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Guinée équatoriale: affluence mitigée pour des législatives jouées d'avance

Les bureaux de vote en Guinée équatoriale ont connu une affluence mitigée, dimanche pour les élections parlementaires et locales qui semblaient jouées d'avance en faveur du régime de Teodoro Obiang, au pouvoir depuis 33 ans.

Quelque 300.000 électeurs étaient appelés à renouveler les conseils municipaux et l'Assemblée nationale - où ne siège actuellement qu'un seul opposant sur cent députés-, et à désigner pour la première fois les 70 membres du Sénat voulu par la nouvelle Constitution.

Le scrutin a débuté vers 8 heures locales (07H00 GMT) dans le petit pays d'Afrique centrale, ex-Guinée espagnole indépendante depuis 1968, et s'est achevé vers 16 heures à Malabo.

Les bureaux de vote de la capitale ont connu une affluence relativement élevée, selon les premières estimations. En revanche à Bata, la capitale économique, les bureaux de vote avaient commencé à fermer à 13 heures faute d'électeurs, a indiqué à l'AFP un observateur mandaté par la Commission électorale nationale, Agustin Esono.

Dans le quartier populaire de Semu à Malabo, 238 électeurs s'étaient déplacés sur les 505 inscrits à l'école de Poc. "Le PDGE (Parti Démocratique de Guinée équatoriale, au pouvoir) devance tout le monde", a déclaré, sans surprise à l'AFP le président du bureau de Poc, Gabriel Ondo. Le parti présidentiel y a raflé 200 des 238 suffrages.

Au bureau de vote du quartier plus huppé de Malabo 2, le taux de participation a dépassé les 50%.

"Je viens voter pour qu'on me laisse tranquille pour faire des affaires. On ne peut pas se permettre de rester neutre dans un régime pareil, il faut faire semblant", glissait un commerçant en sortant de l'isoloir. Carlotta Mikue, vendeuse de légumes au marché, affirmait "voter PDGE, parce que c'est le parti qui apporte du développement" dans le pays.

Contacté par téléphone, l'avocat Fabian Nsué, proche de l'opposition, a assuré de son côté: "ce n'est pas la peine de voter, les résultats sont connus d'avance, le parti au pouvoir va se tailler la part du lion".

Actuellement, 99 députés sur 100 sont membres du parti présidentiel.

L'issue du scrutin ne fait aucun doute: le PDGE a formé une coalition électorale regroupant la quasi-totalité des partis du pays. Seuls deux partis d'opposition, la Convergence pour la démocratie sociale et l'Action populaire, présentent des candidats indépendants.

Les résultats définitifs devraient être connus "dans les prochains jours", a indiqué une source de la Commission électorale, sans autre précision.

 Aujourd'hui âgé de 70 ans, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo avait été porté au pouvoir en août 1979 par un coup d'Etat qui avait renversé son oncle Francisco Macias Nguema. Puis l'ancien militaire a été élu président à quatre reprises, avec des scores officiels dépassant à chaque fois les 95%.

Le chef de l'Etat tente depuis quelques années de modifier l'image de son petit pays pétrolier de 700.000 habitants souvent qualifié de "dictature" par les défenseurs des droits de l'Homme.

Opposants emprisonnés

"Ce sont des élections bidons, comme les autres scrutins organisés par la dictature d'Obiang. Si je me présente, c'est pour alerter l'opinion publique internationale", a affirmé à l'AFP Placido Mico, l'unique député d'opposition à l'Assemblée. "Une heure après l'ouverture des bureaux de vote, j'ai été informé qu'il y avait déjà des irrégularités et des fraudes un peu partout. Il y a des gens du PDGE qui votent quatre fois, et dans certains bureaux en province, il n'y a qu'un seul bulletin du PDGE, celui de mon parti (CPDS) a disparu", a-t-il accusé.

Dimanche, une forte présence militaire était visible dans Malabo et la circulation automobile était coupée sur les grandes artères de la capitale.

Aucun incident n'avait été rapporté en fin de journée, mais le scrutin se déroulait dans un climat tendu avec l'opposition, une manifestation contre le régime ayant été empêchée le 15 mai. Plusieurs opposants arrêtés ces dernières semaines restent par ailleurs emprisonnés.

"Nous sommes un pays de paix et nous ne voulons pas d'ingérence dans nos affaires", avait averti le 14 mai le président Obiang à la télévision nationale. "Les ambassadeurs des Etats-Unis et de la France doivent s'abstenir de se mêler des affaires de ce pays (...), nous ne recevons de leçon de personne", avait-il mis en garde.

AFP

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