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Monarchie bananière

Il y a, comme une injustice, qui est faite à ces République bananières, qu'elles soient d'Amérique centrales ou d'Afrique, qui ont été qualifiées, de la sorte, du fait que l’appareil étatique, y est corrompu à tous les échelons, ce qui permet à une caste, détenant, tous les pouvoirs, de s’y maintenir, indéfiniment, par divers moyens, en général, toujours, les mêmes : prévarication sur le bien public, corruption, détournement ou captation, des revenus économiques, par appropriation ou surtaxassions, maintien des populations, dans la terreur, grâce à une police, et/ou une milice et/ou une armée, au service, exclusif, du pouvoir. En plus, bien évidemment, des couteuses organisations, d'élections truquées, assurant aux caciques du régime, leur réélection quasi-automatique. A ce titre là, et selon cette définition, la Tunisie était bien, une République bananière, avant le 14 janvier 2014. Il est utile de le rappeler, à l'intention des nostalgiques de ZABA, qui sont de plus en plus nombreux, à manifester leur rêveries insensées.

Vous vous demandez pourquoi personne n'a eu l'idée, avant le 14 janvier 2010, de qualifier la Tunisie, d'être une République bananière ? La réponse est, pourtant, d'une simplicité ahurissante : Le pays ne produisait pas de bananes. Il en importait des milliers de tonnes, au seul bénéfice de Belhassen Trabelsi. Mais, si l'on veut bien y réfléchir, l'expression de « République bananière »a, toujours, désigné certains pays d’Amérique centrale et de la mer des Caraïbes. Sa première utilisation remonte au vingtième siècle naissant. Elle est apparue, en 1904, sous la plume de l’écrivain américain O. Henry, qui vivait, alors, au Honduras. Dès cette époque, et durant une cinquantaine d'années, la « United Fruit Company »,un grand producteur américain de bananes, finançait et ordonnait des coups d’États, en Amérique centrale, pour mieux conduire ses activités. L'expression « République bananière », s’est, étendue, par la suite, aux pays qui, sous les apparences de républiques constitutionnelles, tendent, plutôt, vers l’économie palatiale et la dictature, policière ou militaire.

C'est pour ces raisons, que la notion de « République bananière » est, souvent, employée, pour qualifier des faits, supposés ou prouvés, de corruption et/ou d’abus de pouvoir, surtout, dans les pays africains subsahariens. L'injustice évoquée ci haut, vient du fait, que la plupart des pays du tiers monde répond aux « critères » qui permettent de les qualifier, incontestablement et durablement, dans la catégorie de « République bananière » et, notamment, les pays arabes, monarchies, pétrolières, comprises.

Intéressons-nous, maintenant, à ces pays arabes. En règle générale, dans ces contrées, l’État est le principal pourvoyeur d’emploi, alors que le pays, en tant que tel, ne produit rien et ne fait que laisser exploiter, par des compagnies étrangères, les multinationales, particulièrement, ses ressources minières. Les dividendes d’exploitation, directement reversés, à l’État servent, théoriquement, à faire fonctionner le pays, et c'est, pratiquement, là la seule ressource du budget de l'Etat. Pour les monarchies pétrolières, c'est la manne, la plus formidable, de l'histoire de l'Humanité, que sont le pétrole et le gaz, qui leur permet de se maintenir, à flot. Mais, il se trouve que les ressources du sous sol s’épuisent, bien avant d’atteindre le but, que devraient leur assigner ces pays, c'est-à-dire, le financement, le fonctionnement et le développement, véritable, du pays, en raison des détournements, gaspillages, corruption, etc.

Cela aboutit, finalement, à une situation de faillite économique constante, plus ou moins, compensée par des aides internationales, elles-mêmes, à leur tour détournées ou gaspillées, par un pouvoir corrompu. C'est le cercle vicieux qu''aucun cercle vertueux ne vient compenser ou corriger. C'est, exactement, le schéma que l'on observe, dans les pays arabes, non pourvus de ressources pétrolières ou gazières servant de cache misère et d'écran, protecteur. Dans ces pays, peu nantis, le peuple, majoritairement, employé dans la fonction publique, reste, généralement, très passif, car, totalement, dépendant des salaires, versés par l'Etat. N'eût été, le geste, ô, combien catalyseur, d'un certain Mohamed Bouazizi, nous n'en serions pas là, à en parler, non pas, parce que vous n'auriez pas eu accès, à ces quelques lignes, mais, parce que je n'aurais, même pas, imaginé, les écrire.

Ainsi, le schéma de fonctionnement des pays d'Amériques centrales, qualifiés, en 1904, par l’écrivain américain O. Henry, de « République bananière »,se vérifie, parfaitement, pour tous les pays arabes, sans exception, avant et après le 14 janvier 2011. De ce point de vue, cette date ne signifie, strictement, rien, car, il s'agit là, d'un non événement. Cela explique, notamment, pourquoi la crise du bassin minier de Gafsa, tarde, tant, à être réglée. Les nouvelles autorités n'ont aucun intérêt, en effet, à ce que les règles de gestion, des ressources du sol, changent, vers plus de transparence et de justice sociale, car celaremettrait, en cause, tous les privilèges du pouvoir, tel qu'il est pratiqué dans une « République bananière ».De plus, il se trouve que le phosphate est la seule richesse naturelle, de la Tunisie. Les nouvelles autorités jouent, le pourrissement de la situation, en versant, devant le grand public, de temps en temps, quelques larmes de crocodiles, sur les revenus perdus, afin de remettre la main, sur la manne phosphatées, pour s'empresser, ensuite, d'en confier l'exploitation, à cette nouvelle multinationale, qu'est le Grand et Gigantesque Qatar (GGQ).

Mais l'injustice, dont je parlais, au début de cet article, ne vient pas de là. Ce qui vient d'être énoncé n'est, en fin de compte, que le rétablissement d'une vérité, longtemps, occultée. L'injustice viendrait, plutôt, du fait que depuis 1904, personne ne s'est avisé de rectifier le tir, en réajustant l'expression inventée par l’écrivain américain O. Henry. Ce dernier a vécu, essentiellement, en Amérique centrale, où l'on ne compte aucune monarchie. D'ailleurs, dans toute l'Amérique, on ne compte qu'une seule monarchie, dont le souverain ne réside, même, pas sur ce continent. Aucun autre écrivain, journaliste ou, même simple scribouillard n'a osé, inventer l'expression de « Monarchie bananière ».En tant que scribouillard tunisien, j'ose franchir le pas. Je l'atteste, ici, même, en ce lundi, 27 mai 2013, 109 ans, après Jésus Christ, pardon, je m'égare, là. Donc, 109 ans après O. Henry, je viens d'inventer l'expression : « Monarchie bananière ».J'en ris, car, O. Henry, là où il se trouve, maintenant, doit être fier de moi. J'ai complété son ½uvre, monumentale, au regard de la postérité. J'espère, seulement, qu'il n'est pas en enfer.

Mon dessein n'est, nullement, polémique ou abstrait. Encore moins, une gymnastique intellectuelle ou une vue de l'esprit. Et pour cause, Je peine, tellement, à ces exercices de haute voltige intellectuelle, que mon vertige des hauteurs me prend et ne me rend pas, rien que d'y penser. Pour vous le prouver et vous démontrer, du même coup, l'injustice historique, dont je parlais, en introduction, j'attire, tout simplement, votre attention, sur le fait, bien réel, bien concret, que le seul pays gouverné, par une vraie Banane, une vraie peau de Banane, devrais-je même dire, est, non seulement, une Monarchie, mais une Monarchie Arabe, qui plus est ? Qu'avez-vous à rétorquer, à cela ? Cela vous en bouche, un coin, n'est-ce pas ? Rassurez-vous, cependant, tous ceux, tousseux, qui ont gobé une Banane avec sa peau, ont eu le coin de bouche, bouché ! Tout comme leur bidet.

Inutile, je pense, de vous présenter l'irrésistible, Cheikha Banana split, revue, corrigée, rajeunie et remastérisée, à coup de bistouri et de millions de dollars. Elle est l'UNIQUE PRINCESSE BANANIERE, connue de l'histoire de l'humanité. Elle préside, avec son grassouillet époux, au destin du Grand et Gigantesque Qatar (Toujours, GGQ, en attendant mieux). A ma connaissance, GGQ est une monarchie. La Cheikha est une Banane, comestible, de l’avis, même, de nos plus grands dirigeants, toujours, en visite au GGQ, pour la déguster. Elle est, en effet, de l'espèce, la plus appréciée, dite : « Mouzah ».Maintenant, associez les deux, la Monarchie et la Banane. Qu'est-ce que vous obtenez ? « Une monarchie bananière »,n'est-ce pas ? La plus authentique, « Monarchie bananière »,de l'Histoire de l'humanité, toujours, n'est ce pas ? Toutes les autres « monarchies bananières »,devraient être, dorénavant, certifiées conformes, à celle-là, re n'est-ce pas ? Là, je me rends compte, qu'en plus d'avoir inventé l'expression, « Monarchie bananière », je viens d'inventer, par la même occasion, le LABEL de « Monarchie bananière, certifiée conforme, à Mouzah ».

À mon humble avis, la démonstration est faite. Merci pour vos applaudissements. Je cours déposer ma trouvaille, au bureau des inventions, de Genève.

 mai Par Ridha Ben Kacem le 27 mai 2013

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