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Mohamed Hassaïne, l’oublié

Une petite plaque dans une ruelle de Larbaâtache. C'est tout ce qu'il reste du martyre de Mohamed Hassaïne. Lundi 28 février 1994. Il est 7h30 et, comme tous les jours, Mohamed, journaliste et correspondant de la région de Boumerdès pour le quotidien Alger Républicain, sort de chez lui pour se rendre à son travail. Il vit dans la localité de Larbaâtache, d'où il est originaire. La «décennie noire» fait rage et la région est un fief terroriste notoire. Le journaliste reçoit ainsi, depuis plusieurs mois, des menaces de mort. Ce matin, elles seront mises à exécution. Une voiture l'attend à quelques mètres de chez lui. Des hommes armés descendent du véhicule, et, à l'endroit où se trouve à présent la plaque commémorative, les terroristes l'embarquent, avant de disparaître. Et de faire disparaître à jamais le père de famille. «A l'époque, nous ne savions rien de son calvaire. Juste qu'il était parti travailler comme tous les jours, mais que le soir il n'est pas rentré à la maison», relate Nacéra, sa veuve. Ce n'est que bien plus tard que les langues se délient dans le voisinage et que des témoins racontent l'enlèvement tel qu'ils y ont assisté. Près de vingt ans après, la famille du journaliste ne sait toujours pas ce qu'il est advenu de lui, les circonstances exactes de son assassinat, mais aussi et surtout l'emplacement de sa dépouille mortelle. «Comment un enfant peut-il faire le deuil de son père lorsqu'il n'a même pas de tombe sur laquelle pleurer ?», souffle Nacéra, mère de deux garçons. Durant toutes ces années, elle n'a cessé de se demander si le pire aurait pu être évité pour son défunt mari. Celui-ci recevait des lettres de menaces, mais refusait catégoriquement de partir de ce village ou, «le pire pour lui», d'arrêter son travail. «Il était primordial pour lui de continuer à défendre la République, à dénoncer la barbarie qui nous l'a ravi. J'estime qu'il aurait dû jouir de plus de protection, de plus de considération», déplore la veuve. Et ce manque de considération, Nacéra et ses enfants l'ont vécu au jour le jour tout au long de ces 19 longues années. «La mémoire de mon mari a été trahie. Qui se souvient de lui ? Rares sont ceux qui l'évoquent, lui ou son sacrifice. Il est mort pour l'ingratitude de l'Etat et de la corporation», s'indigne-t-elle. La famille du défunt Mohamed Hassaïne  n'a ainsi pas eu droit aux indemnités et autres réparations octroyées aux victimes du terrorisme. «Je n'ai eu aucune aide de l'Etat, rarement de la corporation ou d'associations. Il a fallu attendre 18 ans pour que ses anciens collègues viennent nous rendre visite pour s'enquérir de la situation dans laquelle nous nous trouvons», s'attriste Nacéra.  

El Watan

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Mohamed

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