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Assemblées Générales de la BAD : La transformation structurelle de l’Afrique au menu

Les années 1980 et 1990, au cours desquelles les pays africains ont connu crises économiques et faibles taux de croissance, relèvent aujourd'hui du passé. Depuis le début des années 2000, les pays du continent ont affiché, globalement, des taux de croissance robustes. On avance un taux de croissance moyen de 5,2 % sur la décennie écoulée. Et selon les projections de la Banque Mondiale, l'Afrique devrait enregistrer un taux de croissance de 5,6 % en 2013 après 5,3 % en 2012. Cette situation a conduit à la baisse de l'extrême pauvreté au sein du continent.

Toutefois, pour amorcer un véritable décollage, l'Afrique doit se transformer structurellement. Et c'est pour accompagner cette nouvelle vision que la 48ème Assemblée annuelle  de la Banque africaine de développement (BAD) et la 39ème Assemblée du Fonds africain de développement (FAD), qui se tiennent du 27 au 31 mai à Marrakech, au Maroc, ont pour thème la «Transformation structurelle de l'Afrique». «L’Afrique a besoin d'une transformation structurelle pour se propulser vers une croissance inclusive », souligne le rapport de la BAD, qui cite les taux élevés de chômage et de sous-emploi, chez les jeunes et les femmes en particulier, comme l’une des principales difficultés auxquelles le continent est confronté aujourd’hui.

Et pour se métamorphoser, l'Afrique doit s'appuyer sur son immense potentiel dans certains domaines : les infrastructures, les ressources naturelles, la démographie, l'agriculture, l'urbanisation, l'innovation technologique, etc.

Les infrastructures devront constituer l'un des moteurs de cette croissance. En effet, sur le moyen terme, l'Afrique a besoin de quelques 390 milliards de dollars pour résorber en partie son déficit en routes, autoroutes, aéroports, ports, eau, énergie, équipements universitaires, etc. Au niveau de l'énergie uniquement, les investissements sont évalués à plusieurs milliers de milliards de dollars sur un plus long terme afin de faire face à l'urbanisation galopante du continent et à son industrialisation. Pour financer ces infrastructures, l'Afrique peut compter sur ses ressources naturelles, qui contribueront annuellement pour plus de 30 milliards de dollars aux recettes publiques au cours des 20 prochaines années, selon les estimations de la BAD. D'ailleurs, certains pays africains exportateurs de matières premières ont commencé à émettre des euro-obligations pour les infrastructures, sur la base des revenus générés par les ressources naturelles. En clair, les choix des politiques publiques devraient viser une meilleure exploitation des ressources naturelles pour une croissance durable et généralisée.

 

Changement nécessaire des mentalités des élites

 

En outre, il ne peut y avoir de transformation structurelle du continent sans celle du secteur agricole. Selon M. Ibrahim Diarra, Directeur Exécutif du Centre Ivoirien de recherches Economiques et Sociales (CIRES), Côte d'Ivoire, «l'agriculture doit être l'un des moteurs de cette transformation structurelle de l'Afrique, sachant qu'elle emploie encore presque les 3/4 de la population du continent». Selon les experts, la transformation de ce secteur va contribuer directement à la chaine de valeur agro-industrielle, atténuer la facture des importations de produits agricoles et alimentaire, générer de l'épargne au profit des ménages et réduire les inégalités spatiales au sein des pays africains.

En résumé, la transformation structurelle du continent doit ainsi renforcer les capacités productives, assurer la sécurité alimentaire et énergétique, gérer l'effet de la volatilité des prix des matières premières, réduire le taux de chômage élevé chez les jeunes, améliorer l'infrastructure et l'intégration régionale, renforcer la mobilisation des ressources financières nationales, promouvoir le secteur privé, etc.

Toutefois, pour Mme SSewanyana, Directrice Exécutive du Centre de recherche en Politiques Economiques (CRPE), d'Ouganda, «les obstacles à la transformation du continent sont nombreux : non disponibilité des données statistiques fiables pour élaborer des stratégies, non disponibilité des capacités technologiques, problème de financement, manque d'implication des pouvoirs publics, faiblesses de la gouvernance, faible disponibilité de ressources humaines qualifiées, etc ». De plus, soutiennent les experts du panel : «Politiques pour la transformation structurelle de l'Afrique : quel rôle pour les clubs de réflexion ?», «pour une transformation structurelle de l'Afrique il faut changer les comportements, notamment ceux des élites africaines et mettre en place des cellules de réflexions indépendantes sur le développement à dimension régionale pour dépasser la problématique de la taille des Etats africains».

MD 

La Nouvelle Tribune

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