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Les obligations privées, facteur de risque pour les OPCVM ?

 

En ce jeudi 23 Mai, l'ASFIM (Association des Sociétés de Gestion de Fonds d'Investissement Marocains) organise avec Casablanca Finance City, un évènement sur un sujet devenu d'une grande importance ces dernières années : «Dette Privée au Maroc, Enjeux & Perspectives». Le Ministre des finances, M. Nizar Baraka, M. Said Ibrahimi, CEO de Casablanca Finance City, M. Hassan Boulaknadal, Directeur Général du CDVM,  M.Mounir Razki, Directeur des opérations monétaires et des changes de Bank Al-Maghrib, le Directeur général de la bourse, M. Hajji, et plusieurs autres personnalités marocaines et étrangères du monde de l'Économie, seront présentes.

Le marché de la dette privée au Maroc a connu une croissance spectaculaire de 30 % par an pour atteindre un encours de 180 MMDhs en 2012. Sur les trois dernières années, son gisement a connu une évolution annuelle  de 130 % en 2010, 160 % en 2011 et 180% en 2012. Si le secteur bancaire représente 49 % de la dette privée au Maroc, le secteur industriel a augmenté pour atteindre les 32 %. Ce marché a évolué grâce à la présence forte des OPCVM qui occupent une place très importante dans le financement de l'économie. En effet, l'encours des obligations privées détenues par les OPCVM a été multiplié par 10 entre 2005 et 2012 pour atteindre près de 90 milliards de dirhams, soit 33 % de l'encours global des OPCVM. Et la proportion des obligations privées détenues par les OPCVM atteint aujourd'hui 50 % contre 30 % en 2005 du gisement global. Avec la crise économique qui s'installe au Maroc, les défaillances financières constituent un risque aggravé, qui met la profession des gérants d'actifs face à une situation délicate sachant que contrairement aux banques, les OPCVM ne peuvent pas provisionner et que tout problème de paiement se traduit par des pertes et une baisse de leur performance. Afin de préserver l'intérêt de l'épargne et des OPCVM, l'ASFIM met sur la scène publique le débat sur la dette privée afin d'assurer une continuité dans le bon fonctionnement de ce marché et une pérennité des performances des différents produits d'épargne. C'est pour évaluer la portée de cette problématique et ses conséquences que La Nouvelle Tribune a interrogé le président de l'ASFIM, M. Amine Amor, sur les objectifs et les attentes que cette journée d'étude devrait aborder. En voici la teneur.

Afifa Dassouli

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Trois questions à Amine Amor, président de l'ASFIM

Amine-Amor

La Nouvelle Tribune : M. Amine Amor, l'ASFIM que vous présidez, organise un évènement sur la problématique de la dette privée détenue par les OPCVM. Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs ce qui justifie l'ouverture d'un tel débat ?  Quels sont les objectifs attendus ?

M. Amor : L'ASFIM en tant qu'association qui représente les sociétés de gestion d'actifs est très impliquée car d'une part, la dette privée représente plus du tiers des actifs gérés par les OPCVM et d'autre part, ces OPCVM détiennent près de la moitié de l'encours global des obligations privées.

Par ailleurs, le gisement du marché de la dette privée a connu une évolution des plus importantes puisqu'il a quadruplé entre 2007 et 2012.

L'objectif de cette conférence est de faire un diagnostic de ce compartiment du marché des capitaux et d'identifier les perspectives qu'offre ce marché à la fois aux investisseurs et au financement de l'économie.

 

Pourquoi l'ASFIM décide-t-elle d'ouvrir ce débat alors qu'il soulève un pan du risque de la profession susceptible d'effrayer le grand public, client des OPCVM?

Il n'est en aucun cas question d'effrayer le grand public, mais plutôt de l'informer et de le rassurer. En tant que gestionnaires financiers, nous avons la responsabilité d'½uvrer pour améliorer en permanence le fonctionnement des marchés. La dette privée est l'un des canaux de financement de l'économie qui a connu un développement important.  A titre de comparaison, le marché de la dette privée représente près de la moitié du gisement des Bons du Trésor. Il représente également près de 40 % de la capitalisation boursière totale et près de 25 % de l'encours des crédits bancaires.

L'évolution ces dernières années de ce compartiment mérite une meilleure compréhension. Il s'agit d'une part d'expliquer le rôle de la dette privée dans le financement de l’économie, de s'inspirer des pratiques à l'international de ce marché en termes d'évolution et de régulations afin de protéger l'épargne et enfin établir des propositions pour assurer la pérennité et le développement de ce compartiment au Maroc.

 

Qu'attendez-vous en tant que représentant des sociétés de gestion de cette conférence débat ?

L'objectif de cette conférence est de repenser le fonctionnement du marché de la dette privée au Maroc et aux mesures qui pourront contribuer à une meilleure structuration de ce compartiment financier.

Il serait en effet intéressant de renforcer la confiance des investisseurs à travers une plus grande transparence, un meilleur accès à l'information et aussi un encadrement réglementaire plus marqué.

Par ailleurs, ce marché est aujourd'hui concentré tant au niveau des émetteurs que de leur répartition sectorielle. Il faudrait penser à l'intégration des PME au regard de la constitution du tissu économique marocain.

Propos recueillis par A.D

La Nouvelle Tribune

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