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Tunisie : les participants présumés à l’attaque de l’ambassade américaine clament leur innocence

Vingt participants présumés à l’attaque en septembre de l’ambassade des États-Unis à Tunis ont clamé leur innocence mardi au premier jour de leur procès organisé notamment en vertu d’une législation antiterroriste controversée. Interrogés un à un par le juge, chacun des prévenus, dont neuf sont en détention provisoire, a nié avoir, suivant les cas, participé à la manifestation ou d’avoir attaqué l’ambassade et les policiers présents.
Les avocats ont ensuite vivement dénoncé ce procès et réclamé un non-lieu, estimant que la justice tunisienne se soumettait aux désirs de l’Occident. « Ces protestations (devant l’ambassade) s’inscrivaient dans une réaction spontanée dans tout le monde (musulman) contre les atteintes à nos symboles sacrés », a déclaré devant le juge Maître Slah Barakati. « Ces Tunisiens sont traduits devant le tribunal pour faire plaisir aux Etats-Unis et à l’Union européenne », a-t-il martelé.
Une autre avocate a dénoncé des « aveux arrachés par la police sous la pression et les menaces ». Des centaines de manifestants avaient attaqué le 14 septembre 2012 l’ambassade américaine à Tunis pour dénoncer la diffusion sur internet d’un film islamophobe produit aux États-Unis. Des manifestations similaires avaient eu lieu dans de nombreux pays musulmans ce jour-là. Quatre assaillants avaient été tués et des dizaines de personnes blessés lors des violences à Tunis. La représentation diplomatique et l’école américaines avaient été partiellement incendiées et saccagées.
Selon le gouvernement, ces heurts avaient été organisés par Abou Iyadh, un vétéran d’Al-Qaïda en Afghanistan et le chef du principal mouvement salafiste jihadiste tunisien Ansar Asharia. Aucun des hauts responsables de cette organisation ne sont jugés dans cette affaire, alors qu’Abou Iyadh échappe à la police depuis huit mois. Un autre avocat des accusés, Abdelbasset Ben Mbarek a pour sa part indiqué que le parquet avait engagé les poursuites contre les 20 prévenus dans le cadre de la législation antiterroriste. « Ils sont traduits essentiellement en vertu de la législation antiterroriste et risquent de lourdes peines », a indiqué à l’AFP l’avocat.
La législation antiterroriste tunisienne, adoptée en 2003 lorsque le président Zine El Abidine Ben Ali était encore au pouvoir, est très critiquée, ce texte traitant de manière très large de la notion de « terrorisme ». Le gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda a à maintes reprises promis de réformer cette loi critiquée par les défenseurs des droits de l’Homme, tout en précisant qu’elle sera appliquée d’ici là. Cette législation avait pourtant été utilisée par le régime de Ben Ali, renversé par la révolution de janvier 2011, pour réprimer les activités des militants et dirigeants d’Ennahda. La Tunisie connaît un essor de la mouvance jihadiste depuis la chute de M. Ben Ali. Le 19 mai, des affrontements entre policiers et militants d’Ansar Asharia ont fait un mort et une vingtaine de blessés à Tunis.
AFP

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