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Le Soudan du Sud répond aux menaces de Béchir, dément soutenir les rebelles

Le Soudan du Sud a réaffirmé mardi son engagement en faveur de la paix avec le Soudan voisin, au lendemain de menaces du président soudanais Omar el-Béchir de fermer l'oléoduc transportant le pétrole sud-soudanais vers la mer Rouge.

"Nous avons décidé d'un nouvel environnement en faveur du dialogue (...), nous ne voulons pas revenir au point de départ", a affirmé à l'AFP le ministre sud-soudanais de l'Information, Barnaba Marial Benjamin.

"Il y a des canaux pour discuter de cela, nous pensons qu'il n'est pas nécessaire d'en parler publiquement et de lancer toutes ces accusations", a estimé M. Benjamin.

Lundi, le président Béchir avait menacé de "fermer complètement l'oléoduc" transportant le pétrole sud-soudanais vers le terminal soudanais de Port-Saïd, si Juba reprenait son soutien aux rebelles en lutte contre les forces de Khartoum.

"Nous avertissons le gouvernement du Sud que s'il fournit le moindre soutien au Mouvement populaire de libération du Soudan -Nord (SPLM-N) ou aux rebelles du Darfour, nous fermerons complètement les oléoducs", avait déclaré M. Béchir. "Nous saurons s'ils arrêtent de les soutenir, et s'ils les soutiennent", avait-il assuré.

"Le pétrole bénéficie aux deux pays", a réagi M. Benjamin. Si Khartoum ferme l'oléoduc, "cela privera les peuples soudanais et sud-soudanais d'importantes sources de revenus pour renforcer les économies" des deux pays.

"Nous ne soutenons pas le SPLM-N (...), ce n'est pas dans l'intérêt des deux nations", a réaffirmé M. Benjamin.

Le 7 mai, Khartoum avait annoncé que le pétrole sud-soudanais coulait à nouveau dans la principale infrastructure pétrolière soudanaise à Heglig.

Cette reprise après plus d'un an d'arrêt de la production au Soudan du Sud, qui a fait sécession en juillet 2011, a été possible grâce à une série d'accords signés en mars par les deux pays, fixant en particulier un calendrier précis concernant la reprise des exportations pétrolières du Sud, dépendantes des infrastructures du Nord.

Heglig, qui se trouve le long de la frontière contestée avec le Soudan du Sud, est le point de départ de l'oléoduc qui court sur 1.500 km jusqu'au terminal de Port Saïd sur la Mer rouge.

Cet oléoduc doit permettre d'exporter le pétrole soudanais, qui peut générer des milliards de dollars de revenus pour les deux pays pauvres, une fois reprises les exportations.

Mais Khartoum accuse régulièrement le Soudan du Sud de soutenir les rebelles combattant au Kordofan-Sud et le Nil bleu, ce que Juba dément.

AFP

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