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Magazine -Environnement: Gestion décentralisée des forêts : GEDEFOR, un programme novateur

Les forêts sont plus dégradées que jamais

Il contribue à la gestion décentralisée des ressources forestières et à l'augmentation des revenus des populations rurales défavorisées

L'Etat malien dispose d'un domaine classé et immatriculé d'une superficie totale de 5 157 076 ha. Il inclue les forêts classées et les Aires protégées pour la faune. Le domaine classé de l'Etat représente environ 5% du domaine forestier national estimé à 100 millions d'ha (dont 32 millions d'ha) ont été inventoriés dans le cadre du Projet Inventaire des ressources ligneuses (PIRL). Ce travail a été réalisé entre 1985 et 1991 par le département des forêts du Fonds des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). De ces travaux à nos jours, les formations naturelles ont subi de profondes modifications, dues essentiellement à l'aridité du climat, aux sécheresses successives et surtout aux activités anthropiques (défrichements agricoles, exploitation du bois de chauffe, surpâturage et émondage, feux de brousse, etc.). Dans de nombreuses zones, on peut déjà observer une surexploitation du potentiel ligneux sur pied. Selon les estimations officielles plus de 100 000 ha de forêts disparaissent chaque année. Il y a plus de 10 ans, les seuls prélèvements pour le bois de chauffe et charbon de bois (la principale source d'énergie domestique au Mali) étaient évalués globalement à 7 millions de tonnes par an. Cette quantité correspond à l'exploitation de plus 400 000 ha. A ces prélèvements, il faut ajouter le processus de désertification qui a tendance à s'étendre de manière alarmante, les effets conjoints de changements climatiques (périodes de sécheresse successives) et de la pression anthropique (agriculture, élevage, feux de brousse, coupe de bois). Les formations forestières au Mali n'ont historiquement pas bénéficié du même intérêt financier que bons nombres de forêts dans la sous région. Par exemple, de 1960 à 1995, il a été réalisé sur l'ensemble du Mali 43.796,276 ha de reboisement et 4.583.822 ml de plantation d'alignement. Ces chiffres sont cependant loin de la réalité du terrain. Le reboisement s'étant surtout caractérisé par un manque de suivi (protection, arrosage). Ce qui fait que d'énormes superficies ont été reboisées avec de très faibles taux de réussite. Par ailleurs, le service forestier n'a pas eu suffisamment de moyens pour investir dans l'ensemble des forêts classées et même pour y exercer une surveillance suffisante à cause de l'effectif réduit de son personnel. Mis à part les travaux de délimitation et de protection de ces forêts (réalisation de pare -feux), peu d'action ont été entreprises en matière d'aménagement des formations naturelles. Les coûts de ces aménagements ne sont pas négligeables. Ils sont cependant nettement inférieurs à ceux de la plantation. Cette orientation technico-économique a été peu développée. C'est en 1982 que la première Politique Forestière Nationale a été formulée. Elle était novatrice dans le sens où elle introduisait la notion de participation des populations. Mais cette politique forestière n'a pas été effectivement opérationnelle en raison de la mainmise de l'Etat sur la gestion des ressources forestières, fauniques et halieutiques. L'année 1995 a consacré la naissance de la deuxième génération de la politique nationale forestière. Des projets novateurs ont été engagés pour un aménagement participatif des forêts naturelles. Le plus récent a été le Programme de gestion décentralisé des forêts (GEDEFOR). Il est financé par la Suède et la Norvège à hauteur de 5,3 milliards et le gouvernement du Mali (760,8 millions FCFA), soit un coût total de 6,1 milliards de FCFA, pour une durée de cinq ans (2008-2013) avec un délai de mise en ½uvre de 3, 5 ans. Le programme, par ses objectifs, est une chance pour le Mali dans la conservation de ses ressources naturelles ligneuses. transfert effectif. Démarré en 2009, l'objectif principal du GEDEFOR est de  contribuer à la gestion décentralisée des ressources forestières et à l'augmentation des revenus des populations rurales défavorisées en vue d'assurer la durabilité de ces ressources. Il cible la gestion rationnelle décentralisée des ressources forestières au niveau de communes sélectionnées dans les zones forestières. L'accent est porté sur la mise en valeur des ressources naturelles et des ressources forestières par les populations rurales organisées. Le transfert de la gestion des ressources forestières de l'Etat aux collectivités territoriales sera correctement exécuté conformément aux lois et règlements de la décentralisation. Les structures étatiques chargées de l'appui conseil aux collectivités seront déconcentrées. L'objectif final est de réussir l'émergence de services communaux forestiers. A terme, le programme vise un contrôle de proximité de l'exploitation forestière avec l'appui/conseil des services déconcentrés de la direction nationale des Eaux et Forêts. Le Programme GEDEFOR est l'outil de préparation d'un programme sectoriel de développement des ressources forestières. L'ambition sera à la mesure des défis à relever dans ce sous-secteur de la gestion des ressources naturelles. Le but d'un programme sectoriel est d'atteindre les objectifs spécifiques du secteur et d'assurer l'appropriation nationale de ce programme. L'approche sectorielle vise à réduire la fragmentation de l'aide, à améliorer la coordination de projets et de programmes, à renforcer les capacités institutionnelles nationales, à promouvoir les réformes institutionnelles et à augmenter l'efficacité de la gestion des finances publiques. Le but à terme est de parvenir à un transfert effectif de la gestion des ressources forestières aux collectivités locales et la pérennité des actions engagées. L'objectif est d'assurer la durabilité écologique, économique et sociale de ces mêmes ressources, afin d'accroître les opportunités d'emplois, l'aménagement forestier et la valorisation de toutes les ressources forestières. Il vise à protéger les forêts, à assurer la durabilité des ressources et de leur exploitation en augmentant la surface des forêts placées en régime d'exploitation contrôlée. Les méthodes de gestion appropriées seront mises en place. Il s'agit de faciliter l'attribution d'une partie des recettes à l'aménagement et à la conservation des ressources et en renforçant le mécanisme du contrôle forestier. Le Programme prévoit d'accompagner le renforcement des filières les plus porteuses et d'appuyer l'amélioration de l'environnement de la production, en particulier de la mise en marché. Le Programme, dans le cadre du renforcement des compétences des acteurs clés, aidera les communes à exercer les compétences relatives à la gestion des ressources naturelles, y compris en anticipant ces transferts dans les communes cibles. Enfin, le Programme, tout en valorisant les expériences des projets de gestion participatives de forêts passés ou en cours, cherche à améliorer les connaissances et les pratiques traditionnelles et scientifiques en engageant des activités de recherches d'accompagnement. Malgré ces ambitions nobles, l'année 2013 qui sonne son épilogue n'est pas élogieuse en terme de résultats. Les forêts maliennes sont plus que jamais dégradées. Les pratiques néfastes et corrompues n'ont pas cessé. Bien au contraire. A vrai dire, analysent les spécialistes, une réelle évaluation des plantations n'a jamais été faite. Le processus de désertification et la pénurie de bois de feu ont mis en lumière ces dernières années, le rôle essentiel de ces formations pour la survie de plus de 80% de la population du pays. Cependant beaucoup d'éléments restent à connaître en vue de mieux les gérer et les protéger. Cette connaissance passe nécessairement par des inventaires répétitifs qui devraient permettre de les caractériser et d'analyser leur distribution en fonction des sols et de les catégoriser selon les utilisations et le degré de dégradation. A l'avenir d'autres études plus approfondies des formations forestières au Mali restent indispensables en vue d'obtenir des informations fiables nécessaires à une meilleure gestion de ces forêts. En ce qui concerne les reboisements, la politique de décentralisation de la production de plants entamée par le service forestier a permis aux populations rurales de s'approprier cette filière. Ce qui garantit une meilleure prise en compte du suivi des plantations. Aujourd'hui les plantations ont de meilleures chances de survie et d'expansion étant donné qu'elles sont réalisées et entretenues par les populations elles-mêmes. Mais, ce n'est pas tout. A l'instar de tous les projets et programmes de développement, la réussite ou l'échec de la mise en ½uvre du programme GEDEFOR dépendra de sa gestion rationnelle et transparente. Une action pour la gestion des forêts doit être menées avec les moyens adaptés. Mais nous constatons les fonds alloués aux projets et programmes dans notre pays sont en majorité affectés à l'achat de véhicules de luxe, très couteux en carburant et en maintenance. Ils servent, dans la plupart des cas, à des missions de terrain des départements de tutelle, aux besoins personnels des agents plus qu'aux activités auxquelles ils sont réellement destinés. Le programme GEDEFOR n'échappe pas encore à cette gabegie.

C. A. DIA

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