mis à jour le

RAPPORT ANNUEL AMNESTY INTERNATIONAL : Macky sur les traces de Wade

Le Sénégal est considéré comme un mauvais élève, selon le rapport annuel d'Amnesty International, publié, hier, couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2012. Cette mauvaise note est due aux graves violations des droits humains, au recours excessif à la force, soldé par des morts d'hommes et, dont certains dossiers ont été enterrés ou classés sans suite.


Le Sénégal, jadis considéré comme un bon élève, en matière des droits de l'homme, a reçu une mauvaise note, de la part d'Amnesty international. Le rapport couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2012, publié, hier à Dakar, par Seydi Gassama et Cie, informe que le Sénégal n'a pas connu d'améliorations en matière de droits humains, même après les violences pré-électorales, dans l'opposition au troisième mandat du président Abdoulaye Wade, en 2012. Lesquelles se sont soldées par des morts d'hommes, après une utilisation excessive des forces de l'ordre, des tortures et mauvais traitements sur des hommes politiques et manifestants, de la part de la police et de la gendarmerie.
«Supprimer les ordres de poursuite, afin de poursuivre les forces de sécurité»
Déplorant que ces bavures policières n'aient pas encore connu d'issues judiciaires, Seydi Gassama précisera que certaines enquêtes ont été classées sans suite, sans que les familles de victimes et leurs avocats en soient informés. Aussi, exige-t-il la dé-classification de toutes les informations relatives à la répression sanglante des manifestations contre la candidature de Wade, pour permettre aux magistrats instructeurs d'avancer dans leur travail et poursuivre les commanditaires et complices de ces exactions. D'ailleurs, dira M. Gassama, le défi à relever de la part de la justice, si elle veut être crédible, est de poursuivre l'enquête pour atteindre les commanditaires et les complices, qui sont souvent des hommes politiques ou leurs supérieurs hiérarchiques, souvent protégés par «les ordres de poursuite» et ne pas se limiter aux élèves et auxiliaires de polices et de gendarmerie. Ainsi, encourageant les réformes entamées sur le code de justice militaire, il rappellera que sans suppression «des ordres de poursuite», la justice rencontrera toujours des difficultés pour poursuivre les membres des forces de sécurité.
Du Wade sans Wade
Par ailleurs, évoquant la rupture annoncée par les autorités étatiques, M. Gassama, reste dubitatif, jugeant que Macky Sall utilise les mêmes procédés que Wade, en interdisant des rassemblements et des manifestations initiés par des partis politiques, des syndicats et des organisations de la société civile, pourtant, les mêmes que celles qui l'ont porté à la tête du pays.
Pis, Amnesty International regrette l'attitude du Sénégal, auparavant terre d'asile et de refuge, dans l'expulsion du Tchadien Makaila Nguebla et du gambien Samba Kukoye Sagna, malgré des conditions régulières d'exil qui, malheureusement, n'ont pas pesé devant la cour faite à Yahya Jammeh et Idriss Déby.
Traque des biens mal acquis
D'avis avec les actions en justice engagées par le gouvernement pour punir les détourneurs de deniers publics et autres actes de mal gouvernance, M. Gassama n'en appelle pas moins au respect des droits des personnes mises en cause, notamment, sur leur présomption d'innocence et aussi de la décision de la CEDEAO, sur la levée d'interdiction du sortie de territoire national brandie contres des personnes juste poursuivies et non encore inculpées.
Un interlocuteur crédible pour la crise casamançaise
Parlant de la crise casamançaise, le représentant d'Amnesty International condamne l'attitude de César Atoute Badiate qui a pris en otage 12 démineurs, dont il exige la libération immédiate, tout en demandant à l'Etat du Sénégal de mener des négociations franches avec toutes les composantes du Mfdc, civiles, militaires, sous l'égide d'un médiateur crédible.
Suppression du ministère des sénégalais de l'extérieur
M. Gassama demande aux autorités étatiques de supprimer le ministère des sénégalais de l'extérieur, afin de renforcer les moyens financiers et humains des consulats du Sénégal à l'étranger, pour mieux prendre en charge les préoccupations de nos compatriotes émigrés, souvent victimes d'agression ou de meurtre. «Ce ministère ne sert à rien, sauf à renforcer la politique du chef de l'Etat», argumente-t-il.
Fara MENDY
REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

Ses derniers articles: Remaniement ministériel du 1er Septembre : Comment Mimi Touré a court-circuité Eva Marie Coll  Aliou Cissé:  Nécrologie- Décès du journaliste Abdoulaye Sèye 

rapport

AFP

Boko Haram: le rapport complexe des femmes avec leurs ravisseurs

Boko Haram: le rapport complexe des femmes avec leurs ravisseurs

AFP

Corruption au Nigeria: nouveau rapport accablant contre Shell

Corruption au Nigeria: nouveau rapport accablant contre Shell

AFP

Réélection de Bongo au Gabon: un rapport de l'UE pointe des "anomalies"

Réélection de Bongo au Gabon: un rapport de l'UE pointe des "anomalies"

Wade

AFP

Législatives au Sénégal: l'ex-président Wade appelle

Législatives au Sénégal: l'ex-président Wade appelle

AFP

Législatives/Sénégal: l'ex-président Wade rentre

Législatives/Sénégal: l'ex-président Wade rentre

AFP

Sénégal: l'ex-président Wade candidat aux législatives

Sénégal: l'ex-président Wade candidat aux législatives