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17 médicaments soupçonnés dangereux

Un cas de décès a été enregistré il y a un mois, mais l'enquête est toujours en cours pour déterminer si un des médicaments suspectés d'être dangeureux n'en est pas la cause. La déclaration du nombre de cas de pharmacovigilance et de matério-vigilance a enregistré une augmentation significative ces dernières années. Plus de 700 déclarations d'effets indésirables ont été notifiées par les prescripteurs et les centres hospitaliers au Centre national de pharmacovigilance depuis septembre 2012 à ce jour. 17 médicaments enregistrés et inscrits à la nomenclature nationale des médicaments au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière ont fait l'objet d'une enquête par les services du Centre national de pharmacovigilance et en matério-vigilance (matériels consommables ; CNPM), dont 5 sont jugés dangereux et 1 produit a été retiré suite à un cas mortel. Cinq médicaments utilisés en cancérologie et en néphrologie (maladie des reins) sont classés en observation, dont trois marqués au rouge en attendant les dernières vérifications et les résultats définitifs des enquêtes qui pourraient éventuellement être en faveur de leur retrait du marché national. Une suspension temporaire d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) d'un médicament importé et utilisé pour la première fois en Algérie a été déclarée. Le produit en question a été signalé dès sa première utilisation dans des grands hôpitaux de la capitale et a fait l'objet d'interdiction à la prescription suite à des effets indésirables graves enregistrés chez les patients. Un autre traitement utilisé dans la maladie cancéreuse a été également concerné par cette enquête du CNPM. Ces produits figurent sur la liste de médicaments enregistrés pour la première fois en Algérie, en 2012, dans la précipitation sur instruction de l'ex-secrétaire général du ministère de la Santé, M. Bouchenak. Ainsi, la prescription de cette chimiothérapie a été suspendue suite à des cas de toxicité grave chez des patients. Un cas de décès a été enregistré, il y a moins d'un mois, mais l'enquête est toujours en cours. Un premier rapport délivré par le CNPM parle d'«imputabilité probable». Interrogé à ce propos, le chef de département de pharmaco et matériovigilance, le Dr Nadjet Loumi, signale que le produit a été effectivement notifié par certains services d'oncologie, mais aucune conclusion n'est encore possible. «Des pré enquêtes sont organisées dans la confidentialité dans les différents centres. On ne peut rien dire pour le moment tant que toutes les données ne sont pas réunies. Il s'agit d'un produit de cancérologie important. Nous devons suivre de très près tous les éléments pour pouvoir mettre un lien de causalité», nous a-t-elle expliqué. Et de préciser qu'il y a «d'autres aspects à prendre en considération tels que l'état général de santé du patient et surtout la susceptibilité de l'individu à répondre à un produit chimique et toxique. Comme il ne faut pas aussi négliger l'association de plusieurs médicaments et surtout l'automédication». Le Dr Loumi estime que tous ces éléments doivent être pris en compte afin de décider des suites à donner. «La décision est collégiale dans le cadre d'un comité ad hoc constitué de représentants des différentes institutions relevant du ministère de la Santé et des spécialistes concernés pour chaque produit», a-t-elle souligné avant de relever qu'il est parfois difficile de statuer lorsque le produit n'est pas incriminé par d'autres services ou centres médicaux. «C'est le plus gros problème qui peut freiner à prendre une décision définitive.» Le Pr Helali, directeur du CNPM, a indiqué que des pré enquêtes et des enquêtes sont menées auprès des utilisateurs pour savoir si le médicament est réellement en cause dans l'effet indésirable notifié. «Mais il est aussi important de savoir s'il y a les documents nécessaires justifiant son enregistrement par le ministère de la Santé. Il est important de savoir s'il y a des bioéquivalences, des études cliniques qui ont été effectuées et quelle est la pharmacopée utilisée dans l'analyse de ces produits, notamment pour les produits cancéreux qui sont les plus concernés. Car il faut dire que la courbe en matière de besoins est montée en flèche pour les produits de spécialité contre des molécules de base. L'Algérie est devenue un déversoir», regrette-t-il. Du côté du Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques (LNCPP), les médicaments en question sont soumis au contrôle qui est effectué sur des échantillons pris au hasard et lorsque la conformité est avérée, elle est systématiquement signalée. Mais il reste que de nombreux produits anticancer sont validés par le LNCPP «sous la responsabilité du fabricant, le produit est libéré à la commercialisation sous toute réserve», car on explique que «ces produits sont photo-toxiques». Ce qui nécessite en fait un suréquipement de ce laboratoire pour une meilleure sécurité des médicaments et de leur usage.  

El Watan

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