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Ils ont dit...

Djamel Zenati. Ancien député FFS, directeur de campagne de Hocine Aït Ahmed à la présidentielle de 1999 : «Derrière les scandales révoltants, un pays qui s'effondre et un peuple qui souffre»   «Le système autoritaire algérien est de nature factionnel. C'est un héritage historique. Les divers clans  qui y cohabitent  se livrent des luttes acharnées pour le contrôle et la répartition de la rente et pour d'autres privilèges. Ces luttes prennent  parfois un caractère particulièrement violent lorsqu'il s'agit de régler la question de la succession par exemple. Les forces du sérail se libèrent et s'autorisent alors des procédés dont les effets débordent les frontières habituellement étanches. Les hostilités s'ouvrent souvent par déballages ou contestation interposés. Ce qui est sûr, les factions s'accordent à ne pas franchir le seuil critique qui mettrait le système en péril. Le rôle de la police politique est  justement de contenir,  de canaliser et de réduire tout danger qui viendrait de la société. Dire qu'elle a renoncé à cette mission est une vue de l'esprit et ne correspond ni à la réalité ni à la volonté du régime. Le système peut-il du jour au lendemain se faire hara-kiri ? Je doute fort. Revenons maintenant aux déballages actuels. Même si manipulation il y a, et c'est probablement le cas, elle ne supprime ni la réalité ni la gravité de ces scandales. Il faut à mon sens se placer au-delà des luttes claniques et restituer à cette situation sa véritable signification. Ces affaires révèlent de façon éclatante la nature maffieuse du système et mettent à nu les m½urs des gouvernants. Au lieu de susciter de la suspicion, elles doivent plutôt suggérer des perspectives. Et le seul moyen de protéger le pays est d'aller au plus vite à une transition démocratique qui réhabiliterait le peuple dans son droit à décider de son destin, à choisir librement ses gouvernants et à contrôler la gestion des deniers publics. Il n'y a pas d'autre voie possible. Dans les années de grande violence, on s'est légitimement posé la question  «qui tue qui ?». Mais il reste qu'au-delà de l'identité de ceux qui  tuent et égorgent, il y a des Algériennes et des Algériens qui meurent et que tout le monde semble aujourd'hui avoir oublié. De même, derrière les auteurs de ces scandales révoltants, il y a un pays qui s'effondre et un peuple qui souffre. Il ne faut pas l'oublier.»       Dr Addi Lahouari. Sociologue : «La mainmise du DRS sur l'Etat a généré la corruption»   «Le régime est opaque mais il y a des signes qui montrent que le DRS est sur la défensive. La mainmise tentaculaire de ce service sur l'Etat a généré la corruption à grande échelle et aujourd'hui beaucoup d'officiers supérieurs, y compris dans le DRS, se rendent compte des dégâts commis. Ils cherchent à se replier mais ne veulent pas que des généraux soient inculpés. Chakib  Khelil n'aurait pas pu détourner des sommes aussi colossales s'il n'avait pas la couverture de personnages importants du pouvoir réel. Il me semble que l'affaire a été confiée au DRS pour protéger des hauts gradés.»                      

El Watan

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