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Le machiavélique Rached Ghannouchi va frapper encore

Par Ridha Ben Kacem

Rached Ghannouchi souhaite rallier « les franges modérées »,de la mouvance jihadiste tunisienne. C'est ce qu'il dit, dans un entretien, publié, mercredi 22 mai, par Le Figaro, quelques jours, après de violents heurts entre policiers et salafistes, à Kairouan, mais, surtout, à la cité Ettadhamen. « Je pense qu’un tri se fera, entre les franges modérées, qui refusent de s’opposer à l’État, et les autres »,estime Rached Ghannouchi, à chaud ou à froid, à vous de juger. « On doit essayer de les récupérer » et « pour cela, il faut dialoguer »,dit-il encore, sans doute, pour nous épater. Bons essayons de décoder ses dires.

D'abord, que sont « les franges modérées des jihadites » ? Tout simplement, celles qui ne sont pas armées. Du moins, pas pour le moment. Que ces franges fassent tout pour imposer leur point de vue, rétrograde et décadent, à l'ensemble de la société, n'entre, nullement, en compte, dans cet attribut. Elles restent modérées, aux yeux de Rached Ghannouchi, car, il n'est pas loin de penser et d'agir, de la même manière, lui qui se considère, comme la colonne vertébrale, de la Tunisie. Sa conscience et toute sa science, aussi, n'en doutez pas.

Qu'est-ce que « faire le tri »,maintenant ? Rached envisage-t-il de se convertir, en facteur ? Voilà une mouvance, qu'il est difficile, de connaitre avec précision. On ne connait pas toutes ses composantes, ni leurs obédiences, ni les effectifs, réels, des troupes qui les composent. Comment faire le tri, dans ce qui n'est pas connu ? À moins que certains, ne disposent de ces connaissances, qui échappent à tout le monde. Rached GHannouchi, par exemple ?

« On doit essayer de la récupérer ».Qui ? Pas moi, en tout cas, ni mes connaissances et amis. Alors qui ? L'Etat ? Pour en faire quoi ? Des policiers des m½urs ? Je ne le crois pas, car l'Etat n'est pas la propriété privée du Cheikh, ni de celle de son bras gouvernant, Ali Larayedh. La bonne question est de savoir qui a intérêt à « récupérer » ces barbus ? L'opposition laïque ? Hizb Attahir ? Ennahdha ? Je vous laisse le soin de mettre les points sur les « i ».

« Et pour cela, il faut dialoguer ».Là, c'est clair, comme l'eau de roche. Aucun être sensé, aucun être rationnel, ne peut dialoguer avec les salafistes. C'est de notoriété publique, voyons. Ces gens là sont « takfiristes »,par essence et par définition. Avant même, que vous n'ayez prononcé votre première parole, vous voilé, définitivement, taxé de mécréant, à vie, promis aux, plus affres, supplices de l'enfer. Qui peut éviter un tel écueil, dans un éventuel dialogue, avec les salafistes, je vous le demande ? Le Cheikh, que personne ne peut traiter, sérieusement, de mécréant ?

Si vous avez des réponses, claires et précises, à toutes ces questions, combinez les et voyez ce qu'il en sort. Que trouvez-vous ? Qu'une fois, encore, le Cheikh est, sur le point, de jouer un mauvais tour, au pays ? Que cela expliquerait pourquoi, son bras gouvernant, a, clairement, indiqué, son intention, de libérer les salafistes interpellés dimanches derniers ? Si vous avez abouti à ces résultats, poursuivez la lecture de ce document. Sinon, allez vous doucher, pour vous réveiller. Revenez, ensuite, et reprenez depuis le début.

Selon Rached Ghannouchi, les violences de dimanche dernier, ont été « un test sur l’application de la loi, et c’est une victoire pour l’État ».Ghannouchi n’écarte pas, cependant, « une réponse » violente à cette « répression. » Mais, dans ce cas, « ils se mettraient, encore plus, en difficulté, et cela remonterait le peuple contre eux, et augmenterait leur marginalisation. ».Mais, ma parole, je rêve ou quoi ? Le Cheikh s'adresse, directement, aux jihadistes, pour leur manier, sous le nez, à la fois, le bâton et la carotte ! Décidemment, on aura tout vu. Il va falloir que j'envisage, sérieusement, de devenir moine, au Tibet. Et vous savez pourquoi ? Tout simplement, parce que mes yeux sont fascinés, non pas par le bâton, non pas par la carotte, mais par celui qui tient l'un et l'autre, au nez et à la barbe de ce bon peuple laborieux, ou encore, endormi.

Face à ces jihadistes, « il faudrait résoudre des problèmes de développement», nous révèle, encore. Le Cheikh retors. En d'autres termes, ils sont là, et ils resteront. « 7abba man 7abba, wa kariha man karih. Hihh » ! « Le phénomène jihadiste se développe dans les zones, les plus pauvres, au développement desquelles, l’État devrait donner plus d’importance». Ainsi, c'est à l'Etat de casquer, et c'est au Cheikh de ramasser la mise, pour la gloire de LUI et de son Parti.

Pourtant, je croyais, sincèrement, que le gouvernement, dirigé par les islamistes d’Ennahda, avait levé l’ambiguïté, en se disant déterminé, à lutter contre la mouvance jihadiste, un temps, qualifiée de « terroriste ».Tandis que le calme revenait, lundi, à Tunis, après les violents heurts, entre policiers et salafistes, la caboche du Cheikh Rached Ghannouchi élaborait, en secret, un autre plan, machiavélique, pour devenir « Calife à la place du Calife » le Calife à destituer, étant l'insaisissable, Abou Iyadh, bien entendu.

Par Ridha Ben Kacem le23 mai 2013