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La jeunesse et le talent assassinés

Plusieurs coups de couteau dans le dos et trois balles dans le ventre et la poitrine. Smaïl Yefsah saigne de partout. Après quelques pénibles pas, il accède à la cage d'escalier du plus proche immeuble de son lieu de résidence, à Bab Ezzouar. Devant la porte d'un voisin, il s'effondre et perd conscience. Transféré rapidement vers l'établissement hospitalier de Mohammadia (ex-Belfort), il ne se réveillera plus. Les médecins confirment son décès après le guet-apens que lui a tendu un groupe de terroristes intégristes. On est le 18 octobre 1993, en pleine période de terrorisme islamiste. Une date marquée à l'encre indélébile. Vingt ans après, cette atroce scène d'assassinat reste encore un vif souvenir dans la mémoire des centaines de journalistes et de milliers d'Algériens qui l'ont connu d'une manière ou d'une autre. Ce présentateur vedette du journal télévisé de l'ENTV est ainsi mort pour n'avoir jamais cédé face à la menace des fanatiques religieux. Des menaces qu'il a reçues en direct à la télévision. Son courage, sa témérité et son ouverture d'esprit, que lui reconnaissent de nombreux confrères, l'ont vite mis en première ligne des «apostats à abattre». Il est en effet le deuxième sur une longue liste de journalistes de l'ENTV tués par les hordes intégristes qui prenaient pour cible, durant cette période noire de l'histoire récente de notre pays, tous ceux qui ne partageaient pas leur idéologie sanguinaire et leurs projets obscurs. Smaïl Yesfah aurait pu fuir ce «champ de bataille», aller à l'étranger - comme l'ont fait certains - couler des jours heureux en attendant que la tempête passe et que les choses se tassent. Mais, enfant du peuple vivant dans un quartier populaire qui porte aujourd'hui son nom, Smaïl Yefsah a préféré se battre et combattre la bête immonde aux côtés des siens. Il n'a assurément pas choisi le cercueil, mais il a bien refusé de faire sa valise. Il est aujourd'hui l'un des symboles de la lutte contre l'obscurantisme, le fanatisme et l'intégrisme religieux. Sa mort, qu'il a affrontée debout, est une belle leçon de bravoure. Un bel acte de résistance.

El Watan

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