La justice internationale est-elle raciste?
L'ancien président du Liberia Charles Taylor, 64 ans, a été reconnu coupable le 26 avril de crimes contre l'humanité.
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Mise à jour du 26 avril 2012: L'ancien président du Liberia Charles Taylor, 64 ans, a été reconnu coupable le 26 avril de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre en Sierra Leone entre 1996 et 2002, devenant le premier ex-chef d'Etat condamné par la justice internationale depuis Nuremberg.
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«On a l’impression que la Cour pénale internationale ne vise que les Africains. Cela signifie-t-il que rien ne se passe par exemple au Pakistan, en Afghanistan, à Gaza, en Tchétchénie? Ce n’est pas seulement en Afrique qu’il y a des problèmes. Alors pourquoi n’y a-t-il que des Africains qui sont jugés par cette cour?»
C’est peu dire que le Gabonais Jean Ping, président de la commission de l'Union africaine (UA) depuis 2008, n’a pas décoléré le 29 juin dernier lors du 17e sommet des chefs d’Etat de l’UA à Malabo, en Guinée équatoriale.
L’objet de son courroux: le mandat d’arrêt international lancé 48 heures plus tôt par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre de Mouammar Kadhafi. Interpellant vivement son procureur en chef Luis Moreno Ocampo, il s’est écrié:
«Nous lui avons dit, appliquez le droit, ne faites pas de politique. Comme le dit un président, Ocampo est une blague.»
Et l’ancien ministre des Affaires étrangères gabonais d’annoncer dans la foulée que l’UA n’appliquera pas le mandat d’arrêt de la CPI contre le Guide libyen. Le mot racisme n’est jamais prononcé —mais il se lit entre les lignes.
Depuis plusieurs années, une guerre larvée oppose la CPI et l’UA. En 2008, l’organisation panafricaine s’était déjà insurgée contre le mandat d’arrêt émis par Luis Moreno Ocampo à l’encontre du président soudanais Omar el-Béchir alors inculpé pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. Et refusé de coopérer avec elle.
Mais cette fois, le ton est plus acerbe. L’exaspération n’est pas loin.
Le Moyen-Orient oublié de la CPI
A ce jour, quatorze mandats d’arrêt ont été émis par la CPI —tous contre des ressortissants africains.
Trois Soudanais: Ahmed Haroun, ancien ministre des Affaires humanitaires et Ali Kushays, le chef des milices djandjawids (27 avril 2007); et le chef de l’Etat Omar el-Béchir (14 juillet 2008);
Cinq Ougandais: tous des dirigeants de l’Armée Résistance du Seigneur (ARS) dont son numéro un, Joseph Koni (2005);
Cinq ressortissants de de la République démocratique du Congo (RDC): Thomas Lubanga Dyilo (10 février 2006); Germain Katanga (2 juillet 2007); Mathieu Ngudjolo Chui (6 juillet 2007); Bosco Ntaganda (26 août 2006). Les trois premiers se trouvent actuellement au centre de détention de la CPI, à La Haye.
Jean-Pierre Bemba Gombo, fondateur du Mouvement de libération du Congo et ancien vice-président de la RDC, le 23 mai 2008 remplacé le 10 juin de la même année par un autre mandat. Arrêté, il a été transféré au centre de détention de la Haye.
Et last but not least, le numéro un libyen, Mouammar Kadhafi.
Mais pas le début d’une enquête contre les commanditaires de la guerre en Irak que sont l’ancien président des Etats-Unis George Bush et Donald Rumsfeld, son ministre de la Défense. Un conflit pourtant déclenché contre l’avis du Conseil de sécurité en mars 2003, qui a coûté la vie à des centaines de milliers d’Irakiens et entraîné des violations des droits de l’homme comme dans la désormais (tristement) célèbre prison d’Abou Grahib.
Motus et bouche cousue également sur le conflit israélo-palestinien. Alors que selon plusieurs rapports circonstanciés effectués par l’ONU, Amnesty International et Human Rights Watch, l’armée israélienne aurait commis des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, notamment au cours de l’opération Plomb durci, du 27 décembre 2008 au 27 janvier 2009 contre le Hamas dans la bande de Gaza.
Guerre larvée entre l'UA et la CPI
A l’évidence, la justice internationale et son bras séculier, la CPI, sont loin d’être irréprochables. Sidiki Kaba, l’avocat sénégalais qui a présidé de 2001 à 2007 aux destinés de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), ne s’en est jamais caché. Dans son dernier ouvrage La justice universelle en question: Justice de blancs contre les autres? (L’Harmattan, 2010) il se fait fort d’en souligner les ambiguïtés et les «ressorts politiques qui les sous-tendent».
Pour autant, cet infatigable combattant des droits de l’homme a toujours désapprouvé la décision de l’UA de ne pas coopérer avec la CPI. Il l’avait dénoncée en 2008, quand les chefs d’Etat africains avaient apporté leur soutien au président soudanais Omar el-Béchir:
«L’Union africaine s’est placée dans une situation ambiguë en soutenant Omar el-Béchir et en refusant de coopérer avec la CPI. Cette situation remet en cause l’engagement de ses membres à combattre l’impunité. Elle viole l’Acte unique qui l’a créé et qui élève au rang de priorité la lutte contre l’impunité et le respect des droits de l’homme», s’était-il insurgé.
Prix Nobel de la paix, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu avait lui aussi crié son indignation:
«En juillet 2008, quand on a appris que le procureur de la CPI préparait un mandat d’arrêt contre Béchir pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, l’Union africaine a publié un communiqué adressé au Conseil de sécurité de l’ONU pour lui demander de suspendre le processus.
Au lieu de condamner le génocide au Darfour, l’Union africaine a choisi de faire part de ses inquiétudes au sujet de l’acharnement dont seraient victimes les dirigeants africains et a soutenu les efforts d'el-Béchir pour retarder la justice».
Le bras de fer que livre l’UA à la CPI est d’autant plus discutable que trois principaux dossiers concernant des pays africains sont actuellement ouverts à la Haye: la RDC, l’Ouganda et la République centrafricaine. Mais, à chaque fois, ils l’ont été à la demande de leurs chefs d’Etat respectifs. Considérant que leur pays n’avait pas les moyens de conduire dans les meilleures conditions de véritables enquêtes ou des poursuites contre les auteurs et les complices de graves crimes sur leur territoire, ils ont souhaité que l’instance judiciaire onusienne s’en charge.
Car mis à part des cas exceptionnels comme le Darfour ou plus récemment la Libye où, à la demande du Conseil de sécurité, elle a initié d’elle-même des actions judiciaires, la CPI, juridiction permanente chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, a été conçue pour compléter les systèmes judiciaires nationaux. Elle ne peut exercer sa compétence que lorsque les juridictions nationales n’ont pas la volonté ou la compétence pour juger de tels crimes.
La CPI ne s’en prend pas qu’aux Africains
Dans le cas spécifique de Charles Taylor, l’ancien président libérien inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, s’il est jugé depuis avril 2007 à la Haye, c’est à la demande insistante du Liberia et de la Sierra Leone qui ont souhaité pour des raisons de sécurité intérieure que son procès soit délocalisé.
Par ailleurs, affirmer comme Jean Ping que la CPI ne s’en prend qu’aux Africains est une contrevérité. Le premier chef de l’Etat en exercice à avoir été remis à la justice internationale est l’ex-président de la Serbie Slobodan Milosevic, en juin 2001.
Sans oublier que Radovan Karadzic, l’ancien dirigeant serbe de Bosnie inculpé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TIP) pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, arrêté le 22 juillet 2008, est en détention à la prison du TIP à la Haye depuis le 30 juillet 2008. Il y a été rejoint le 31 mai 2011 par son ami l’ancien chef de l’armée bosno-serbe, le général Ratko Maldic, mis en examen pour les mêmes infractions après avoir été arrêté le 26 mai dernier.
En réalité, outre le manque de volonté politique pour combattre l’impunité, qui est l’une des principales causes des conflits qui ensanglantent l’Afrique —à de rares exceptions près comme l’Afrique du Sud et, dans une moindre mesure, le Nigeria et le Ghana— deux maux principaux affectent la justice sur le continent africain: un manque criant d’appareils judiciaires idoines et une insuffisante —voire aucune— indépendance vis-à -vis des pouvoirs politiques. Les victimes de l’ancien dictateur tchadien Hissen Habré, qui attendent toujours son jugement alors qu’il est inculpé depuis 2000 par la justice sénégalaise pour complicités de crimes contre l’humanité, actes de torture et barbarie en savent quelque chose.
Valentin Hodonou
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Ce que vous nommez "Justice internationale" est ethnocentriste, mais ses membres ne l'admettrons jamais et encore moins l'autre de cet article. Il faut être d'une grande naïveté pour en douter !
A mon avis, si le mot racisme "se lit entre les lignes", c'est parce que à mon avis, les Africains commencent à comprendre comment fonctionne la fourberie de la "communauté internationale" et s'adaptent à son langage : dire une chose tout en pensant exactement autre chose ou le contraire. C'est une bonne chose, l'élève apprennant du maître, même si c'est avec quelque lenteur.
Le fait que la "Justice internationale" ait jugé des seconds couteaux ne devrait pas faire oublier que les criminels les plus dangereux de l'humanité n'ont jamais été inquiétés par cette "Justice". Ni Nicolas Sarkozy et encore moins le Nègre utile de la Maison Blanche ne seront jamais jugés pour avoir fait massacrer un peu partout dans le monde. Leurs derniers exploits en date se situant justement en Afrique.
Qui jugera, Mr Hodonou, les crimes de 2004 de la Licorne, en Côte d'Ivoire ; qui jugera ceux de cette dans ce pays et qui jugera les meurtriers des Libyens. Vous n'expliquez pas que l'on assassine les enfants d'un dirigeant sans être inquiétés. Mais vous nous dites que l'impunité fait son lit en Afrique à cause de l'incurie de nos dirigeants, sans faire la moindre allusion à leurs mentors. Pourquoi ?
Nous nous méfions de plus plus de nos plumes, qui nous trompent au lieu de nous éclairer.
D'abord, il n'y a pas de justice "internationale, elle n'a jamais existé et n'existera jamais. Il y a seulement la "justice internationale" du plus fort. Or, le plus fort, aujourd'hui, est connu : les USA et leur convoi de pays occidentaux et affiliés et le sionisme mondial. La CPI n'est rien d'autre que le bras "légal" de cet impérialisme et Ocampo n'est rien d'autre que "la voix de son maître". Tout ce qui se dit sur la justice africaine boiteuse, unijambiste et même inexistante ne peut être pris comme alibi pour camoufler le racisme exacerbant de la CPI. D'ailleurs, si l'ONU et son "Conseil" d'insécurité sont racistes, comment cette CPI ne peut-elle l’être ? Regardez l'affaire "DSK" comment fût-elle menée de maître de racisme et d'injustice par le poids des lobbys ? Quand on verra les vrais criminels contre l'humanité, l'humanisme et la Justice, ceux qui ont détruits des pays, massacré des peuples entiers et enterré des civilisations entières, jugés et inculpés par cette CPI, il y aurait un espoir de "justice internationale". Mais il ne faut pas rêver.
Salut
Partout dans monde, il n'y a qu'en afrique, où on trouve les criminels qui commettent toutes sortes d' atrocités, passables de crime contre l'humanité, crime des guerres ...
Les USA, on se demande pourquoi n'ont-ils pas confiance à cette institution qui se veut planétaire?
Les européens sont méchants vis à vis du continent africain et il n' y a point un autre terme.
Bref, c'est injuste et c'est ça la loi du plus fort. Mais le KARMA existe pour toute croyance, et chaque personne a sa croyance.
Bonne journée
JP
...contre l’Afrique sont usants. Le racisme est universel. Il y a proportionnellement autant de racistes au nord qu'au sud, à l'est qu'à l'Ouest. Sous couvert de panafricanisme se cachent de nombreux racistes anti blancs. D'ailleurs à propos de la CPI, et vous le soulignez bien, le premier a été Milosevich un "blanc". Depuis, si je ne me trompe pas, il y a Gbagbo, Taylor, Mladic et Karadzic. Les deux derniers (donc la moitié) n'ont pas vraiment le teint mat. Si demain la cpi est dirigée par une femme "noire", ce qui devrait être le cas, on va la traiter de "bounty". Pour ces mêmes personnes (les illuminés du complot), Obama n'est plus un black qui a réussi a se hisser en haut de l'échelon américain mais "un traitre" à leur cause qu'ils croient Africaine . Bien sur, il vaudrait mieux que les affaires africaines restent en Afrique. Mais regardez le niveau inefficacité de l'UA. C'est à désespérer. Donc je dis qu'il vaut mieux une cpi "hollandaise" que rien du tout et que si la CPI s’occupe bien de l'Afrique, c'est une chance pour nous. Commençons à élire des gens compétents et sérieux plutôt que des guignols populistes et/ou de notre ethnie, et un grand pas sera fait. Regardez un Pédro Pires du cap vert dont personne n'entend parler mais qui a des résultats et une gouvernance extraordinaire. On devrait montrer ces gens en exemple; au lieu de ça, on nous sert des Khaddafi, Gbagbo, etc, on essaie de faire passer ces "pouvoiristes" pour des grands défenseurs de la cause Africaine, alors que cette dernière était le cadet de leurs préoccupations. Les occidentaux nous respecterons plus lorsque nous mettront à la tête de nos états des gens respectables...
Un épisode de plus,dans les humiliations infligées aux africains,par l'Europe,imbue de sa super puissance.
- Acte 1: ESCLAVAGE.Des populations nègres sont désouchées d'afrique,vendues comme du bétail,pour aller construire le nouveau continent,l'Amérique.A la manoeuvre,les européens.
- Acte2:COLONISATION.Les africains restés en Afrique subissent la colonisation.Sous prétexte de leur apporter "la civilisation",on leur arrache leurs terres et leurs richesses,en prenant soin d'effacer tout ce qui a trait à leurs cultures.Ceux des africains qui essaient de s'opposer à cet état de faits sont assassinés et massacrés.A la manœuvre,les européens
- Acte3:HUMILIATION. Des africains sont extirpés d'Afrique,pour être jugés en Europe.A la manœuvre, les européens.
Epilogue: face à tant d'injustices subies au fil des siècles,les survivants aux guerres au sida et au paludisme entonnent à longueur de journée le refrain d'une chanson bien connu de chez nous:
"ON VA FAIRE COMMENT ?"