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L'Afrique du Sud, patrie des droits de l'homme?

D'après The Christian Science Monitor, les militants des droits de l’homme se cherchent un nouveau porte-parole. Le magazine constaste que depuis le début de la guerre en Afghanistan en 2001 et de celle en Irak en 2003, les Etats-Unis peinent à se prévaloir comme défenseurs numéro un des droits de l'homme. Ces deux guerres ainsi que les «techniques renforcées d’interrogatoire» et les tribunaux militaires dans les prisons comme Guantanamo Bay à Cuba ont contribué à saper l'autorité morale des Etats-Unis.

D’après une étude réalisée par Human Rights Watch, les regards se tournent désormais vers le Brésil, l’Inde ou l’Afrique du Sud. Philippe Bolopion, qui a dirigé ce travail, s’est rendu en Afrique du Sud pour le faire savoir. Pour lui, l’un des arguments qui pourraient faire de l’Afrique du Sud le porte-voix des défenseurs des droits de l’homme est sa longue lutte contre l'oppression raciste et l’action de ses dirigeants dans la mise en place d’un système basé sur l’égalité de tous devant la loi.

«L’Afrique du Sud peut vraiment jouer un rôle important dans les événements mondiaux», estime Philippe Bolopion.

«Seulement, ajoute-t-il, ce pays s’est récemment opposé à ce que le Conseil de sécurité des Nations unies s'immisce dans les questions relatives aux droits de l'homme. Nous soutenons, cependant, qu'il y a des moments où le Conseil de sécurité doit se saisir des questions de violations des droits de l'homme —comme ce fut le cas au Rwanda—.»

En tant que membre non permanent du Conseil de sécurité en 2007-2008, l’Afrique du Sud avait par exemple refusé de voter la condamnation du Zimbabwe et du Myanmar quand ces derniers ont eu recours à la force militaire pour réprimer des manifestations pacifistes.

Si l’Afrique du Sud a des arguments pour être le porte-flambeau des droits de l’homme, l’étude de Human Rights Watch s’interroge sur certains aspects de la diplomatie sud-africaine. Pendant le conflit en Côte d’Ivoire, alors que l’ex-président Laurent Gbagbo refusait de quitter le pouvoir, l’Afrique du Sud avait essayé de concocter un partage du pouvoir avec Alassane Ouattara.

Lu sur The Christian Science Monitor