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Algérie - Les trafiquants d'âne sont de retour

En Algérie, dans la wilaya de Tébessa, à 16 kilomètres de la frontière tunisienne, plusieurs têtes d’ânes égorgés ont été retrouvées à même le sol ces derniers mois. Après enquête, les services de sécurité de Bir el-Ater, à 90 kilomètres de Tébessa, ont saisi une importante quantité de viande d’âne destinée à l’exportation:

«La quantité de viande d’âne congelée retrouvée dans une maison inhabitée sur la bande frontalière est du pays est d’environ six quintaux», affirment les sources du quotidien algérien Echorouk, qui rapportait l’information ce samedi 6 août 2011.

Stockée dans des congélateurs, la viande d’âne côtoyait des morceaux de bœuf et de volaille. D’après les services de sécurité, les propriétaires envisageaient de les mélanger et de les exporter en Libye notamment, à l’heure même où la consommation et les prix de la viande rouge dans les pays arabes atteint des sommets durant le mois de ramadan.  

Plusieurs individus de nationalités différentes seraient impliqués dans cette affaire. Le quotidien Echorouk, qui s’appuie sur d’autres sources, a évoqué un réseau de contrebande impliquant des Tunisiens, des Libyens et des Algériens.

Six mois après le début du conflit, la Libye importe l’essentiel de ses produits alimentaires des pays frontaliers. Au mois de juin dernier, 85% des exportations tunisiennes étaient acheminées en direction de la Libye.

Mais ce n'est pas la première fois que des trafiquants passent les frontières avec de la viande asinienne. En 2010, 800 kilos d'âne avaient été saisis à Alger dans une boucherie du marché couvert Ali-Mellah, à Sidi M’hamed. Pour éviter d’éveiller les soupçons des consommateurs, les malfaiteurs écoulaient la viande sous forme de merguez.

Cette année, les contrebandiers auraient acheté les ânes 20.000 dinars algériens la pièce (197 euros) pour les revendre 120.000 dinars (1.150 euros) à l’exportation ou au marché local.

Le quotidien algérien Liberté relève que ce type de fraude nécessite pour les trafiquants de solides complicités dans les abattoirs. Pour l’année 2011, la Direction du commerce de la wilaya d’Alger aurait mobilisé 120 équipes composées de 240 agents de contrôle d'hygiène durant le mois de ramadan.

L’islam interdit la consommation de la viande de porc, de fauve (lion, tigre, léopard, loup, chien), d’oiseaux à griffes (aigle, milan, vautour, faucon…), de certains animaux dangereux comme le serpent, le scorpion et la souris, et enfin de la viande dite «répugnante». Selon certains, la viande d’âne sauvage (contrairement à celle de l'âne domestique) serait licite, car elle aurait été consommée par Mahomet.  

Lu sur Echorouk Online, Liberté