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Cinquante ans après sa création, l’Union africaine se cherche toujours

Les dirigeants africains célèbrent samedi à Addis Abeba cinquante ans d'efforts vers l'unité du continent, en formulant l'espoir que l'actuel envol économique de l'Afrique permette enfin de réaliser les rêves nés de l'indépendance.

Les dirigeants des 54 États membres de l'Union africaine (UA) célèbrent ce samedi à Addis-Abeba le cinquantenaire de la création de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA), ancêtre de l'actuelle organisation continentale, oubliant un temps les problèmes de l'Afrique pour souligner ses progrès. Environ 10 000 invités sont attendus dans la capitale éthiopienne, où l'OUA fut fondée le 25 mai 1963, en pleine vague de décolonisation, par 32 chefs d'États indépendants d'Afrique, et qui abrite désormais le siège de l'UA.
Au côté des dirigeants africains sont également notamment attendus le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le président français François Hollande, le vice-Premier ministre chinois Wang Yang et le secrétaire d'État américain John Kerry.
La fête terminée, les chefs d'État africains se replongeront, dès ce dimanche, dans les problèmes africains au cours de leur Sommet semestriel de deux jours. À l'ordre du jour, les situations sécuritaires au Mali ou dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), et la situation politique à Madagascar, empêtré dans une crise depuis 2009 et exclu depuis de l'organisation.

Durant ses 39 années d'existence, ayant fait de la non-ingérence un principe fondateur, l'OUA est apparu souvent comme un organe sans pouvoir. Pour faire oublier ce passé peu glorieux, l'UA, qui lui a succédé en 2002, s'est dotée d'institutions (Commission, Conseil de Paix et de sécurité, Parlement panafricain...) et de mécanismes plus ambitieux.
Elle a suspendu et sanctionné depuis sa création plusieurs de ses membres, théâtres de coups d'État, même si elle fait toujours preuve d'une certaine timidité vis-à-vis de ses plus mauvais élèves en matière de droits démocratiques ou de scrutins à la validité douteuse.

La débandade militaire des islamistes shebabs depuis 20 mois en SomalMais malgré certains succès, l'action de l'organisation panafricaine reste souvent entravée par les profondes divisions en son sein : en 2011, l'UA - déjà atone durant le printemps arabe - avait assisté sur la touche aux interventions étrangères en Côte d'Ivoire puis en Libye.

Plus récemment, au Mali, c'est l'armée française qui est intervenue pour combattre des groupes djihadistes, l'UA s'avérant incapable de déployer dans les temps une force panafricaine qui devait incarner la gestion par l'Afrique des problèmes africains. Dans ce contexte, le projet de Force africaine en attente (FAA) a pris un retard conséquent. Et la monnaie unique africaine reste un projet à très long terme.ie peut également être mise au crédit de la force (Amisom) que l'UA y a déployée depuis 2007, même si celle-ci est principalement financée par des donateurs occidentaux.
REWMI.COM/CAD Avec AFP

Rewmi

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