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Baisse des denrées de première nécessité La Compagnie Sucrière risque de tout saboter



C'est fait. Depuis quelques jours, le sucre, comme d'autres denrées de première nécessité, observent une baisse du prix. Et pour que le CSS ne sente pas trop le coup, on lui promet l'écoulement total du produit dans les quatre mois à venir. Une offre prise avec des pincettes car, l'équipe de Mimeran n'entend pas se laisser faire, en promettant le renvoi des employés et la fermeture de son usine.
Ira-t-elle jusqu'au bout de ses menaces ? Rien n'est moins sûr. Cette position semblerait davantage dictée par souci de négocier plus serré, mais l'Etat ne devrait pas accepter du chantage qui ne dit pas son nom.


D'ailleurs, selon les experts internationaux, pour la première fois depuis cinq ans, la production sucrière est orientée à la baisse. Les raisons en sont que de nombreux producteurs ont préféré se reporter vers d'autres denrées plus lucratives, et moins exigeantes en eau.
Ainsi, avec des stocks mondiaux se montant à la fin 2012 à 38,3 millions de tonnes, les producteurs préfèrent attendre de meilleures perspectives. Et en 2012-2013, l'offre devrait excéder la demande de 6,2 millions de tonnes, d'après une estimation de l'Organisation internationale du sucre basée à Londres. Comment comprendre, dès lors, que la CSS vienne nous parler de 46.000 tonnes de sucre invendues dans ses magasins, sans s'appesantir outre mesure sur leur provenance ?
Depuis que la nouvelle a été lancée, en tout cas, elle a fait l'effet d'une bombe. Aussi bien, au niveau des consommateurs, qu'à celui des experts agricoles qui croient beaucoup plus à un effet d'annonce, une rumeur intelligemment distillée, pour faire croire à une menace sur les emplois qui intéressent près de 7000 employés de la boite, toutes catégories confondues.

Cette crainte non justifiée donc, mais publiquement exposée par la direction de la CSS, ne serait qu'une réponse et un avertissement à l'Etat sénégalais qui, dans sa volonté de soulager les souffrances des populations, a entrepris la diminution des denrées de première nécessité, sans prendre de très grandes précautions.
En somme, un bluff destiné à faire reculer l'Etat ou au moins, contenir ses ambitions dans des proportions raisonnables car, il serait paradoxal que la CSS daigne volontiers baisser ses prix, au moment où elle se plaint justement de mévente et de stocks de sucre qui dorment dans ses magasins.
La chose est d'autant moins plausible qu'il est de notoriété publique que dans notre pays, les importations du sucre ont baissé d'environ 11,6% en 2012. En d'autres termes, la production totale de la CSS est passée de 87500 tonnes en 2011, à 92200 tonnes en 2012, soit une augmentation de 5,3%, pour une consommation annuelle de sucre de 140.000 tonnes !
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Alors que s'est il passé, entre temps, pour que cette société qui a eu largement le temps d'être sénégalaise et qui ne l'a jamais été, se plaigne, aujourd'hui, de mévente, au point de sembler vouloir exercer un chantage sur les pouvoirs publics ? Rien d'autre que la même rengaine qu'elle a servie impunément aux différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays, depuis notre indépendance : A défaut de nouveaux bénefs, au moins le statu quo, et tant pis pour les populations, de plus en plus, rudement éprouvées.
Cheikh Ba

REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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