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Communication autour de la maladie du président : allô, quoi !

L'épisode Macias et les informations rendues publiques par les autorités françaises marquent d'un sceau d'absurdité la communication officielle. Pourquoi une telle attitude défensive ? Incompétence ? Mépris de l'opinion publique ? Comme un air de déjà vu. Le silence des autorités sur l'état de santé du président Bouteflika après son hospitalisation au Val-de-Grâce, le 27 avril dernier, rappelle étrangement la manière avec laquelle déjà les autorités algériennes avaient géré l'hospitalisation à Moscou du président Houari Boumediène fin 1978. A l'époque déjà, le pouvoir avait imposé un silence total sur la maladie du Président qui avait été entourée d'un secret tendant même à faire croire que Boumediène effectuait un invraisemblable «voyage de travail et d'amitié» de six semaines à Moscou. Même sa disparition fut entourée de secret, puisqu'elle ne fut annoncée que 48 heures plus tard. «S'il y a une logique dans ce qui se passe actuellement avec la maladie du président Bouteflika, elle réside uniquement dans l'incapacité du régime à savoir gérer une telle situation, analyse Ammar Belhimer, docteur en droit et journaliste. En revanche, actuellement, nous sommes en présence d'un système qui n'a jamais été dans la médiation et qui n'a donc pas besoin de communiquer. Les seules informations que nous avons sont signées du Quai d'Orsay. D'autre part, je tiens à rappeler que le président Boumediène avait choisi de se faire soigner dans un pays ami, dans le cadre de la coopération fraternelle que nous avions avec cet Etat, alors que dans le cas présent, nous sommes dans une logique néocoloniale qui favorise les intérêts de la Françafrique.» Les dernières informations communiquées par le chanteur Enrico Macias sur l'état de santé du président Bouteflika n'ont fait que renforcer le sentiment auprès des Algériens que la santé du chef de l'Etat est prise en charge par les officiels français. «C'est quoi ce pays où ce sont des chanteurs qui nous renseignent sur la santé de Bouteflika, fustige, sous le couvert de l'anonymat, un ancien cadre au ministère de l'Information. En 2005, c'était le chanteur Mami qui était venu devant les caméras dirent que le Président allait bien. Aujourd'hui, c'est Enrico Macias, qui vient nous annoncer que Bouteflika est dans un sale état. On est le seul pays au monde où les porte-parole du pouvoir sont des chanteurs.» Bentobal Mais cette absence de communication peut-elle s'apparenter à une stratégie ou à une méthode de gestion de crise mise en place par le régime depuis 50 ans ? Pour Ahmed Adimi, professeur en sciences de la communication, l'absence de communication de la part du pouvoir n'est ni une stratégie ni une méthode. «Ce qui se passe actuellement est plutôt à rechercher du côté du mépris du pouvoir à l'encontre de son peuple, fustige le professeur à l'Ecole supérieure de journalisme. En réalité, le message véhiculé actuellement par les autorités est très simple à décoder : le peuple algérien n'a pas le droit de savoir ce qui se passe.» Pour Brahim Brahimi, directeur de l'Ecole supérieure de journalisme, la seule fois où le régime algérien a mis en place une stratégie de communication, c'était lors du Congrès de la Soummam. «Le document final comporte un chapitre consacré à l'information et à la propagande. C'est la seule fois où le régime a défini une stratégie, estime Brahim Brahimi. Car c'est la seule fois où le régime avait besoin du peuple. Rappelez-vous ce que disait déjà Bentobal en 1959 : la démocratie, c'est pour les dirigeants uniquement. Elle n'est pas faite pour le peuple.» L'absence d'information doit-elle dans ce cas être interprétée comme un révélateur de la gravité de la situation. «Il est clair que le Président est très malade, affirme Ahmed Adimi. Prenez ce qui s'est passé en Egypte lors de l'hospitalisation du président Moubarak en Allemagne. Tous les deux jours, un ministre allait lui rendre visite et était filmé en sa compagnie. C'était une façon de montrer au peuple égyptien que leur Président allait bien et gérait les affaires du pays. Pourquoi le Premier ministre Sellal ne va pas voir Bouteflika à Paris pour faire des images avec lui ? Parce que cela n'est pas possible.»  

El Watan

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