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Le combat d’Amina doit nous interpeller tous

Par Salem Ben Ammar

Le combat d’Amina doit nous interpeller tous en tant que miroir de la société tunisienne

En effet, il soulève toutes les contradictions de la société tunisienne à l’image surfaite et met à nu es mentalités rétrogrades, la permissivité vis-à-vis des criminels agissant sous couvert de la religion, les assassins innocentés et honorés et les fornicatrices du djihad du sexe glorifiés.

Un combat qui témoigne de l’esprit bigot et réactionnaire des tunisiennes et des tunisiens qui crient haro sur le baudet quand il s’agit de pseudos atteintes à leurs dogmes, mais qui s’effarouchent parce que des gens sortis de l’ordinaire veulent briser les chaînes du despotisme religieux.

Il leur est intolérable de concevoir qu’il puisse avoir des citoyens, même si ce mot n’existe pas dans leur lexique, comme Amina qui plutôt que de se soumettre font acte de résilience et qui ne veulent pas de leur puritanisme, un espèce de vernis à ongles pour masquer les vraies tares nauséabondes de la société.

Amina n’est pas le mal contrairement à ce qu’ils allèguent, elle est la radioscopie des vrais maux dont ils souffrent.

Mis pour la première fois de leur vie face à leur responsabilité historique par le geste d’Amina, ils préfèrent esquiver le combat sous prétexte qu’ils ne se reconnaissent pas dans son combat, ou se réfugier dans l’invective et l’opprobre.
Maudissant ainsi Amina de les sortir de leur état de léthargie chronique.

Conservateurs, ils ont fait de la résignation et de la démission leurs seules normes de vie en société. Malheur à celle et celui qui dérange leur ordre social, tel qu’il a été dessiné par Allah lui-même.

Pour eux Amina en ouvrant une brèche béante dans leur citadelle a commis une Fitna, un affront à Allah, que seule sa mort pourra laver. C’est justement ce qui est à craindre.
Peur des trublions qui les révèlent à eux-mêmes et leur font découvrir leur nature fataliste, apathique et défaitiste.

Leur colère n’est pas la manifestation indignée de leur rejet du combat pour la dignité humaine et la liberté de la vie, elle porte en elle tous les symptômes de leur échec à assumer leur choix de vie et leur propre désarroi et dégoût d’eux-mêmes de ne pas pouvoir s’affranchir de leur état pathologique d’esclave de leurs maîtres venus d’Orient qui après les avoir mis sous leur joug veulent en faire aujourd’hui de la matière sexuelle pour le confort des djihadiste et de la chair à canon pour la promotion de la terreur dans le monde.

Et c’est de ça que les tunisiens jaloux de leur identité plurielle et de leur richesse historique n’en veulent pas.

Amina est bien le pur produit de cette richesse hérité de Didon, de la Kahina , de Sainte Monique, d’Aziza Othmana et de Saïda Manoubia.

La dignité de la femme ou de l’homme n’est pas dans sa nudité, elle est dans son indépendance intellectuelle et l’expression de son affranchissement du poids des traditions ainsi que dans l’appropriation de son corps.

Amina doit servir de catalyseur aux tunisiens qui croient encore que tout est possible dans ces nuits opaques qui enveloppent la Tunisie. Elle est ce moteur qui doit propulser la Tunisie dans le futur, contrairement au modèle de société que les obscurantistes veulent imposer et qui veut envoyer la Tunisie dans les limbes de l’histoire.

Plus aucun choix n’est possible : soit la wahhabisation des moeurs et la barbarie comme cerise sur le gâteau, soit la rupture avec le passé et le plongeon dans les catacombes de la civilisation humaine.

Tunisie Focus

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