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RDC : Ban Ki-moon annonce que la brigade de l'ONU sera prête dans "un à deux mois"

GOMA (RDCongo) (AFP) - (AFP)

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé jeudi à Goma, ville stratégique de l'est de la République démocratique du Congo, que la brigade d'intervention de l'ONU sera prête d'ici "un à deux mois" pour combattre les groupes armés de l'est congolais.

Lundi, et après plusieurs mois de trêve, les combats ont repris entre l'armée et la rébellion Mouvement du 23 mars (M23) dans la zone de Mutaho, à une dizaine de km de Goma, capitale de la province riche et instable du Nord-Kivu.Des tirs d'armes lourdes ont atteint la localité de Mugunga, faisant fuir environ 30.000 déplacés.

Mercredi, Ban Ki-moon s'était dit préoccupé par la reprise des combats et a invité "toutes les parties à régler leur différend de façon pacifique"."Le temps est venu pour la paix et le développement pour le peuple de la République démocratique du Congo et ceux de la région", avait-il souligné.

Jeudi matin, un calme relatif régnait aux abords de Goma, l'armée et le M23 ayant tacitement décidé d'une trêve pour la visite de Ban Ki-moon qui, en début d'après-midi, a quitté Goma pour Kigali.

"Vu ce qui se passe, je pense que nous devons accélérer le déploiement pour qu'ils soient pleinement à pied d'oeuvre le plus tôt possible", avait déclaré mardi Ban Ki-moon depuis le Mozambique.Mercredi, l'ambassade de France à Kinshasa avait plaidé pour un "déploiement dans les meilleurs délais possibles".

Cette brigade doit renforcer la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), la plus importante au monde, forte de 17.000 hommes et chargée de la protection des civils.Dotée d'un mandat offensif, elle doit combattre et désarmer les groupes armés dans l'est de la RDC - M23 en tête.

Sécurité

La reprise des combats entre l'armée et le M23, qui s'accusent mutuellement de lancer les hostilités, intervient alors que les premiers éléments de la brigade - composée de 3.000 soldats tanzaniens, malawites et sud-africains - ont déjà commencé à arriver à Goma le 13 mai.

"La brigade d'intervention pourra apporter une certaine sécurité, mais elle seule ne va pas résoudre les causes réelles de la violence en RDC", avertit dans un communiqué publié jeudi Joanna Trevor, directrice associée en RDC de la confédération d'organisations Oxfam.

Selon elle, il faut aussi investir dans des forces de sécurité "fortes et fiables", un pouvoir "au service du peuple" et un système judiciaire obligeant ceux qui violent les droits de l'Homme à en rendre compte.

Ban Ki-moon est arrivé jeudi matin à Goma, où il a visité l'hôpital Heal Africa, qui prend notamment en charge les victimes de violences sexuelles.D'après William Bonane, médecin à Heal Africa, l'hôpital a recensé 6.500 cas de viols en 2012 et 2.500 au premier trimestre 2013.

Devant l'hôpital, une petite manifestation de femmes a été organisée, a constaté un journaliste de l'AFP.Parmi leurs messages : "Non à Kampala", "Refusons toutes négociations" et "Négociations jusqu'à quand ?" - une référence aux pourparlers de sortie de crise en cours à Kampala.

La veille, il était à Kinshasa, où il a notamment rencontré le président congolais Joseph Kabila, dans le cadre d'une tournée dans la région des Grands Lacs.Il a quitté Goma en début d'après-midi pour se rendre à Kigali et ira ensuite à Entebbe (Ouganda) et à Addis-Abeba, siège de l'Union Africaine.

Dans sa tournée, le secrétaire général est accompagné par Mary Robinson, envoyée spéciale des Nations unies dans les Grands lacs, Hervé Ladsous, chargé des opérations de maintien de la paix à l'ONU, et le président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim.

Mercredi, Jim Yong Kim a annoncé une aide d'un milliard de dollars pour les pays de la région des Grands Lacs, dont la RDC.L'aide sera destinée à des projets liés à l'énergie, l'agriculture, le commerce transfrontalier, la santé et l'emploi.

L'armée combat le M23 depuis mai 2012 au Nord-Kivu.Les rebelles réclament la pleine application de l'accord du 23 mars 2009 qui a régi leur intégration dans l'armée.Selon des experts de l'ONU, le Rwanda et l'Ouganda soutiennent le M23 - ce que réfutent ces voisins pays de la RDC.

Fin novembre, le M23 a occupé Goma une dizaine de jours avant de s'en retirer contre la promesse d'un dialogue de sortie de crise avec Kinshasa.Début mai, la rébellion a suspendu sa participation aux laborieux pourparlers, exigeant du gouvernement un cessez-le-feu.

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