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Les chalets de toutes les convoitises

Sur les 520 logements à reconstruire dans la cité Ibn Khaldoun, seul un bâtiment manque à l'appel. La reconstruction du «32» n'a ainsi pas encore débuté. Lorsque les études de reconstruction du quartier ont été entamées, il a été établi par des experts que le terrain sur lequel se trouvait la bâtisse présentait des poches de sable qui le rendaient inconstructible. «Il avait déjà présenté des signes d'affaissement lorsque la cité a été construite, dans les années 1980. Pour parer à ce problème, confortement spécial avait été construit dans les fondations. Mais suite à la catastrophe, il a été démoli», explique-t-on. Il a ainsi été proposé de transposer l'immeuble à quelques mètres du site. Certains propriétaires se sont âprement opposés à cette décision, tandis que d'autres, toujours coincés dans les chalets, ont accepté afin de réintégrer leurs appartements au plus vite. Au bout d'années de procédures, de tiraillements, d'expertises et de contre-expertises, il a été décidé de reprendre la construction à son emplacement initial en la décalant légèrement. Quid des sinistrés ? Si la plupart ont quitté la ville ou ont pu obtenir d'autres logements, une poignée de personnes vivent encore dans les chalets. Elles ont toutefois décliné les sollicitations à témoigner. Et si les conditions de vie dans les sites de chalets sont des plus éprouvantes, elles le sont d'autant plus maintenant. Car malgré l'insalubrité et la précarité de ces logements de fortune, ils sont l'objet de toutes les convoitises. Synonymes de possibilité d'obtention d'un logement social, un véritable trafic s'est créé autour des chalets : vente et location illégales, affectations injustifiées, complicités des autorités, etc. «D'ailleurs, notre sortie s'est faite dans la pagaille et l'atteinte à notre dignité», se rappelle une ancienne habitante. «On nous a laissé une période réduite pour rendre les clés afin qu'ils soient démantelés. Mais la tension était telle, avec tous les vols, l'insécurité, les squats, que la plupart n'ont pas pu finir de déménager», poursuit-elle. «Des dizaines de camionnettes avaient débarqué et attendaient. Ils ont tout pris, sanitaires, meubles, éléments du chalet, j'en passe et des meilleurs», se rappelle une autre. «Moi j'ai tout bonnement trouvé, du jour au lendemain, une autre famille installée chez moi», ajoute une autre. Les autorités, dépassées, n'ont semble-t-il rien pu faire pour assurer un minimum de sérénité à cette opération. «Si ce n'était de la complaisance et de la complicité», tempère un citoyen. La preuve ? «Un jour, quelqu'un frappe à la porte de mon chalet en exhibant une décision d'affectation en son nom. Pourtant, j'y vivais depuis un moment déjà et j'étais en règle. Quand il a compris que je ne me laisserais pas impressionner, il a abandonné. D'où avait-il obtenu cet avis, si ce n'est par une administration ?», s'interroge-t-il.  

El Watan

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