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Stériliser les moustiques pour éradiquer le paludisme

Dans leur lutte contre le fléau du paludisme, qui cause chaque année entre un et trois millions de décès et tue un enfant toutes les 45 secondes en Afrique, les scientifiques cherchent et testent sans cesse de nouvelles idées pour tenter d'éradiquer la maladie.

Après les chaussettes sales pour piéger les moustiques, les chercheurs veulent désormais modifier les capacités reproductrices des insectes mâles afin qu’ils ne fécondent plus les femelles, vecteurs de la maladie, et ne perpétuent donc pas la principale espèce vecteur de la malaria en Afrique, l'Anophele gambiae.

Le site Actualités News Environnement révèle que les scientifiques de l’Imperial College London, qui ont mené l’étude, ont stérilisé des moustiques mâles en neutralisant un gène  nécessaire pour la production de sperme:

«Dans la lutte contre la malaria, beaucoup espèrent que la capacité de contrôler génétiquement le vecteur moustique sera un jour un élément clé de notre artillerie», note Flaminia Catteruccia, du département de l'université britannique responsable de l’étude.

L’espoir suscité par cette expérience est d’autant plus grand que les chercheurs ont prouvé qu'une fois qu'elle s'est reproduite avec un mâle —même stérile—, la femelle Anophele gambiae, qui ne s’accouple qu’une fois dans sa vie, ne tente pas de multiplier les fécondations pour assurer une reproduction efficace, et ce même si les œufs produits ne sont pas fertiles.

Un constat qui satisfait les scientifiques, car des études sur d’autres espèces de moustiques ont montré la tendance des femelles à se reproduire avec plusieurs mâles pour garantir la fertilité de leurs œufs.

La méthode des chercheurs a donc consisté à créer des mâles stériles en injectant dans des œufs de moustiques une protéine perturbant le développement de leur appareil sexuel, les empêchant de produire du sperme une fois adulte.

Dans son rapport 2010, l’Organisation mondiale de la santé note la résistance croissante des moustiques aux principaux insecticides, surtout en Afrique. Des campagnes de sensibilisation sont régulièrement organisées sur le continent, comme au Cameroun fin juillet.

Au-delà de la lutte contre le paludisme, cette découverte pourrait aussi servir à enrayer d’autres maladies dont la dengue, qui touche 50 millions de personnes, et la filariose, toutes deux transmises par les piqûres des moustiques.

Lu sur Actualités News Environnement