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Ouagadougou : Le maire Casimir Ilboudo ouvre le dossier maquis et bars

Le maire de Ouagadougou, Casimir Marin Ilboudo, a rencontré ce mardi, 28 mai 2013, les tenanciers de bars, maquis, restaurants et assimilés. Ce n'est un secret pour personne, l'exercice de cette catégorie d'activités pose un certain nombre de problèmes : nuisances sonores, insalubrité, réseaux mafieux, non respect en général de la réglementation en vigueur. Et c'est pour échanger sur ces problèmes et envisager ensemble des solutions que le maire Ilboudo, entouré de ses principaux collaborateurs, a tenu à rencontrer les acteurs.

L'initiative, précisera-t-il, s'inscrit dans le cadre d'une série de rencontres envisagées avec les opérateurs économiques de Ouagadougou. Et le présent face-à-face, qui a eu pour cadre la Maison du Peuple, a drainé un peu du monde.

En effet, comme c'est la première fois qu'ils sont convoqués par le nouveau maître de la capitale, les uns et les autres ont fait l'effort de se déplacer, histoire peut-être de faire de plus amples connaissances avec le successeur de Simon Compaoré.

Et en prenant la parole le premier, Marin Casimir, pour lever toute équivoque, a décliné rapidement son identité et celle de ses accompagnants. Après quoi, il a situé l'objet de la rencontre.

Démarche de dialogue

Dans son intervention, le maire a rappelé le contexte caractérisé par les nombreux problèmes que causent ou suscitent l'activité de tenanciers de bars, maquis et autres établissements assimilés. Et que face à ce constat, les autorités municipales ne pouvaient rester indifférentes, sans rien faire, surtout qu'elles sont souvent interpellées par les citoyens.

« On pouvait s'asseoir dans nos bureaux et prendre des mesures pour assurer le respect de la réglementation, mais nous avons jugé qu'il était plus indiqué de vous rencontrer d'abord pour voir ce qu'il est possible de faire ensemble. Nous savons aussi que pour certains d'entre vous l'exercice de l'activité constitue une question de vie ou de survie, mais ce n'est pas une raison pour ne rien faire face à la situation ». Il a donc parlé de sa démarche de dialogue.

Une réglementation dépassée

Les exigences de la réglementation ont été rappelées dans la foulée aux tenanciers des maquis, buvettes, kiosques et restaurants de la capitale. L'on retient que pour exercer normalement le travail de tenancier de maquis ou bar, il faut avoir au préalable une autorisation des autorités municipales et respecter scrupuleusement le cahier de charges : respecter les heures d'ouverture et de fermeture, ne pas être sources de nuisances sonores et d'insalubrité pour les riverains, éviter la fréquentation ou l'emploi d'enfants mineurs, etc. Autant de conditions qui ne sont souvent pas respectées dans la pratique. L'autorisation elle-même s'obtient en adressant une demande au maire de son arrondissement. Cette demande doit comprendre, entre autres, les pièces suivantes : acte de naissance, casier judiciaire, certificat de visite et de contrevisite, certificat de résidence, récépissé de déclaration de l'activité aux impôts, plan et détails sur l'établissement.

L'on note toutefois que la réglementation régissant les établissements de bars, maquis et autres au Burkina, est dépassée puisqu'elle date de depuis 1979, au moment où Ouaga ne comptait que quelques centaines de milliers d'habitants. Aujourd'hui, la capitale burkinabè est peuplée de 2 millions d'âmes. Et comme l'a souligné le nouveau maire, les problèmes se sont accrus avec l'évolution démographique. D'où la nécessité de revoir certaines choses.

Difficultés pour obtenir l'autorisation

Des interventions de tenanciers de bars et maquis, l'on retient qu'ils rencontrent des difficultés pour obtenir l'autorisation pour exercer. Quand une dame a voulu par exemple en avoir pour exercer, on lui a dit que c'était suspendu. Un autre témoigne avoir couru pendant 4 ans derrière le précieux document sans l'obtenir. Il y a un mois, il a commencé son kiosque. C'est alors que les impôts se sont présentés à lui et il a dû débourser 55 000 F CFA pour s'acquitter. En outre, certains disent ne pas approuver la façon dont le service d'hygiène de la mairie procède à la vérification du respect des conditions hygiène dans les maquis et bars. Ils trouvent notamment déplacée la présence des policiers lors de ces visites inopinées car cela, disent-ils, fait fuir leurs clients. Bref, comme il fallait s'y attendre, chacun avait ses préoccupations à exposer. En tout cas, le dialogue a été direct et Marin Casimir Ilboudo a pris de beaucoup de notes pendant les échanges. Pour la démocratie à la base, c'est déjà pas mal pour les acteurs de la rencontre, en attendant évidemment les réponses concrètes aux problèmes ci-évoquées par les uns et les autres.

Grégoire B. BAZIE

Ph. Bonaventure PARE

Lefaso.net

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