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Aït Ahmed appelle à préserver le FFS

C'est à travers un message émouvant et surtout exprimant la quintessence d'une vie de lutte et de combat pour les libertés que le leader historique, Hocine Aït Ahmed, a choisi de participer au 5e congrès du Front des forces socialistes (FFS).   Dans ce message confirmant son départ de la direction du parti qu'il a créé avec d'autres braves, il y a 50 années, pour que l'indépendance de l'Algérie ne soit pas confisquée, Aït Ahmed, sur une note de regret ou avec un goût d'inachevé, constate que les Algériens en sont encore au même stade de revendiquer leurs droits les plus élémentaires. Quand, avec des compagnons de la lutte contre le colonialisme et pour l'indépendance nationale, nous avons fondé le Front des forces socialistes pour que cette indépendance algérienne s'accomplisse dans la démocratie, le respect des libertés, de la justice sociale, du pluralisme politique et culturel fondateurs du Mouvement de libération nationale, je n'imaginais pas que cinquante ans plus tard, nous en serions encore à nous battre pour défendre notre simple droit à exister.» «Nous, militants du FFS et plus généralement nous Algériens», dit-il dans cette lettre, qui dépasse le simple cadre du congrès, mais s'adresse à tous les Algériens. La vision d'un militant qui, en 70 ans de lutte, n'a eu de cesse d'être le porte-flambeau du combat pour la liberté, toutes les libertés, est offerte à ceux qui veulent bien s'en inspirer. «L'histoire, nous ne pouvons pas, nous n'avons pas le droit de l'oublier, nous Algériens, l'histoire est toujours l'histoire des peuples qui la font», indique Aït Ahmed dans son message, apporté aux congressistes par son fils Jugurtha qui a eu droit, à sa place, à tous les flashs des photographes et aux accolades des congressistes, jeudi dernier, sous le chapiteau de l'hôtel Mazafran. Le leader Hocine Aït Ahmed, dont nul ne peut nier l'engagement sincère, la probité et le patriotisme, passe aujourd'hui le flambeau. «Des moments semblables sont déterminants pour chaque être humain, chaque femme, chaque homme est invité à se dépasser lui-même en s'accordant avec son prochain. Certains répondent à l'invitation de l'histoire et se hissent au-dessus de leurs calculs étriqués pour être à la hauteur du moment, d'autres cèdent à la facilité, aux manipulations, aux illusions de l'instant... Mais pour tous, il y a un avant, un pendant et un après», dit-il en émettant juste après une note d'espoir. «Les moments de passage sont parmi les plus difficiles à traverser, mais ils sont aussi parmi les plus passionnants à vivre. Car en des moments semblables, les plus petits des gestes humains, les plus humbles des femmes et des hommes peuvent faire et font la différence dans le résultat. C'est là le véritable ressort de l'histoire des peuples face à l'histoire des pouvoirs», assène le leader, qui a le mérite de n'avoir jamais cédé à l'histoire des pouvoirs et a choisi de construire avec le peuple son histoire. Le militant de la cause nationale et fondateur du FFS estime que ce n'est pas un hasard que les 50 ans de lutte du parti pour la démocratie «collent au plus près des 50 ans de l'indépendance nationale». «Un désordre mondial pour asservir et dépouiller les peuples» Il rappelle que le FFS «est né dans le giron du Mouvement de libération nationale, ses racines politiques et éthiques plongent dans un anticolonialisme de conviction et non de circonstance. Pour le FFS, patriotisme et démocratie sont inséparables». Et de s'indigner de l'ironie de l'histoire : «D'abord, on nous colonise et on nous soumet (tous unis dans l'indignité) à un statut infâme d'infrahumain sous le code de l'indigénat. Ensuite, une fois que nous avons payé un prix terrible pour notre libération, on nous impose la dictature (tous unis dans la soumission) et on nous dit que la démocratie est un luxe, puis quand les peuples paient à nouveau un prix terrible pour la liberté, la justice et l'Etat de droit, on nous dit que tout ça c'est fini et nous devons devenir des tribus et des hordes en guerre perpétuelle les uns contre les autres.» Analysant la situation qui prévaut dans le monde aujourd'hui, Aït Ahmed avertit : «L'ordre brutal du monde, du capitalisme colonial hier et de la globalisation néolibérale aujourd'hui nous dit une seule et même chose : vous avez le droit d'être des peuples unis dans la soumission au colonialisme ou la dictature, mais la démocratie et la liberté vous ne pouvez les vivre que comme des petites coteries, des clans, des ethnies, des sectes et que sais-je encore !» Le grand militant estime qu'une telle «fumisterie néocoloniale convient parfaitement à certains, qu'ils l'habillent d'extrémistes religieux, du despotisme des castes mercantilistes appuyées sur des dictatures militaires ou qu'il s'agisse des régionalismes racistes et belliqueux incapables de construire une route ou des tracés de pâturage entre deux communes sans provoquer une guerre.» Aït Ahmed réaffirme ainsi son rejet des Etats intégriste et policier et des visées séparatistes qui, pour lui, s'abreuvent tous à la source des colonisations d'hier et d'aujourd'hui. «L'actuel désordre mondial joue sans scrupule de tous ces éléments pour asservir et dépouiller les peuples. Ceux qui nous disent que nous pouvons nous dispenser de regarder ce qui se passe dans le monde et en tirer des leçons n'ont rien compris à l'histoire de l'Algérie. Ce n'est pas en nous regardant dans les yeux que nous avons trouvé les moyens de vaincre le colonialisme ! C'est en s'informant sur le reste du monde, en analysant et en comparant les différentes situations que le peuple algérien a fait preuve de génie, de courage et d'endurance sur le chemin de la libération nationale.» Aït Ahmed rappelle que le FFS lutte pour la démocratie, des institutions légitimes et un Etat de droit qui en assure le respect et la pérennité. «Ceci est le socle sur lequel le reste pourra être construit. Nous devons être unis pour cela pour pouvoir diverger démocratiquement sur le reste», dit-il aux congressistes. «Ce congrès est important à mes yeux, comme tous les autres congrès du parti, mais à celui-ci, je me retire de la présidence du parti, j'aurais voulu, j'aurais pu ou dû, ou pas su, le faire plutôt, j'en ai souvent discuté avec des camarades et des amis, mais voilà l'histoire se fait pendant que nous apportons notre modeste contribution à son déroulement.» dit-il au bout de ses «cinq décennies passionnantes au sein et à la tête du FFS» et d'inviter le FFS à demeurer «un foyer militant actif et vigilant pour la construction de l'alternative démocratique dans le prolongement de l'appel du 1er Novembre et de la Plateforme de la Soummam, dans le respect de toutes les luttes sociales».

El Watan

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