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Le serviteur des humbles

Si Kaddour Bousselham a été victime de son courage car il a osé défier les terroristes qui lui ont adressé plusieurs lettres de menaces, lui intimant l'ordre de cesser d'exercer la profession de journaliste correspondant. Il a été ravi à la vie au moment où il s'apprêtait à améliorer les conditions de vie de sa famille. Il a toujours vécu modestement», témoigne Abdelkader Benmechta, journaliste de Liberté à Mascara et ami d'enfance du défunt. A l'instar de ses concitoyens victimes du séisme qui a secoué la région de Mascara le 18 août 1994, Kaddour habitait avec ses six enfants, en sa qualité de sinistré, sous une tente dressée à l'intérieur du jardin public de Hacine, sa commune de résidence. «C'est en ces douloureuses circonstances, plus précisément dans la nuit du 29 au 30 octobre 1994, que Si Kaddour, qui se trouvait à l'intérieur de sa khaïma, fut enlevé par un groupe de terroristes», affirme notre interlocuteur. Et d'ajouter : «Selon les aveux de certains terroristes repentis ou arrêtés par les services de sécurité, Kaddour Bousselham a été assassiné trois jours après son enlèvement. Son corps ne fut jamais retrouvé.» Sa regrettée mère, Khalti Khedidja, morte après lui, n'a jamais pu se recueillir sur sa tombe. Fils d'un ouvrier agricole et d'une femme de ménage, Kaddour Bousselham, né le 2 septembre 1947 à Hacine, à 20 km de Mascara, «a été contraint d'interrompre ses études afin de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Il a exercé différents emplois : ouvrier agricole, facteur, garde-barrière, directeur d'entreprise communale», relate notre confrère. Pour ce qui est de sa carrière dans la presse écrite, Kaddour Bousselham a débuté en qualité de correspondant de La République. Après la conversion de ce dernier en langue arabe, il rejoint El Moudjahid avant d'atterrir à la rédaction d'Horizons à Alger, puis il est nommé chef de bureau du même journal à Mascara. «Au cours d'un long parcours qui a débuté dans les années soixante, Bousselham Kaddour n'a cessé d'être à l'écoute de ses concitoyens. Dans son village natal de Hacine, les habitants trouvaient même assistance auprès de lui quand il s'agissait de rédiger des lettres», nous dit un autre journaliste natif de la même région.

El Watan

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