mis à jour le

L’impact de la crise sur les régions du nord : LE BLUES DES ARTISANS

L'approvisionnement en matières premières est devenu très difficile pour les artisans

Avant la crise, ils vivaient de la vente d'objets d'art de maroquinerie, de tapisserie, de poterie et de perles. Aujourd'hui toutes ces activités sont presque arrêtées

Dans notre édition précédente, nous écrivions que l'artisanat a été durement éprouvé par la crise au Mali (voir L'ESSOR du 15 mai). Rappelons que le secteur occupe une place prépondérante dans l'économie nationale, en raison du nombre d'emplois qu'il crée, et à cause des revenus qu'il génère. Sa contribution au PIB est estimée à environ 15 – 20 %. Avec ses 171 corps de métiers l'artisanat occupe près de 40% de la population active et renferme un important potentiel économique, social et culturel. Il contribue à la réduction de la pauvreté. Dans les régions du Nord, il joue un rôle prépondérant dans le développement socio-économique et culturel. Il occupe plus du tiers de la population active selon les données de la Direction nationale de l'Artisanat. Avant la crise, les artisans du nord vivaient de la vente d'objets de maroquinerie, de tapisserie, de bijouterie, de poterie, de perles et autres objets utilitaires. La guerre a modifié négativement le cadre de vie de milliers de personnes qui gagnaient leur vie dans le secteur de l'artisanat. L'approvisionnement en matières premières  (colorants, produits de transformation, équipements des artisans) est devenu très difficile. Le coût des frais de transports, du banditisme, des attaques des convois est très élevé. Ces handicaps limitent l’activité commerciale, et les moyens de subsistance des braves artisans locaux. « Le village de Tessalit dans un passé récent était appelé « Petit Paris », le plus prospère de la région de Kidal. Il ressemble depuis le départ des touristes à un village mort. Seul y marche le petit maraîchage qui nourrit les ménages. La prestigieuse tapisserie, les maçons, les maroquiniers, les restaurateurs, les boulangers, les mécaniciens, l'usine de plâtre dont les véhicules et les machines ont été pillés par la rébellion de 1990 ne reprennent pas encore » déplore un enquêteur. Le président de la chambre des métiers de Tombouctou et représentant des trois régions du Nord au niveau de l'APCMM, Baba Djitteye est brodeur traditionnel. Il explique que son atelier, unique broderie traditionnelle aujourd'hui à Tombouctou est fermée depuis un an, à cause de l'invasion des djihadistes et narcotrafiquants. Selon lui, le Nord et particulièrement, Tombouctou vit d'artisanat d'art (vente de parures, bijoux qu'on peut offrir en cadeau) et de tourisme. « Il existe d'autres formes d'artisanat comme l'artisanat utilitaire et l'artisanat de service. L'artisanat d'art a été touché deux ans avant la guerre. Aujourd'hui, tous les métiers d'artisanat sont touchés » a t-il souligné. L'artisan Djitteye déplore qu'avec la guerre, les bras valides ont pris le chemin de l'exode, à la recherche d'une vie meilleure. Nombreux selon lui, sont ceux qui sont allés chercher du travail dans les zones aurifères. Il a indiqué que les artisans déplacés du Nord sont nombreux. Au moins 500 personnes sont enregistrées à l'APCMM même si elles ne détiennent pas toutes des cartes professionnelles. Le secteur évolue dans l'informel. Il est difficile de faire des estimations exactes, a t-il ajouté. Le Directeur national de l'Artisanat, Idrissa Ly précisera que la crise a occasionné la fermeture à Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal de 478 entreprises sur 552 répertoriées, 22 966 artisans déplacés et un manque à gagner de 1 163 425 700. Au plan partenarial, le climat de guerre a entamé la volonté des partenaires, des touristes à investir dans des activités productives. Plusieurs partenaires de l'Artisanat tels que le DDRK (Programme de développement durable de la région de Kidal), le PIDRK (Programme Intégré de Développement de la région de Kidal, ont été victimes d'enlèvements de véhicules avec mort d'homme. Le personnel expatrié du DDRK fut obligé de s'établir à Bamako à cause des menaces qui pèsent sur les Occidentaux dans la région. Une étude réalisée par la Direction nationale de l'artisanat estime que le premier préalable au retour des touristes est la sécurisation de ces régions. Avec l'évolution récente de la situation et dans la perspective de la reprise, les artisans sollicitent une aide financière et matérielle pour leur réinstallation, l'achat de matières premières et un fonds de roulement pour le redémarrage des entreprises fermées. En somme, ceux du Nord proposent la création d'une centrale d'achats pour faciliter leur approvisionnement en matières premières ; l'exonération des entreprises artisanales du nord en impôts et taxes. Ils souhaitent qu'une subvention soit accordée aux artisans victimes des conséquences néfastes de la guerre. Les artisans oeuvrent en faveur de l'organisation d'une foire artisanale annuelle tournante au Nord pendant la saison touristique et leur participation à des foires internationales.

F. MAïGA

 

Les Assemblées an-nuelles des institutions de Bretton Wood sont l'occasion pour les pays comme le notre de faire le point de la coopération avec tous les partenaires bilatéraux. Aux dernières Assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale tenues le mois dernier à Washington, la délégation malienne a rencontré les représentants des deux institutions financières. Notre ministre de l'Economie, des Finances et du Budget, Tièna Coulibaly, qui a conduit la mission, a expliqué que le Mali a rencontré le chef de mission du Fonds monétaire pour le Mali. Il s'agissait de refaire le point de notre dossier relatif à la Facilité de crédit rapide et sur l'état d'exécution du programme au 31 mars 2013. En conclusion, dans les prochains jours, le Fonds va présenter le dossier du Mali à son Conseil d'administration dans le but de décaisser la deuxième tranche de la Facilité de crédit rapide sollicitée par notre pays. Par ailleurs, d'ici la fin du semestre (au plus tard au mois de juillet), une mission du FMI est attendue à Bamako. Cette mission va discuter de la continuation de la facilité de crédit, et surtout des perspectives de la mise en place d'une facilité normale, c'est- à -dire d'un programme de trois ans (comme avant le coup d'Etat de mars 2012). Il sera géré par le gouvernement qui sera mis en place après les élections de Juillet 2013. La délégation malienne a continué les discussions avec la Banque mondiale. Elle a fait le point des différents projets dont l'un des plus importants est le projet des filières sociales. Ce projet destiné aux pauvres est financé sous forme de don à hauteur de 70 millions de dollars (35 milliards Fcfa). Le PCDA, un programme qui connait des difficultés était également à l'ordre du jour. Le président de la BM pour marquer son soutien au Mali, a décidé d'accorder un financement supplémentaire de 75 millions de dollars (37,5 milliards Fcfa) à notre pays en plus des 60 millions (30 milliards Fcfa) prévus initialement pour l'année fiscale à venir (du 1er juillet 2013 au 30 juin 2014). En lieu et place de 60 millions de dollars US, notre pays va bénéficier de 135 millions de dollars(67,5 milliards Fcfa) . Ce geste, selon le ministre, témoigne de la confiance de la banque envers le gouvernement de transition qui prend des décisions rationnelles. Le ministre des finances a rappelé que même si la BM avait temporairement suspendu sa coopération, elle n'a jamais formellement quitté le Mali. Dès le mois de juin, elle a repris les décaissements. « Parmi les partenaires, il y a ceux qui disent que leurs rapports formels ne reprendront avec le Mali qu'avec un président démocratiquement élu comme les états-Unis. Même si l'on ne reçoit pas directement d'aide au budget, les états-Unis contribuent à l'action humanitaire de façon très significative ainsi qu'à l'action militaire aux côtés de l'armée française. C'est aussi valable pour le Canada. En dehors, il y a les pays qui tiennent à un président élu, mais qui ont trouvé une autre formule d'assistance à travers la création d'un Trust fund. Il sera géré par les Nations Unies et va servir à financer des activités qui ne sont pas considérées comme des appuis au gouvernement mais comme des appuis à la survie même de l'Etat. Ils acceptent, par exemple, de financer les questions énergétiques, les actions de subvention pour les intrants. Ce n'est pas un appui direct à l'Etat », a ajouté Tièna Coulibaly. Le ministre des Finances a réaffirmé l'engagement de nos autorités à continuer avec les reformes et la gestion rigoureuse.

 

F. M.

L'essor

Ses derniers articles: Mopti : Transport de viande, un casse-tête sanitaire  Promotion de la femme : RACHELLE DJANGONE MIAN S’EN VA  Sécurité alimentaire : DES CEREALES A 

crise

AFP

RD Congo/violences au Kasaï: du diamant aux élections, un an de crise

RD Congo/violences au Kasaï: du diamant aux élections, un an de crise

AFP

Le Nigeria se tourne vers "l'or blanc" en pleine crise économique

Le Nigeria se tourne vers "l'or blanc" en pleine crise économique

AFP

Les rivaux libyens s'engagent sur les principes d'une sortie de crise

Les rivaux libyens s'engagent sur les principes d'une sortie de crise