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Urgence

La dernière déclaration optimiste du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, faite lundi sur la santé du président Bouteflika, dans laquelle il affirmait que «le pronostic vital du chef de l'Etat n'a jamais été engagé», n'a pas fait baisser pour autant la fièvre des médias algériens et étrangers dans leur quête de percer le blindage de haut calibre du dossier médical. Bien au contraire - et c'est le propre de toute communication cryptée - les propos mesurés tenus par le Premier ministre ne manqueront pas de faire l'objet de décodage et de lectures croisées avec les déclarations antérieures par la presse, les milieux politiques et par l'opinion, ici en Algérie et à l'étranger, pour tenter de cerner, dans une approche de sémiologie politique, quelque sens caché. Ainsi, lorsque M. Sellal promet que dans quelques jours «la maladie du Président ne sera plus qu'un mauvais souvenir», pour certains cela signifie, en décodé, que l'on reconnaît de manière officielle que Bouteflika avait vécu un cauchemar, que ses ennuis de santé étaient bien plus sérieux qu'on s'est plu à le répéter au cours de ces longues semaines de polémiques autour de son bilan de santé. Depuis l'annonce de son malaise cardiaque et son transfert à l'étranger, en lieu et place d'un bilan médical périodique précis, qui devrait logiquement émaner de la seule source autorisée en l'espèce, en l'occurrence l'équipe médicale qui se trouve à son chevet, l'opinion algérienne a droit - et encore c'est sous la pression des médias - à des incantations politiques et à des prophéties qui ne laissent d'autre choix aux citoyens que la croyance aveugle ou le doute lucide. Tant que le voile et le mystère sur le bilan de santé actualisé de Bouteflika n'auront pas été levés, tant qu'il n'apparaîtra pas à la télévision, c'est le diagnostic du pire qui apparaît le plus plausible aux yeux de l'opinion. Même dans les régimes les plus hermétiques, tels que Cuba ou l'Argentine, les anciens présidents Fidel Castro et Hugo Chavez se sont pliés à cet exercice démocratique et ont consenti, même dans un état physique et de santé fortement dégradé, de se montrer à la télévision, sur leurs lits d'hôpital, en prenant bien soin de veiller à ne diffuser que les plans qui ne laissent trahir aucun signe d'une santé chancelante. Le fait que l'on censure le bilan de santé de Bouteflika pour ne s'en tenir qu'à des formules de v½ux pieux à l'emporte-pièce et que son image disparaît des écrans de télévision - et des radars - depuis son hospitalisation est, pour beaucoup, le signe évident que l'on nous cache des choses graves. D'où ce foisonnement de rumeurs, de déclarations, de démentis tous azimuts auquel nous assistons, entraînant le débat, au départ à caractère médical et privé duquel il n'aurait jamais dû sortir, sur un terrain où les enjeux politiques apparaissent au grand jour. Plus la durée de sa convalescence se prolonge - si le Président se trouve véritablement dans cette phase thérapeutique, comme le soulignent les communiqués et déclarations officiels - plus le débat sur la question de la succession gagnera en intensité. Si le Président est tiré d'affaire et qu'il est en convalescence comme on le soutient, la seule et unique manière de mettre fin à cette diatribe est le retour rapide et urgent au pays. Les déclarations officielles rassurantes sur sa disponibilité au travail apparaîtront donc plus crédibles que celles, surréalistes, faites alors qu'il est hospitalisé loin du pays.

El Watan

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