mis à jour le

Aqmi menace Ennahdha et le Gouvernement Tunisien

 Par Ridha Ben Kacem

L'info est, presque, passée inaperçue. Pourtant, c'est le scoop de cette de semaine, un peu spéciale : Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) a, « gentiment », conseillé, au gouvernement tunisien, de ne pas dissoudre ou menacer, le groupe islamiste jihadiste d'Ansar Al Charia.« Nous sommes, plus que jamais, solidaires des instructions, de notre sheikh et émir, Aymen Zawahiri… de coopérer, avec les gouvernements post-révolution, pour faire appliquer la charia », a déclaré le leader algérien d’AQMI, Ahmed Abu Abdul-Elah Al-Jigli, dans un message, audio diffusé, mardi 21 mai. « J’espère que le gouvernement tunisien saura interpréter, correctement, ce message »,a-t-il ajouté. Chers lecteurs, je vous pose, à brûle-pourpoint, la question qui me torture l'esprit : « croyez-vous que le gouvernement tunisien a, correctement, interprété ce terrible, message, d'AQMI ? »

Dans cette bande sonore, diffusée par la Fondation Al-Andalus pour la production médiatique, Ahmed Abu Abdul-Elah Al-Jigli a blâmé le ministère de l’Intérieur tunisien, d’avoir imposé des restrictions, aux prédications d'Ansar Al Charia, dans les mosquées, et de surveiller les actes et déplacements des membres de cette nébuleuse jihadiste. «C’est comme si Ben Ali était revenu en Tunisie »,a commenté Ahmed Abu Abdul-Elah Al-Jigli, dans son message. Rien que cela ? Ahmed Abu Abdul-Elah Al-Jigli a, également, mis en garde Ennahdha et son leader, Rachid Ghannouchi, contre ce qu’il décrit, comme, étant une « injustice, avec ses conséquences fatales». Fatales, pour qui ? Ennahdha ou le pays ?

« Nous sommes prêts à discuter, de n’importe quelle question, avec Ennahdha, directement, et sans médiateur »,a, encore, indiqué Ahmed Abu Abdul-Elah Al-Jigli. Dommage, j'aurais bien voulu intercéder en faveur d'Ansar Al Charia, auprès d'Ali Larayedh et son maitre à penser, Rached Ghannouchi. Mais, bon, il semble qu'Ahmed Abu Abdul-Elah Al-Jigli propose de rencontrer Rached Ghannouchi, en tête à tête, pour discuter avec lui, des affaires du pays. Vous ne croyez, tout de même pas, que cet illustre personnage, haut en couleurs, se contentera de palabrer, avec le sous-fifre d'Ennahdha, qu'est ce pauvre, Ali Larayedh ?

« Le groupe se réserve, toutefois, le droit de se défendre, lui-même, et de répondre à toute agression, quelle qu’en soit la source, qui prendrait pour cible, ses bastions et ses membres »,menace Ahmed Abu Abdul-Elah Al-Jigli, qui s'identifie, ainsi, clairement, à Ansar Al Charia et à son leader, le sinistre, Abou Iyadh. On connait les méthodes brutales, d'AQMI. Cette menace est à prendre au sérieux. Mais je ne suis pas inquiet, pour autant. Lotfi Ben Jeddou et son homologue, à la défense, Rachid Sabbagh, sont certainement, à l'heure qu'il est, en train d'en tirer, tous les enseignements utiles, pour la sécurité du pays. Ce sont des pros, ils savent ce qu'il faut faire, dans ce genre de situation. Faisons leur confiance.

Ce message, d’AQMI, fait suite, bien évidemment, aux violents affrontements, survenus dimanche 19 mai. Après que les autorités aient empêché la tenue d’un congrès d’Ansar Al Charia à Kairouan, les salafistes ont déplacé, comme vous le savez, leur rassemblement, à Ettadhamen. Mais les forces de sécurité avaient prévu, cette éventualité. Ansar Al Charia a été vaincue à plate couture. C'est ce qui a obligé, d'ailleur, Ahmed Abu Abdul-Elah Al-Jigli, à monter au créneau, pour soutenir ses protégés, en Tunisie.

L'on se rappelle, aussi, que Rached Ghannouchi avait, récemment, durci le ton, contre les salafistes jihadistes, leur reprochant, notamment, les violences, qui secouent la Tunisie, depuis deux ans. Mais, en milieu de semaine, le ton avait changé. Le gouvernement était devenu, nettement, plus conciliant. On a vu Ali Larayedh tendre la main à Ansar Al Charia, sans aucune raison. Généralement, c'est le vaincu, qui demande pardon. On a, rarement, vu des vainqueurs tendre la main aux vaincus, sans que ceux-ci, aient fait, d'abord, preuve de contrition. Se pourrait-il que le message d'Ahmed Abu Abdul-Elah Al-Jigli ait eu de l'effet ? Se pourrait-il que NOTRE Gouvernement ait pris peur, ce coup ci ? Cela pourrait expliquer, en effet, cette attitude, étrangement, conciliante du Chef du gouvernement, avec les jihadistes notoires, d'Ansar Al Charia.

Finalement, le bras de fer n'avait duré que l'espace d'une journée. Lotfi Ben Jeddou s'était démené, comme un beau diable, pour faire retrouver, à l'Etat, dignité, force et légalité, pendant qu'Ali Larayedh paradait, pour rien, loin de l'arène du combat, au Qatar. L’indulgence d’Ennahdha, passée, et très vite, retrouvée, après les affrontement, de dimanche 19 mai, envers les groupes religieux radicaux, « leur a permis d’avoir un rayonnement, plus important, et de se propager, au point d’accroître leur emprise, sur certains endroits, de porter des armes et de planifier des actes terroristes »,relève Mondher Bedhiafi, journaliste, au Maghreb. « C’était clair, en termes de contrôle des espaces publics ; leurs tentatives d’imposer, leurs propres, modèles sociaux, qu’il s’agisse de vêtements, de pratiques ou de relations ; et leur emprise sur les mosquées, qu’ils ont transformées en lieux, dans lesquels ils répandaient leur discours radical et provocant, appelant à l’imposition de la charia »,précise-t-il.

Et à propos de mosquées, justement, « Une centaine de mosquées échappe, toujours, au contrôle de l’Etat, ces mosquées sont sous l’emprise, de groupes religieux radicaux », a déclaré le ministre des Affaires religieuses, Noureddine Khadmi, mercredi 22 mai, lors d’une conférence de presse. Il a ajouté que l’Etat s’efforcerait de reprendre, par tous les moyens, le contrôle de ces mosquées. Depuis, il y a eu ce fameux message, d'Ahmed Abu Abdul-Elah Al-Jigli. Faudrait-il craindre un abandon de la politique de récupération de ces mosquées, qui échappent, encore, au contrôle de l'Etat ? Pis, Ansar Al Charia, passerait-t-il, bientôt, de nouveau, à l'offensive, pour, non seulement, récupérer les mosquées dont il a perdu le contrôle, mais, en conquérir d'autres, encore, et pourquoi pas, toutes, finalement ?

Par Ridha Ben Kacem le 25 mai 2013

Tunisie Focus

Ses derniers articles: Dimanche , Ban Ki-moon a reçu le rapport des enquêteurs de l’ONU en Syrie  Une météorite tombe  Journée internationale de la démocratie . Bla-bla-bla chez les arabes 

Aqmi

Djihadisme

Au Mali, l'armée française ne comprend pas que la rébellion islamiste est ancrée dans la population

Au Mali, l'armée française ne comprend pas que la rébellion islamiste est ancrée dans la population

Terrorisme

Le chômage et la «défense de l'islam» poussent de jeunes sénégalais à la radicalisation

Le chômage et la «défense de l'islam» poussent de jeunes sénégalais à la radicalisation

AFP

Mali: Aqmi fournit une vidéo d'une otage suisse

Mali: Aqmi fournit une vidéo d'une otage suisse

menace

AFP

Ethiopie: le récent regain de tension menace l'équilibre ethnique

Ethiopie: le récent regain de tension menace l'équilibre ethnique

AFP

Nigeria: des syndicats font planer la menace d'une grève générale

Nigeria: des syndicats font planer la menace d'une grève générale

AFP

Evans, le "roi du kidnapping" nigérian plaide coupable sous la menace

Evans, le "roi du kidnapping" nigérian plaide coupable sous la menace

Ennahdha

AFP

Les municipales tunisiennes vont être reportées, selon Ennahdha

Les municipales tunisiennes vont être reportées, selon Ennahdha

satarbf

Ennahdha crie victoire

Ennahdha crie victoire

Actualités

Rached Ghannouchi : Ennahdha coordonne avec les parties responsables dans l’opposition

Rached Ghannouchi : Ennahdha coordonne avec les parties responsables dans l’opposition