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Quels conseillers municipaux et ruraux pour 2014 ? (suite et fin) ( Par Gayedel Gaye)

Les dérives autoritaires, les violations des droits et libertés des personnes concourent aujourd'hui à détruire notre sens de l'enracinement dans une ouverture des c½urs et des esprits, or l'absence de conscience de soi annihile la volonté individuelle et collective de progresser.

La démission des populations vis-à-vis des politiques relève de l'absence d'éthique dans la gestion des cités ; aujourd'hui, les hommes au pouvoir politique comme leurs opposants ne sont mus que par le désir de s'enrichir et vite au détriment de la collectivité.

Chaque parti politique essaie de man½uvrer pour obtenir des postes de responsabilités pour ses dirigeants , sources de « désormais, nos problèmes financiers sont finis »
Cependant, avec le défunt SEMOU PATHE GUEYE, dont je partage le point de vue suivant :
« La démocratie est un jeu ; je conteste le paradigme de HOBBES et MACHIAVEL. Il faut une éthique en politique « objecte SEMOU PATHE GUEYE

Cette éthique est assise sur cinq piliers pour un jeu politique civilisé avec comme acteurs : l'Etat et les partis politiques, la société civile et le citoyen.

- 1 : L'action politique doit servir les hommes plutôt qu'à les asservir ; dans ce sens, toute action perd sa légitimité si elle n'est pas conforme à la dignité des citoyens.

- 2 : La politique ne doit pas être considérée encore moins pratiquée comme un jeu sans foi ni loi où tous les coups sont permis. La recherche des avantages personnels doit intégrer le souci du bien commun dans le respect des principes de loyauté et de l'engagement permanent

- 3 : Tous les citoyens, pouvoir ou opposition, politiques ou non, sont coresponsables devant la nécessité de garantir la sécurité et la liberté à tous.

- 4 : Toute action ou démarche politique fondée sur la discrimination ou l'intolérance doit être bannie

- 5 : Tous ceux qui détiennent ou convoitent le pouvoir politique acceptent que la légalité ne s'impose au citoyen que lorsqu'elle s' avère légitime .On ne gouverne qu'avec l'accord des citoyens qui doivent être en mesure de s' exprimer .Il faut des actes conformes à la loi. C'est un impératif absolu de l'Etat de droit

L'absence d'éthique est liée à la démission des citoyens du champ politique laissé à la voracité des vautours et chacals qui peuplent l'univers des partis ; or, dans l'environnement des pays en voie de développement, seule l'optimisation de la rentabilité marginale du facteur de production humain pouvait être le vecteur du développement.

Si le citoyen n'est pas mieux utilisé ou son utilisation mieux adaptée, des ressources sont gâchées et des occasions manquées sans avantage pour quiconque ;
La décentralisation par les «Conseils de quartiers ou de villages» est un moyen de lutter contre le gâchis, grâce à une organisation qui rend disponible des ressources intellectuelles ou physiques précédemment mal, peu ou sous utilisées.

Ce système de gestion de la proximité repose sur un principe préalable : chaque « Conseil de quartiers ou de villages », chaque COMMUNE, COMMUNAUTE RURALE, CONSEIL REGIONAL »doit être jugé sur sa volonté de réussite, sur les efforts fournis pour atteindre les résultats ; ce qui veut dire que l'Etat doit installer 2 systèmes interdépendants :

- Un système d'appréciation des performances suivant des critères explicites et objectifs directement liés aux buts poursuivis et aux missions assignées

- Un système de décisions en retour, soit positives (allocations de ressources supplémentaires, assistance dans les investissements durables), soit négatives (baisse de la dotation allouée ; fusion avec d'autres structures rentables)

Le corollaire de cette organisation de base c'est la mise sous tension motivante de toute la structure de base, c'est à dire le (s)quartier(s) ou village (s), le conseil communal ou conseil rural et le conseil régional ; ce qui suppose d'abord une certaine confiance dans l'action citoyenne des hommes :

- Confiance dans le citoyen pour choisir ce qui lui convient : décentralisation des choix, liberté d'action, responsabilité

- Confiance dans le citoyen conne source d'innovation basée sur l'esprit de création et le sentiment d'appartenance : délégation de décisions, approche participative consensuelle.

Cela suppose d'autre part une bonne organisation articulée autour des fondamentaux de l'Etat de droit ;une bonne organisation doit être transparente, or la transparence ne peut asseoir uniquement sa légitimité sur de bonnes intentions mais elle repose plutôt sur des actions concrètes et des structures crédibles assises sur un dialogue consensuel , et qui fonctionnent avec des hommes courageux et honnêtes choisis non pas par leurs appartenance politique ou confrérique mais par leur efficacité et leur intégrité morale . Une pareille organisation repose sur la culture du bilan annuel obligatoire et statutaire sous la supervision des corps de contrôle de l'Etat ; une telle organisation incite à, la performance puisque suppose que l'on juge l'efficacité des structures sur leur engagement à atteindre les objectifs à eux assignés

Cela va générer une motivation et une émulation entre structures, sources de progrès, parce que c'est en ce moment seulement qu'il y' aura chez les citoyens à la base une réelle volonté de réaliser des actions qui incitera à améliorer les performances.

La gestion de la cité se mesure plus en termes de rentabilité humaine que technique ou commerciale surtout dans nos pays dépourvus de richesse naturelle ; tout choix doit résulter d'un consensus fruit de larges consultations. Le respect de ces différentes règles est le seul gage de réussite d'un bon Chef d'Etat ., soucieux du mieux être de ses mandants , et dont la politique et le style doit entraîner l'adhésion de ceux sur lesquels sa politique s'applique. Une nation ne peut se développer que si ses hommes sont capables d'être les acteurs de ce développement et désirent l'être dans le cadre d'une gestion vertueuse, transparente, et dynamique instaurée collectivement.

Rien de durable et de positif ne s'édifie dans la division et dans la recherche effrénée d'un leadership individuel tel que vécu et théorisé par l'homme politique sénégalais
Etre Maire, PCR, Député, Ministre, Chef d'Etat, c'est avant tout être à l'écoute, et se mettre au service de sa collectivité avec intégrité morale et conscience professionnelle

Le résultat n'est pas toujours d'être le gagnant des joutes électorales mais c'est surtout le culte de la solidarité et le désir de servir sa collectivité qui doivent inciter les acteurs à la praxis quotidienne. La seconde alternance démocratique a aujourd'hui l'obligation de renforcer et d' approfondir la politique de la décentralisation initiée par ses devancières ;il faudra maintenir et embellir le legs afin de le rendre attractif et attrayant pour les citoyens ;les citoyens , qui au sortir de luttes intenses et successives ont pu , avec tant de sacrifices et de renoncements ,hissés notre envie d' exister parmi les nations démocratiques les plus citées ,doivent poursuivre la recherche d' autres acquis pour la participation responsable et citoyenne facteurs de progrès et de climat social apaisé

La décentralisation est arrivée à un tournant crucial de sa mise en ½uvre ; aussi, les populations de quelque bord politique qu'elles soient doivent s'écarter des chemins de l'indifférence et de l'immobilisme pour enfin cheminer ensemble vers la solidarité agissante et l'esprit citoyen ;

Partout à travers le monde des peuples ont gagné leurs combats démocratiques par l'esprit d'équipe et une commune volonté de vivre en commun dans un environnement partagé et convivia. La nation sénégalaise ,dans sa diversité ethnique, confrérique et territoriale , au-delà du nombre irréaliste de ses partis politiques , doit poursuivre sa mue vers une démocratie participative intégrale et totale avec une décentralisation axée non plus sur des élections municipales et rurales rassemblant les partis politiques mais vers une gestion collective et participative de tous les citoyens avec l'installation ,l'organisation et la supervision par l'Etat des « Conseils de Quartiers ou de Villages »

Le Président MACKY SALL invite ses concitoyens à une gestion vertueuse et transparente, or la politique de la transparence, de l'équité et de la justice ne se résume pas en de v½ux pieux ou de simples slogans sans âme, mais doit se traduire en actes concrets, mesurables, discutables, parce que perfectibles, en tant que DIEU seul est omnipotent et omniscient.

Cette contribution appelant à une modification des règles des élections des conseillers communaux, ruraux et régionaux s'inscrit dans la dynamique de cette volonté , parce que appelant à de larges concertations et d'échanges devant déboucher sur la participation citoyenne de toute la population et non plus à un jeu politique réservée à quelques initiés friands des « 3S « sous, sols et sirènes

La voie est tracée, le chemin balisé, et qu'il nous appartient aujourd'hui de s'y engouffrer avec ardeur, intelligence et solidarité agissante, et ainsi peut être que demain sera un autre jour pour nous aussi. Une nouvelle page de notre jeune démocratie devra être tournée avec ses joies et bien sûr ses peines ; mais il sied aujourd'hui au Président SALL d'en écrire les glorieuses et peut être ainsi laissé son nom à la postérité ; il lui appartient de ne pas se tromper d'objectifs ni d'échéances ; là où la l'esprit d'équipe et la dynamique de groupe n'existent pas, il n'ya pas de victoire possible

Puisse DIEU nous offrir l'occasion de pouvoir magnifier des «Hommes d'Etat» exemplaires, épris du sens de la justice, de l'équité et de la solidarité agissante ,exemplaires par leurs comportements et leur intégrité morale , et soucieux de la volonté populaire , qui seule demeure légitime et éternelle .

GAYEDEL GAYE
Citoyen ; Mail personnel ; [email protected]

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