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Crise de la majorité : Les 3 chocs selon Mezouar

En sa qualité d'ex-ministre des Finances, le patron du RNI Salaheddine Mezoouar évalue le coût d'élections anticipées, en cas de dissolution de l'actuelle coalition gouvernementale, entre 600 et 800 millions de Dhs. Le recours à cette alternative demeure, selon lui, l’étape ultime après épuisement de toutes les options possibles. Car, explique-t-il, face à la crise de la majorité actuelle, le gouvernement conduit par le PJD se trouve devant deux choix : chercher un nouveau consensus au sein de l’Exécutif ou, en cas d’échec, présenter sa démission. Dans le premier scénario, ajoute Mezouar, il s’agit de mettre en place un nouveau consensus au sein de la majorité, fondé sur “des bases nouvelles”. En cas d'impasse, le gouvernement doit démissionner, en envisageant deux issues, à savoir constituer une nouvelle majorité “sur des bases solides et claires” ou recourir à des élections anticipées.

Dans ce contexte, le RNI reste en suspens. Entre une participation dans le gouvernement ou l'opposition, Mezouar reconnaît qu'un courant au sein du parti estime que la place du RNI est au sein du gouvernement, tout en soulignant que la décision finale revient aux instances de son parti et sera prise dans le respect total de la démocratie interne de cette formation politique.

Sur un autre registre, Mezouar reproche à Benkirane d'avoir mis en place des projets de réformes qui ont rencontré des résistances de la part des partis de l’opposition. Selon ses propos, l’actuel gouvernement ne peut prétendre que son prédécesseur a aggravé la crise : “Nous avons assumé nos responsabilités politiques et avons offert à Benkirane plusieurs opportunités pour continuer sur la bonne voie, mais il n’a pas pu préserver les acquis”, dit-il. La crise actuelle, d'après lui, n’est pas une fatalité, arguant que l’ancien gouvernement a pu faire face à la crise économique mondiale, tout en rappelant que si l’année 2011 s’est terminée par un déficit de l’ordre de 6,1%, le taux moyen durant quatre ans (2008-2011) s’est chiffré à 3% : ” Nous avons maîtrisé l’inflation, augmenté les salaires et réglé des problématiques sociales en 2011, en dépit de grandes pressions”, ne cesse de souligner Mezouar.

Et pour conclure, le patron du RNI estime que le Gouvernement Benkirane s’est “retranché dans le discours de facilité, en justifiant tout par la crise et le legs des gouvernements précédents”.

H.Z

 

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Encadré : 

Crise économique : Le plan de sauvetage Mezouar 

 

De l’avis de M. Mezouar, l’actuel gouvernement se doit de régler la situation économique en travaillant sur trois piliers. Le premier concerne “le choc de la crédibilité”, en reconnaissant ses erreurs et en révisant son approche de traitement de la chose publique. Le deuxième est en relation avec le “choc de confiance” : il est impossible dans le monde actuel de gérer la chose publique en recourant à la logique des conflits et en ne faisant pas confiance aux personnes et aux institutions. Le 3ème pilier a trait au “choc de croissance”. Il s’agit, d’après Mezouar, de “réviser notre capacité à accélérer la dynamique des stratégies sectorielles” en vue d’attirer les investissements et de relancer l’emploi. Mezouar revient également sur l’importance de porter un intérêt particulier à la classe moyenne, “un élément essentiel pour booster l’économie, à travers la consommation et la contribution à la prise de mesures économiques pertinentes”.

 

La Nouvelle Tribune

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