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Au Rebond: NE PERDONS PAS NOTRE TEMPS AVEC CARTERON

Il ne sert à rien d'épiloguer sur le départ du technicien français. Notre football a d'autres priorités et pas des moindres

Patrice Carteron a donc signé au Tout Puissant Mazembé de Lubumbashi. Le technicien français l'a lui-même confirmé mercredi sur les antennes de Radio France internationale (RFI), indiquant qu'il a signé un contrat de deux ans avec les Corbeaux. «J'étais en contact avec le Tout Puissant Mazembé depuis plusieurs semaines. Je voulais attendre les deux prochains matches des Aigles pour démissionner de mon poste de sélectionneur du Mali. Mais ces derniers jours les choses se sont précipitées. J'ai signé au Tout Puissant Mazembé parce que le défi sportif et les conditions de travail proposés par cette équipe m'ont séduit», a déclaré le désormais ancien entraineur des Aigles dans l'émission «Radio Foot international». C'est donc la fin du suspense : Carteron a décidé de laisser la sélection nationale au bord de la route et va désormais diriger l'équipe du très médiatique gouverneur de la province du Katanga, Moïse Katumbi.
Cette décision du technicien français n'a surpris personne au Mali. Au contraire, elle était attendue par tout le monde sportif malien qui savait ce qui se tramait depuis dimanche dernier du côté de Lubumbashi. Mais ce que nos compatriotes n'ont pas compris et qui apparaît comme une insulte pour notre football, ce sont les propos tenus par Carteron et la campagne de dénigrement de nos confrères de RFI à l'encontre des instances sportives du Mali.  Après avoir trahi la Fédération malienne de football en signant au Tout Puissant Mazembé alors que son contrat court jusqu'en août 2014, Carteron dit qu'il souhaite diriger les deux prochains matches des Aigles contre le Rwanda et le Bénin (les  7 et 14 juin à Bamako), avant de quitter son poste. Comment peut-il signer en faveur des Corbeaux et prétendre encore à la direction des Aigles ? Le technicien français pense-t-il que le football malien a encore confiance en lui après cette affaire rocambolesque digne des entraineurs mercenaires ?
Autant l'attitude de Patrice Carteron est maladroite et indigne d'un entraineur de son rang, autant celle de nos confrères de RFI est surprenante, voire scandaleuse. Alors que le technicien français avoue lui-même «n'avoir eu aucun problème avec qui que ce soit au Mali», RFI prétend que les conditions de travail n'ont pas été souvent faciles pour l'ancien joueur de Lyon et que Giresse avait également eu des problèmes avec les instances sportives du Mali. Ces propos sont totalement infondés car depuis son arrivée au Mali en juillet 2012, Patrice Carteron n'a jamais eu un quelconque malentendu ou problème avec les instances sportives maliennes. Au contraire, la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) et le département de tutelle, le ministère de la Jeunesse et des Sports ont tout fait pour mettre le technicien dans les conditions idoines de travail. Certes, la FEMAFOOT et le ministère de la Jeunesse et des Sports ne peuvent pas garantir à Carteron le même traitement que le Tout Puissant Mazembé dont on sait que le président est l'un des plus riches de la RD Congo (le football malien n'en a d'ailleurs pas besoin pour obtenir des résultats). Mais jusque-là, les instances sportives maliennes avaient honoré tous leurs engagements vis-à-vis de Patrice Carteron et la campagne de nos confrères de RFI relève simplement de la mauvaise foi.
Le Mali a aujourd'hui les moyens de poursuivre Carteron et le Tout Puissant Mazembé devant la FIFA et leur faire payer leur inconduite vis-à-vis de notre pays. Mais à quoi bon de chercher à travailler avec un homme qui ne respecte pas ses paroles et en qui personne ne fait plus confiance au Mali ? Avec ou sans Carteron, le football malien peut et va continuer sa progression. Aussi, le football malien ne doit rien au technicien français qui devrait plutôt remercier notre pays pour l'avoir sorti du trou en juillet 2012 avant de le révéler à la planète foot lors de la dernière CAN en Afrique du Sud. Il ne servira à rien d'épiloguer sur le départ de Carteron; notre football a d'autres priorités en ce moment à savoir les éliminatoires de la Coupe du monde 2014 et la phase de poules de la coupe de la Confédération à laquelle le Stade malien va probablement participer. Laissons donc le technicien français et ses acolytes avec leur conscience.

S. B. TOUNKARA

L'essor

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