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L’après-Bouteflika a commencé

Absent depuis un mois pour des soins en France, des questions se posent sur la capacité de Bouteflika à gérer les affaires du pays jusqu'en avril 2014. Des observateurs estiment que des tractations ont déjà commencé sur les scénarios possibles d'une transition douce jusqu'à l'élection présidentelle prévue dans dix mois. Dees partis politiques s'agitent, le bruit des tractations et des convulsions dans le sérail se fait entendre de plus en plus. Signe que le pays prépare désormais l'après-Bouteflika. L'élection présidentielle, qui devrait se tenir théoriquement dans dix mois, en avril 2014, risque-t-elle ainsi d'arriver avant l'heure ? Si plusieurs leaders politiques demandent instamment que l'état d'empêchement puisse être prononcé en application de l'article 88 de la Constitution, d'autres se lancent sans plus attendre dans la bataille en vue de la succession de Bouteflika, qui a bouclé un mois d'hospitalisation. Frémissements La brusque maladie du Président, qui l'a éloigné du pouvoir, a sans doute pris de court les décideurs. Elle a surtout chamboulé les scénarios prévus. Et les acteurs politiques tentent, à la faveur de cette nouvelle donne, de peser dans les projections futures. Parti très tôt, l'ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour, sillonne le pays d'est en ouest à la recherche de soutiens populaires pour sa candidature. Depuis quelques jours, le tout nouveau chef des Frères musulmans, sitôt élu à la tête du MSP, est parti à la conquête d'un électorat islamiste atomisé. Même les partis politiques dits «petits» se jettent précocement dans l'arène, pendant qu'un général à la retraite, Mohamed Tahar Yala, s'engage brusquement dans «la guerre présidentielle». C'est dire que le microcosme politique algérois et peut-être même la haute administration du pays semblent pris de la fièvre des préparatifs dans la perspective des joutes électorales. Certaines indiscrétions font état de quelques frémissements dans les arcanes du pouvoir qui ne seraient pas étrangers à la volonté des hauts dirigeants de l'administration de l'Etat de se lancer dans l'étape de l'après-Bouteflika. Selon nos informations, des tractations sont en cours dans les allées du pouvoir. Les chefs de l'armée - colonne vertébrale du régime - tiendraient, depuis l'évacuation de Abdelaziz Bouteflika en France, des conclaves et multiplieraient les consultations.  Des concertations seraient élargies jusqu'aux anciens militaires en retraite en vue d'arriver, comme à l'accoutumée, au consensus recherché.  Il faut dire que la situation est symptomatique d'un malaise certain en haut lieu. Des observateurs avertis n'ont pas manqué de souligner à quel point la maladie intempestive de Bouteflika pourrait contrarier les plans. Dans l'hypothèse où il n'irait pas au bout de son mandat présidentiel, les regards seront ainsi braqués sur toute une liste de personnalités candidates potentielles à la succession. Pas si facile de trouver «l'élu». Il faut dire que l'émergence, le choix si l'on préfère, d'une personnalité de poids pour présider aux destinées du pays doit obéir à une sélection selon des critères dont seuls les tenants du pouvoir ont le secret. La compétition se déroule, comme on a eu à le constater par le passé, dans des stratégies assez élaborées où chacun des candidats avance à pas calculés. Des noms de prétendants Dans le cercle des décideurs, ils ne sont pas nombreux à faire part de leurs intentions.  Cependant, l'on susurre par-ci par-là des noms de prétendants. L'actuel Premier ministre, Abdelmalek Sellal, serait ainsi dans les starting-blocks du régime. Depuis sa nomination au palais docteur Saâdane, il s'est «imposé» comme la première personnalité publique à mesure que Bouteflika s'effaçait des écrans radars politiques. S'il sillonne le pays pour «combler le vide», A. Sellal donne l'impression d'un homme en campagne. Pas que lui. Ali Benflis, qui a observé un silence «politique» depuis la présidentielle de 2004, n'a jamais rangé les armes. Il préparerait activement, mais dans une stricte discrétion, sa bataille pour la présidentielle.  Autre figure issue du système passée dans l'opposition mais sans jamais s'exposer à un conflit avec l'armée, Mouloud Hamrouche, chef de file des réformateurs, espère, à 70 ans, se mettre sur orbite.  En tous cas, dans tous ces scenarii, force est d'admettre que la partie n'est pas gagnée d'avance tant la nouvelle donne politique fait que le pouvoir est, en quelque sorte, mis en demeure de négocier des changements.

El Watan

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