de vanille. Il y a beaucoup plus d'offre que de demande», explique Freddie Mahazoasy, administrateur de la MVDEC.

Une situation qui, bien évidemment, profite aux acheteurs, en position de force face à une offre abondante:

«Les produits sont vendus selon leur guise. Certains producteurs rentrent chez eux après trois jours passés sur le marché avec zéro vente de vanille», déplore le maire de Faralalana, Joël Jaosely.

Lu sur RFI, L'Express de Madagascar