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Etat d’insalubrité inqualifiable du Canal 4 : L’incivisme des Dakarois dicte sa loi

«Si tu veux la paix, respecte ton environnement.» Ce message inscrit sur le mur du groupe scolaire Saint-Pierre, censé s'adresser à la population du quartier, n'a visiblement aucun effet sur celle-ci. Le lancement officiel hier du curage des canaux d'évacuation des eaux de pluie, présidé par le maire de Dakar Khalifa Sall, a permis de constater le peut de respect que les Dakarois, de Taïba Grand-Dakar, et les Zones A et B, accordent à leur milieu.

Dans le Canal 4, visité en différents endroits, on est d'abord surpris de constater que cette conduite destinée uniquement à drainer des eaux pluviales déverse du liquide noir en longueur de journées, en pleine saison sèche. Ce qui veut dire donc que des branchements clandestins existent dans tous les coins du quartier où il y a pourtant le réseau de l'Office national de l'assainissement du Sénégal (Onas).

Mais cela n'est rien par rapport aux déchets qui y sont déposés. Pneus, bassines, bouilloires, branches d'arbre, matelas et même cadavre d'animal, tout y est. Khalifa Sall résume la situation dans des termes qui cachent mal son indignation : «Ce qu'on a constaté, c'est que des canaux à ciel ouvert qui auraient du rester secs jusqu'au début des pluies sont aujourd'hui pleins, sales et encombrés. (...) On aurait même pu trouver des personnes mortes.»

Les tas d'immondices sortis du canal en sont la preuve parfaite. Le témoignage des populations est encore plus pathétique. «Ici les gens ne sortent même pas de chez eux. Ils restent dans les maisons et, par-dessus leur mur, jettent leurs déchets dans le canal. A tout moment, on voit, venant de cette maison à étage, des tas d'ordures lâchés de la terrasse.» La conséquence première est qu'une odeur fétide se dégage tout autour. A cela s'ajoute les vers de terre qui pullulent et qui tentent de remonter à la surface. Ce qui veut dire qu'une menace liée à une maladie n'est donc jamais loin. Tout ceci, nonobstant le fait que ce travail de curage qui coûtait d'habitude 50 à 100 millions augmentera entre 200 et 300 millions, si l'on en croit l'ancien maire de Grand Yoff. Un programme de couverture est donc à l'étude.

Et comme si cela ne suffisait pas, certains habitants sont venus coller les murs de leur maison sur le canal, prenant ainsi l'espace qui naguère lui était réservé. Une habitante plus indélicate n'a pas trouvé mieux que d'intégrer totalement le canal dans sa maison et de construire son garage au dessus de celui-ci. Les autorités ont beau sonner à la porte, personne n'ouvre. La discussion a tourné un instant sur la question de savoir si elle a une autorisation ou pas. Mais, face à une telle situation, le maire de Dakar n'entend faire preuve d'aucune faiblesse. «Envoyez-lui une sommation», ordonne-t-il à ses collaborateurs. «De toute façon, nous allons démolir. Si elle a une autorisation, elle va la montrer et nous allons la dédommager», tranche-t-il.

Sensibilisation et mesures coercitives

Quant au comportement des habitants en général, Khalifa Sall pense qu'il faut de la sensibilisation, de l'information et de l'éducation. «Nous en appelons au civisme et à la responsabilité», dit-il, tout en invitant également à une implication de tous, quitte à dénoncer son voisin s'il se signale par une mauvaise conduite. Et Khalifa Sall de rappeler pourquoi il s'était opposé aux représentants de la Banque mondiale, favorables à des canaux à ciel ouvert, lors du conseil présidentiel sur les inondations.

«Ce que nous vivons ici et que les collègues de Rufisque vivent, c'est ce qu'on va vivre à Pikine (où des constructions de canaux non couverts sont en cours). On va construire des canaux ouverts et les populations vont y faire des branchements clandestins et déverser leurs ordures», regrette-t-il sans oublier de faire remarquer qu'en dépit de leurs res­ponsabilités elles-mêmes, les habitants vont toujours accuser l'Etat et la municipalité en cas d'inondations. Si la sensibilisation ne marche pas, les sanctions vont donc suivre, notamment «la proposition de nouvelles mesures coercitives».

Le Quotidien

Rewmi

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