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Au Swaziland, l'information est un privilège

Au Swaziland, de nombreux fonctionnaires de ce pays pensent que l’accès à l’information publique est un privilège auquel tout le monde n’a pas droit, rapportait Mantoe Phakathi le 5 août 2011 sur IPS.

L'organisation Save the Children - Swaziland (SCS) a initié le projet «Droit de savoir, droit à l’éducation». Les adolescents y participant devaient aller voir des institutions nationales pour récuperer des informations juridiques. Nothile Dlamini, 16 ans, s'est rendue compte de la difficulté à y accéder. Seuls 27% des fonctionnaires interrogés ont bien voulu répondre aux questions des adolescents, a découvert SCS.

S’il est difficile pour le Swazi ordinaire d’obtenir une information de la part des agents de la fonction publique, cela devient mission quasi impossible lorsqu'on est enfant ou adolescent.

Or, dans un pays où l'Unicef estime que 70.000 enfants sont des orphelins du sida, l'accès à l'information est «crucial», comme le note Jackson Rodgers, conseiller juridique à Save the Children:

«la plupart d'entre eux sont chefs de famille et ont la responsabilité de prendre des décisions qui affectent la vie de leur famille».

Si le droit à l’information est affirmé par la Constitution swazie, son application n’est nullement garantie par les autorités. Ainsi le citoyen qui se voit refuser l’accès à l’information par les services publics n’a aucun recours.

D’autant que pour Fanyana Mabuza, journaliste:

«Il n y a pas de politique du gouvernement pour l’accès à l’information. C'est à la discrétion de chaque fonctionnaire».

Dans un pays où les libertés individuelles sont particulièrement surveillées, l’accès à l’information peut aussi être un moyen de lutter contre la corruption. C’est du moins le souhait de Dumisani Mnisi, directeur de Save the Children - Swaziland. «Les gouvernements ne fonctionnent pas bien dans le secret», estime-t-il.

Selon le ministre des Finance, le Swaziland perdrait chaque mois près de 8 millions d'euros à cause de la corruption. Le pays est classé 91e sur 178 selon l’indice de perception de la corruption 2011 établi par Transparency International.

Lu sur IPS