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Zimbabwe - Les diamants de la torture

Les témoignages recueillis par la BBC font froid dans le dos. Lundi 8 août, la chaîne britannique a révélé dans son émission Panorama les actes de torture encore perpétrés par les autorités du Zimbabwe sur des civils assignés au travail forcé, dans des camps à proximité des mines de diamants de Marange.

Ces révélations interviennent alors que l’Union européenne se déclarait récemment confiante quant à la levée partielle de l’interdiction du commerce de diamants provenant de cette région.

En 2009, le processus de Kimberley (PK), l’organisme qui veille sur la provenance des précieux minerais, avait décidé de cette mise à l’écart, après les premiers rapports d’abus et de tueries massives orchestrés par les forces de sécurité du Zimbabwe.

Le pays avait de nouveau été épinglé par le PK en 2010 —des avertissements qui n’ont apparemment pas été pris en compte.

La BBC a rassemblé de nombreux témoignages édifiants (sous couvert d’anonymat) de Zimbabwéens qui furent contraints de travailler dans ces mines:

«Ils nous battaient de 40 coups de fouets le matin, 40 l’après-midi et 40 le soir», affirme une victime. «Ils ont aussi utilisé des journaux pour me frapper sous les pieds, pendant que j’étais au sol. Ils ont également utilisé des pierres pour me battre aux chevilles.»

Un ancien soldat évoque, lui, certains agissements inhumains qu'il devait commettre fin 2008, tels que la torture par l’eau et la flagellation des parties génitales. Un autre rescapé déplore le traitement réservé aux femmes, souvent violées par leurs geôliers, et l’utilisation fréquente de chiens d’attaque:

«Ils menottaient le prisonnier, puis lâchaient les molosses. Il y avait beaucoup de hurlements», lâche-t-il, avant de se souvenir d’une femme mordue à la poitrine par plusieurs bêtes. «Je ne crois pas qu’elle ait survécu.»

Bien qu’attentif à la situation du pays dirigé par Robert Mugabe, le PK déclare ne pas avoir relevé l’existence de ces camps de torture, dont le principal, ceint de barbelés, porterait le nom de «Diamond Base».

«Ce n’est pas quelque chose qui a été notifié au processus de Kimberley», affirme Nick Westcott, porte-parole du groupe de travail sur la surveillance du PK.

Lu sur BBC News Africa