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Tout droit dans le mur ! (Par Madiambal Diagne)

On l'avait dit sur tous les tons, mais il reste une constante, l'économie du Sénégal sombre et tous les signaux sont au rouge. Le 25 mars dernier, à l'an 1 de l'accession de Macky Sall au pouvoir, nous écrivions notamment ces lignes : «12 mois ! C'est un délai évidemment trop court pour observer le résultat de réformes qui auraient pu être mises en ½uvre.

Un constat s'impose néanmoins : aucune réforme économique de fond n'est à l'½uvre et le gouvernement actuel semble faire du surplace. Après quelques avancées notamment sur le registre de la bonne gouvernance, il recule. Cela crée un climat de grande incertitude.» Cette chronique nous a valu quelques procès en sorcellerie ! Mais voilà que les structures les plus officielles de l'Etat du Sénégal rendent public le bulletin de santé catastrophique de l'Economie nationale. Tout est en recul dans ce pays, si l'on en juge par les constatations de la Direction de la Prévision et des Etudes Economiques (Dpee) rendues publiques le 15 mai 2013 dans sa note de conjoncture économique du premier trimestre de l'année 2013. On en voit d'ici qui vont encore leur faire l'insulte de parler de vulgaire complot de hauts fonctionnaires contre les banquiers du gouvernement. Mais enfin, regardons les chiffres de la Dpee.

La croissance de l'activité économique interne se limite à 2%, contrairement à des prévisions annuelles trois fois supérieures. L'emploi salarié dans le secteur moderne a enregistré une baisse de 2,5%, attribuable au recul des effectifs dans les secteurs secondaire et tertiaire. La production dans le secteur des industries extractives, en dépit de la bonne tenue des industries du sel suite à une demande extérieure croissante, est en baisse de -21,6%. Il est noté une chute libre de la production de phosphates (-28,9%). Comme pour corroborer cette situation maussade, le vendredi 24 mai 2013, à l'occasion d'une réunion de coordination au ministère des l'Economie et des Finances, il a été révélé que pour la première fois de leur histoire, les Industries chimiques du Sénégal (Ics) n'ont pas fait de déclaration de fiscalité sur les salaires du mois dernier. Cette situation est corroborée par la Senelec qui publie des chiffres qui montrent une baisse de 11% de la consommation des Ics en électricité.

Toutes les niches de recettes publiques ou de création de richesses connaissent des difficultés. La note de conjoncture de la Dpee signale une baisse de 22,2% dans le secteur du raffinage du pétrole ainsi qu'un recul aussi inquiétant de l'activité de fabrication de produits chimiques au premier trimestre de 2013.

L'activité de fabrication et de commercialisation de produits chimiques s'est contractée de 28,6% en variation trimestrielle. Cette évolution est portée par la production d'acide phosphorique (-19,7%) et de l'engrais (-19,7%). En glissement annuel, l'activité de la branche affiche un repli de 11,6%, imputable à la production d'acide phosphorique et des produits cosmétiques (savons, parfums et produits d'entretien).

Comparée au premier trimestre de l'année 2012, l'activité des cimenteries a connu un repli de 8,7%. L'activité dans le secteur tertiaire a enregistré, au premier trimestre de 2013, une hausse de 0,8% par rapport au dernier trimestre de 2012. Cette évolution résulte de la bonne tenue des services de transports (25,3%), des activités immobilières (7,8%), des activités de santé et d'action sociale (26,5%), des services d'hébergement et de restauration (5,3%) et des autres services (2,3%). Toutefois, le repli du commerce (-4,8%), des postes et télécommunications (-2,1%), et des services financiers (-9,4%) a atténué cette performance.

Les enquêtes de la Dpee ont montré que «le premier trimestre de 2013 est marqué par un environnement des affaires précaire pour l'ensemble des sous-secteurs». En effet, la proportion d'industriels ayant évoqué cette difficulté se situe à 69,3%, alors que la proportion d'entrepreneurs des BTP qui se sont plaints de la même contrainte s'est établie à 69,5%.

Concernant les prestataires de service, 63,3% d'entre eux se plaignent de l'environnement des affaires. La concurrence déloyale (16,4%), les lourdeurs administratives (11,5%) et la fiscalité (11,3%) sont à l'origine de cette évolution. Pour ce qui est du commerce, un environnement des affaires peu favorable aux activités économiques a été déploré par 60,8% des enquêtés, en rapport avec la concurrence déloyale (16,2%), les lourdeurs administratives (9,7%) et la fiscalité (9,2%).
L'activité du commerce, au premier trimestre de 2013, a enregistré une baisse de 4,8% en liaison avec le repli des importations (-16,8%). Sur un autre registre, les activités de pêche ont baissé de 5,2% et la Dpee explique ce phénomène par les perturbations météorologiques.

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant de faire le constat, avec les services du ministère de l'Economie et des Finances, de la baisse des recettes budgétaires. Mais paradoxalement les dépenses de fonctionnement de l'Etat connaissent une hausse. Par exemple les dépenses courantes ont crû de 30,5 milliards (+12,7%) pour s'établir à 271,3 milliards en fin mars 2013. Cette évolution reflète la progression des dépenses de fonctionnement et dans une moindre mesure de celles de personnel. En effet, les dépenses de fonctionnement sont estimées à 135,6 milliards, soit un accroissement de 24,6 milliards (+22,2%). Quant à la masse salariale, elle a enregistré une hausse de 2,5 milliards (+2,2%) pour se chiffrer à 113,8 milliards sur les trois premiers mois de 2013.
Ce tableau de la situation nationale, dépeint par les propres économistes de l'Etat, devrait préoccuper d'autant qu'elle risque de s'empirer avec la situation de plus en plus difficile d'un autre fleuron de l'économie sénégalaise à savoir la Compagnie sucrière sénégalaise qui ne sait plus que faire de ses milliers de tonnes de sucre en stock et qui menace de mettre du personnel en chômage. La sucrerie versait mensuellement quelque 700 millions de francs rien que pour la Tva. Ce qu'elle ne fait plus depuis quelque temps. Aussi, en dépit du Sos lancé en décembre 2012 par le Président Macky Sall sur le sort des entreprises en difficulté, le gouvernement ne peut annoncer la moindre mesure entreprise pour soulager ces entreprises. Du reste, on découvre avec la Dpee que finalement, toutes les entreprises sont en difficulté ! C'est plus un véritable problème de politique économique qui se pose au gouvernement.

Madiambal Diagne

Rewmi

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