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« Nous nous dirigeons vers un Président Nahdhaoui »

Par Fethi Jelassi

Rappelons tout d’abord ce que je ne cesse de marteler depuis exactement 2 ans : les islamistes représentent sociologiquement 15% et les démocrates 85%. S’ils ont atteint le 23 octobre 18% des inscrits (je dis bien des inscrits) c’est gràce à la Rachwa, à la falsification tous azimuts et parce que « YKHAFOU RABBI » comparés au régime déchu.
Alors comment nous dirigeons-nous vers un président nahdhaoui qui ne pèse que 15%? Pire encore : l’élu qui est sur les rangs ne pèse mème pas 10% dans le paysage politique actuel.
Pour démèler cet écheveau commençons par le commencement et analysons pourquoi ils ont pratiqué « l’art de baisser culotte » (titre d’un article d’octobre dernier).
Le parti dominateur ne veut rien d’autre qu’un régime politique à l’israélienne : purement parlementaire. C’est le seul qui permettra à une minorité d’imposer sa dictature à l’écrasante majorité des tunisiens.
Mais, le travail de la Société Civile aidant, le dit parti a dû mettre de « l’eau dans son vin » (N°27). N’empêche qu’il n’a cédé pour un régime semi présidentiel qu’après avoir cru trouver un présidentiable en la personne qui a donné un coup de pied dans leur fourmilière : Hamadi Jebali. Il faut croire qu’ils sont masochistes, mais ont-ils le choix ? Car c’est uniquement par opportunisme qu’ils se sont résignés à suivre cette voie.
On est loin en effet de la semaine de l’assassinat du martyr Chokri Belaid au cours de laquelle l’un de leurs malades mentaux criait à tue-tète et à huis clos à l’intérieur de leur Majliss Echoura : « je vous ai dit qu’il ne fallait pas le choisir, je vous ai dit qu’il fallait fuir les sahéliens comme la peste… ». Et encore, ces propos sont gentils comparés à ceux tenus par leur affidé président d’un parti-pédophile (mon homonyme) qui a déclaré, le jour où Jebali a jeté l’éponge : Aujourd’hui le pays est libéré, le dernier COLON SAHELIEN A QUITTE LE PAYS (Ta7arrarat Tounès Min Aakher Mosta3mer Sahli...)
On est loin des slogans accusateurs d’IN9ILAAB 3LA ACHAR3IYA proférés contre son gouvernement de technocrates. C’est qu’entre-temps les sondages sont passés par là.
Mais il ne suffit pas d’avoir un candidat. Il leur faut beaucoup manigancer pour l’imposer « très très démocratiquement ».
Alors commençons par TAHCIIN ETHAWRA. Cette loi scélérate a été mise de coté pour faire les yeux doux aux Destouriens. Il n’y a que deux poles Destouriens selon leur analyse, et ils ont visé juste : autour de Béji Caid Essebsi et autour de Kamel Morjane.
Manque de chance ils ont essuyé un refus catégorique des deux. Et contrairement à ce que des ambitieux-jaloux ont diffusé, il n’y a jamais eu de connivence Nahdha-Moubadara. Piqués au vif, nos apprentis-dictateurs ont fait ressortir en grande urgence, par l’intermédiaire de leurs partis-larbins, le TAHCIIN ETHAWRA.
Avec eux, les basses besognes sont toujours confiées aux larbins ou aux malades.

Comme je l’ai longuement démontré dans une récente Chronique, ce n’est pas Béji qui est visé par cette Loi mais une seule et unique personne à savoir Kamel Morjane.
Béji aura droit à un autre traitement, car leur travail se fait au cas par cas.
Donc première étape : mettre Béji hors course alors que le « Tahciin » risque au contraire d’augmenter sa popularité. Alors il faut jouer sur la durée, les ego et les ambitions au sein de l’Union Pour La Tunisie feront le reste. Toute élection ne pourra alors se dérouler qu’à partir de 2015. Vous avez bien lu DEUX MILLE QUINZE. Car je ne veux pas faire un affront en pensant que des citoyens croient à des élections en 2014… Quand à déclarer les élections pour 2013, c’est la « conviction » à Carthage, à La Kasbah et au Bardo. C’est tout dire !!! Car ça serait un pléonasme que de déclarer ces 3 sites émetteurs de mensonges.
Ainsi, Bajbouj frolera les 90 ans. Et pourquoi pas plus ? Ils ont assassiné Lotfi Nagdh, Chokri Belaid, le neveu de Hachemi Hamdi, pourquoi abandonner une stratégie qui réussit ? A très court terme il est vrai. Mais il ne faut pas trop demander à des combinards à courte vue.
Sinon, pourquoi trainer tant que ça ? Pourquoi des élections 4 ans après le 14 janvier ? Le Marzouki de service vous l’a dit depuis 2011. Car ils ont signé pour UN AN, mais ont pris la précaution d’ordonner au CPR de ne pas s’engager, ménageant ainsi une échappatoire dans l’opération : « promesse non tenue ».
Le cas de Marzouki est original : l’opposition offre sur un plateau la tète de Marzouki qui se croit présidentiable avec cette motion de censure déposée contre lui. Les « majoritaires » sont vraiment tentés de l’abattre dès maintenant. Mais le remplacer par qui ? Ils ont pensé à 3 noms : Jebali, Béji et Chebbi. Mais à chaque scénario ils ont constaté son caractère très contre-productif. Alors ils ont opté pour la politique de CHEDD M’CHOUMEK… Quitte à violer la Loi en « oubliant » la motion de censure sur le bureau de Ben Jaâfar. Mais celà ne suffit pas : il faut empêcher l’énergumème (très utile) de Carthage de se faire une popularité, populiste justement. Qu’à ce là ne tienne : on lui glisse dans son discours, tombant comme un cheveu dans la soupe, des phrases du genre « Mounaqabat passant les examens » que nous avons copieusement huées au Palais des Congrès. Ainsi, ils nous jettent un os, et nous nous ruons dessus. Cette fois-ci c’est nous qui sommes chargés des basses besognes. Mais, me diriez-vous, ce sont des conseillers CPR qui ont écrit le discours ! Oui, c’est vrai, ce sont des « militants » CPR prêtés par le « parti-frère ». Celà s’appelle de l’entrisme, et ils savent le faire.
Donc Béji sur la touche, Morjane out, il reste une bonne dizaine de candidats déclarés avant la lettre. Et c’est là leur chance. Car quand on peine à récolter les 15%, mème en utilisant « tous les moyens » que vous imaginez, il reste à démultiplier à l’infini les candidatures. Et ça, les Démocrates savent faire. Ils l’ont prouvé le 23 octobre…
Ainsi, leur candidat passera dans l’état actuel de leurs combines comme une AMCHA FI DAR EL 3EMYAN avec une multitude de candidats démocrates peinant à atteindre 5%.
Comme toujours, seule la Société Civile pourra fouetter les partis démocratiques afin de contourner cette Dictature Light qui se profile à l’horizon.
Et la Société Civile a prouvé récemment qu’elle est le seul rempart.

Fethi JELASSI. 25/MAI/2013.

Tunisie Focus

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