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Ousmane Seck, chanteur «Thione et Assane Ndiaye vont se réconcilier … »

C'est la force tranquille de la famille Seck. Ousmane Seck, puisqu'il s'agit de lui, mène son bonhomme de chemin, sans tambours ni trompette. Très discret et effacé, le leader du Ouzband n'en compte pas moins se faire une place au soleil, même s'il dit ne pas être obnubilé par la place de numéro un. A travers cet entretien qu'il nous a accordé, Ousmane parle de sa carrière, du phénomène Waly Seck, des relations heurtées entre Assane Ndiaye et Thione Seck etc...


Quelle est l'actualité d'Ousmane Seck ?

J'ai mis deux singles sur le marché, depuis quelques temps. C'est pour annoncer la sortie de mon prochain album, après celui de 2011. Nous sommes en phase terminale. On va choisir le moment propice pour sortir. Comme d'habitude, on a mis le paquet pour satisfaire notre public. Mais, ce n'est plus facile de sortir des produits, avec le contexte actuel, d'autant que, depuis quelques temps, je me produis moi-même.
A quelles difficultés faites-vous allusion ?
Je parle de la piraterie qui nous cause des problèmes. On en parle toujours mais, le problème demeure. On ne va pas baisser les bras car, la musique est notre métier. On va se battre avec nos moyens, pour éliminer la piraterie, même si ce ne sera pas facile. S'y ajoute qu'il n'y a plus de producteurs, comme avant, avec les Talla Diagne et consorts. Il n'existe maintenant que des labels qui prennent des musiciens sous leur tutelle, pour une durée bien précise, avec des contrats. Personnellement, cette formule ne m'arrange, raison pour laquelle je m'autoproduits.
Vous étiez récemment considéré comme l'héritier de Thione Seck mais, le phénomène Waly Seck a tout chamboulé. Qu'est-ce que vous en pensez ?
C'est tout à fait normal. C'est Dieu qui fait les choses comme il le sent. Pour ma part, je n'envie personne. Si c'est avoir une belle voix, je rends grâce à Dieu et je touche du bois. Si c'est avoir un public, je ne me plains pas. Si c'est avoir un bon orchestre, de l'aura ou de la célébrité, je suis bien gâté. Donc, je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas me contenter de ce que j'ai. Pour être tranquille dans la vie, il ne faut pas regarder ce que les autres font. Je me contente de ce que Dieu m'a donné. Il y'a des musiciens qui étaient là avant moi. On ne les entend plus. Je n'ai pas à me plaindre. C'est Dieu qui donne à qui il veut. Il suffit de travailler, de croire en soi et de suivre son chemin.
Comment interprétez-vous la percée de Waly?
Thione prend de l'âge, c'est très normal que Waly prenne la relève. Seulement, ce n'est pas facile de faire de la musique. Il y'a un long parcours à faire. Je ne veux pas trop me prononcer sur cette question. Tout ce que j'ai à dire, c'est qu'il faut accepter la volonté divine et ne jamais nourrir une quelconque jalousie ou méchanceté envers son prochain. Chacun a son public, ses fan's etc... Personne n'est devant, comme personne n'est derrière. Chacun mène son propre chemin. Pour ce qui me concerne, je le répète, je veux du bien à tout le monde mais, je n'envie personne, comme je ne jalouse personne.

Quel conseil avez-vous à lui donner, en tant qu'ancien et parent ?

Je prie pour lui, comme je le fais pour moi, pour son papa Thione Seck, pour Mapenda, pour Assane, ainsi que tous les autres musiciens. Je lui souhaite le meilleur au monde. Je ne veux que du bien aux gens. Seulement, chacun suit son propre chemin. Même si le fils de You décidait de suivre la même voie que son père, il y'aurait toujours du bruit car, c'est le fils de Youssou Ndour. Mon objectif, ce n'est pas d'être premier ou dernier. Mon objectif, c'est de gagner ma vie honnêtement, à la sueur de mon front. C'est tout ce qui m'intéresse. La célébrité ou le buzz ne me font pas courir. Tout ce que je veux, c'est travailler et réussir dignement.

Lors de votre dernier anniversaire, vous aviez invité tous vos frères, n'aviez-vous pas idée de consacrer les retrouvailles entre Thione et Assane Ndiaye ?

C'était bel et bien l'objectif poursuivi. Je ne vois pas la raison pour laquelle on doit s'entredéchirer. Les liens parentaux sont sacrés, on doit tout faire pour les consolider. Certes, les disputes et autres conflits sont inévitables mais, on doit savoir avoir de la hauteur et un esprit de dépassement. En plus, le linge sale se lave en famille. Pourquoi même ne pas initier un évènement qui va réunir toute la famille Seck, au cours d'une soirée explosive ? C'est dans l'ordre du possible. Je suis trop petit pour le faire mais, ça vaut le coup. Je vais m'investir pour ça.
Mais, vous n'avez pu réussir ces retrouvailles...
Même si je n'ai pas réussi, j'ai été satisfait à 50%. Car Thione et Assane Ndaiye étaient à deux doigts de se serrer la main. C'était presque acquis. Malheureusement, ils ne s'étaient pas vus dans les coulisses. Je voulais les mettre devant le fait accompli, devant tous les Sénégalais. Même si c'était une réconciliation de façade, ça allait être un déclic pour une vraie réconciliation. Je ne ménagerai aucun effort pour consacrer ces retrouvailles. Mon plus grand rêve sera de les réunir à nouveau. Si je parviens à réconcilier, ce sera un très grand honneur. Après la guerre c'est la paix. D'ailleurs, je vais m'investir personnellement pour initier cet évènement dont je parlais et qui réunira la famille Seck. Je vais y travailler.

On vous reproche de manquer de feeling, à l'opposé des autres musiciens. D'aucuns disent que c'est ce qui retarde votre percée...

C'est Dieu qui forge l'être humain, comme il le sent. Il ne faut pas tricher ni forcer les choses. J'ai toujours été naturel. Qu'il vente ou il neige, je resterai toujours le même Ousmane Seck. Tous ceux qui me connaissent m'ont toujours connu comme ça. Chacun a sa personnalité. On n'a pas besoin d'être extravagant pour être une star ou percer dans la musique. Tout est professionnalisé maintenant. Mais, ce qui est essentiel, c'est d'être rangé, de faire son travail proprement et rester chez soi. Le musicien n'est pas un voyou. Il ne faut pas suivre la clameur publique ou faire du mimétisme, dans le seul but de faire plaisir aux gens. Je bouge sur scène, je danse mais, j'ai une personnalité qui m'est propre.
Est-ce la raison pour laquelle on ne voit jamais votre nom dans les faits divers ?
Je fuis un peu la presse. C'est très difficile d'être célèbre. On est très exposé et face à la presse, on n'est jamais à l'abri. Je ne communique pas n'importe comment, je communique quand je sens la nécessité de le faire. Je ne suis pas du genre à créer des scandales pour faire le buzz ou exister. On peut bel et bien éviter les frasques. On doit savoir raison garder et rester humble. Je m'efforcerai pour qu'on ne m'entende jamais dans des scandales.

Que pensez-vous du gaspillage qu'on constate dans les soirées et dans les boites nuit ?
Ce n'est pas du gaspillage, je ne peux pas le considérer comme tel. Quand je crée c'est pour avoir de l'argent, je ne peux pas empêcher les gens de m'offrir de l'argent. Cela n'a rien à voir avec la crise qui sévit dans le pays. Celui qui dépense son argent dans les soirées, on ne sait pas s'il fait autant pour les mosquées ou pour des actes de bienfaisance.

Quel est le cadeau le plus important qu'on vous a offert ?
J'ai eu toute sorte de cadeaux dans la musique. On m'a offert des objets de valeur, des maisons, des voitures, mais le cadeau qu'on m'a offert et qui m'a le plus marqué, c'est quand un ami, en plein mois de Ramadan, m'a offert un exemplaire du Coran traduit en français, à l'heure de la rupture du jeûne. Cela me marquera à jamais.
Réalisé par Amadou L. MBAYE
rewmi quotidien

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