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Palais de Justice : Une bataille rangée à cause d'un homme

Trois femmes : une mère (Abibou), sa fille (Mariétou) et la petite s½ur de Abibou (Mariam). Une autre amie, Djénéba clôt la liste à quatre. Toutes domiciliées au secteur n°1 de Bobo-Dioulasso ont comparu à la barre du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour répondre des faits de coups et blessures volontaires sur la personne de Madina, une jeune femme qui serait la copine du père de l'enfant de Mariam.

Mariam et Madina sont donc des rivales car sortant avec le même homme, Mariko. Elles s'emportent naturellement lorsqu'elles se trouvent sur le « terrain » et en arrivent souvent aux mains. Plusieurs fois, elles se sont bagarrées à cause de leur homme. Et il arrive qu'elles se trimbalent à la police ou à la gendarmerie. C'est d'ailleurs suite à une bagarre en janvier 2013 et que les deux ont porté plainte à la police. Une amie à Madina qui a été prise pour témoin ne l'a pas apprécié. Madina l'envoya alors pour appeler Mariam pour qu'elle vienne expliquer pourquoi elle a cité son amie comme témoin.

Une autre version de l'histoire raconte que Mariétou, la fille d'Abibou n'a pas supporté les injures que proférait Madina à sa « petite maman », Mariam. D'où la bagarre. Dans les tentatives de séparation, il ressort que Mariétou, Mariam, Abibou et leur amie Djénébou ont toutes porté des coups sur Madina. Le certificat médical atteste une Incapacité de travail temporaire (ITT) de 10 jours. La copine de Mariko se serait blessée au cou, sur la face et la poitrine. Chose que les prévenues ne reconnaissent pas. Mariétou estime que les coups qu'elle lui a portés ne peuvent pas entrainer ce que dit le certificat. « C'est donc à cause d'un homme que vous vous êtes battues », leur demande le substitut du procureur. « Regardez Mariko assis sur le banc des témoins. Il est à l'aise. Et vous, simplement, vous pouvez aller en prison. Et quelle que soit la décision du Tribunal, la honte vous incombe à toutes », a-t-il poursuivi. Appelé à la barre, l'homme pour qui ces dames se battent et qu'a qualifiée le Tribunal de « star du jour », soutient qu'il avait décidé depuis la gendarmerie d'arrêter toute relation avec ses copines. « J'ai décidé qu'on arrête tout, mais elles ne veulent pas comprendre », a-t-il dit aux juges. Ce que l'un des juges trouve de simple en disant que : « Si elles refusent de partir, vous avez la possibilité de partir. Au mieux changer de quartier ». Un procès que le président du Tribunal au rôle du mardi 21 mai 2013 qualifie de pédagogique en ce sens qu'il s'est agit de donner des leçons de morale à ces dames. Une amende de 50 000 F CFA avec sursis a été prononcée contre les prévenues alors que le procureur dans sa réquisition avait demandé une amende de 25 000 F CFA ferme. Aussi, pour prouver que la bagarre est totalement terminée, le président du Tribunal a demandé aux dames (les deux rivales) de se saluer.

Adama souhaitait qu'on réduise sa peine

40 ans et père de cinq enfants, Adama, cultivateur de profession séjournera 6 mois à la Maison d'arrêt et de correction du Bobo-Dioulasso. Une peine qui répond à son acte d'abus de confiance pour la somme de plus de 300 000 F CFA qui lui avait été remis pour l'achat de maïs. Les faits remontent à 2010. Salimata (la victime) lui a donné ladite somme pour l'achat de mais qu'elle prévoyait revendre. Se saisissant effectivement des sous, il a acheté le maïs. Au lieu de les restituer aux propriétaires, il a revendu lui-même sans pour autant reverser l'argent. Il soutient qu'il l'a utilisé pour acheter des médicaments de sa mère et ensuite ceux de sa femme. Devant les juges, il a promis de rembourser mensuellement. Le ministère public reconnaît qu'il est un délinquant primaire. Mais, a-t-il ajouté : « Il est de mauvaises foi ». D'où la requête de la peine de 3 mois de prison ferme. Une peine que le prévenu trouve un peu trop lourd. « Je souhaiterai que vous diminuer un peu la peine », a-t-il sollicité aux juges. « En principe, vous encourez une peine allant d'un 1 à 5 ans de prison ferme. Estimez-vous donc heureux de la requête du parquet », lui a répondu le président du tribunal en maintenant effectivement la peine requise.

Rassemblés par Bassératou KINDO

L'Express du Faso

Le Faso

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