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Anciens ministres et anciens députés : les enfants gâtés de la République

Ils sont des dizaines, pour ne pas dire des centaines à bénéficier de ce privilège depuis l'Indépendance. Ils mènent la belle vie aux frais de l'Emir! Les anciens ministres vivent en douceur. Ni tracas, ni ennui pour le budget après le terme de leur fonction et mission. La République leur garantit le même salaire à vie. Un luxe jamais acquis par leurs homologues sous d'autres cieux.

Peu importe la durée du mandat au sein du gouvernement, le salaire et les avantages sont les mêmes. Ils sont des dizaines pour ne pas dire des centaines à bénéficier (à avoir bénéficié) de ce privilège depuis l'Indépendance. En plus des salaires, certains jouissent de logements et des véhicules de fonction que très peu d'entre eux remettent à l'Etat une fois leur mission achevée.

La résidence d'Etat de Club des Pins compte des dizaines de ces cas. Une situation qui motive opportunistes et hommes d'affaires à se faire une place au «soleil» du gouvernement. Contrairement à notre pays, en France (par exemple) les anciens ministres ne touchent pas de salaire à vie.

Ils reçoivent en revanche, des indemnités de cessation de fonction pendant les six mois qui suivent leur départ, à la seule condition de ne pas reprendre une autre activité rémunérée et de ne pas récupérer leur éventuel siège de parlementaire.

Cette rémunération est égale au salaire touché pendant leur mission (environ 14.000 euros bruts pour les ministres et 13.300 pour les secrétaires d'État). Ce qui n'est pas le cas en Algérie. Les anciens ministres sont très gâtés par la République. Ces derniers ne sont pas ligotés par la législation.

Tout en bénéficiant des avantages que leur confère la fonction de ministre, ils sont libres de pratiquer n'importe quelle activité libérale ou fonction au sein de l'Etat.

Certains se sont reconvertis en consultants internationaux, d'autres sont revenus à la politique par la députation. Habitués aux feux de la rampe et aux gratuités, ils sont nombreux ces derniers à se bousculer sur les listes électorales des élections législatives.

L'exemple effarant est celui de 2007: plus de la moitié des membres de l'Exécutif ont été élus députés soit dix-sept ministres. Un fait jamais enregistré dans les annales de la politique du pays.

Pourquoi? La réponse est un secret de polichinelle pour l'opinion publique. C'est la recette pour consolider ses acquis ou devenir un nouveau riche. En cumulant le salaire de ministre et de député, ces responsables se retrouvent avec un revenu mensuel qui dépasse les 60 millions de centimes, outre les avantages dont ils bénéficient par ailleurs.

Des véhicules de fonction, aux factures de téléphone en passant par les bons d'essence, toutes charges couvertes par le Trésor. D'autres ministres n'ont pas eu à se casser la tête pour revenir au-devant de la scène. Sur la liste du «tiers présidentiel», de nombreux ministres sont parachutés au Sénat.

A l'exception de Nacer Mehal et Noureddine Moussa, les anciens ministres «libérés» du gouvernement à l'issue du remaniement ministériel, opéré le 24 mai 2012, ont été casés au tiers présidentiel du Conseil de la nation. Six ministres ont ainsi été désignés pour siéger dans la «prestigieuse» chambre haute du Parlement. Une décision qui n'a pas été du goût des sénateurs ni des partis politiques. Pourquoi reconduire les mêmes personnes au Sénat alors qu'ils ont brillé par leur «incompétence» à la tête de leurs départements ministériels, s'interrogeaient les uns et les autres.

Or, la vraie question est de savoir ce que donnent en contrepartie ces responsables à la République? Rien de spécial. Hormis l'adoption des projets de loi qui passent comme une lettre à la poste, les sénateurs ne font aucun effort. Ni proposition de loi, ni rencontre de proximité avec les citoyens. En fait, rarement présents au Conseil de la nation, les sénateurs sont constamment en vacances. Le règlement les arrange parfaitement et les dispense de tout problème. La chambre haute n'a aucune prérogative, elle n'a ni le pouvoir de proposer des projets de loi ni le droit d'amender un texte de loi.

En dehors des plénières, les couloirs du Sénat sont désertés. Certains sénateurs se rendent régulièrement au Sénat histoire de passer le temps et de discuter avec leurs collègues sans autrement se soucier des problèmes qui se posent à la société. Devant tous les problèmes inhérents aux grèves et mouvement des gens du Sud, le Parlement (APN et Conseil de la nation) n'a pas joué son rôle comme celui d'ouvrir des enquêtes et des débats et, éventuellement, concourir à trouver des solutions aux problèmes dont souffre la société.

Le Parlement est devenu plus une institution budgétivore qui n'est pas au service de la société. A la fin de leur mandat, les parlementaires reçoivent une indemnité qui équivaut à dix mois de salaires en attendant de retrouver leurs anciens postes et fonctions.

Lu sur l'Expression 

Algérie Focus

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