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Mea culpa

Par Karim Barketallah

Dans la vie, si on ne s'arrête pas un moment pour regarder un peu dans le rétroviseur, si on n'évalue pas ses actions, qu'on ne fait pas son auto critique pour capitaliser de ses erreurs, on n'avance pas
C'est ce qu’il m'arrive de temps à autres de faire et la, j'aimerai faire mon mea culpa
1- Ettakatol : J'ai adhéré à ce parti quelques semaines après la révolution comme j'aurai pu adhérer au PDP car pour moi il fallait intégrer l'un des grands partis du moment pour éviter que nos voix se perdent. Toutes mes actions que j'ai faites au sein de ce parti, je les ai faites de bonne foi faisant confiance en ceux qui le dirigeaient. J'ai entrainé derrière moi des centaines de personnes et me suis attaqué a tous ceux qui n'étaient pas dans mon camp. La signature de l'Organisation Provisoire des Pouvoirs dans sa première version et qui a vu Ettakatol tout céder a Ennahdha a été le déclic pour moi pour quitter le parti auquel je me suis donné sans compter. J'ai fait une erreur. J'en tire les conséquences et fais ici mon mea culpa
2- Azlam ennidham : Après la révolution, je me suis pris de manière, parfois violente, aux symboles du régime déchu. Erreur. Car je me devais de discerner et de ne pas m'attaquer en bloc à tout le monde. On ne peut reconstruire un pays en faisant table rase de son passé. Il faut construire le présent en alchimie avec le passé. J'en tire les conséquences et fais ici mon mea culpa
3- Vivre ensemble : Pendant très longtemps j'ai cru que les islamistes et les progressistes pouvaient coexister. Erreur. Eux ont une vision de la société. Nous en avons une autre. Jamais ils n'accepteront que la Tunisie soit un pays démocratique, civil, ou la liberté de croyance, de conscience et la liberté de parole soient érigées en règles de vie. Leur modèle est l'émirat, le notre est le progrès. Dommage d'en arriver à ce constat car cette Tunisie peut être riche de sa diversité et de ses contradictions. Mais pour eux, la Tunisie ne peut qu'être une terre d'islam en prélude au 6e califat. Encore un autre mea culpa
Cette Tunisie aujourd'hui a mal et très mal
Le mal est tellement profond que je le verrai mal se dissiper avant plusieurs et plusieurs années
Il est important aujourd'hui que l'on soit véritablement soudés et solidaires car notre combat est encore bien d'avantage plus dur que le combat qui a été mené contre Ben Ali et son entourage.

Les Tunisiens sont en train de tenter de préserver leurs acquis et de sauver un modèle de société face à des gens qui ne croient ni en la démocratie ni en les libertés

Par Karim Barketallah le 27 mai 2013

Tunisie Focus

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